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11 Nov 2019

Le courage de dire, le droit d’être soi-même

S’il est bien une chose qui m’a toujours insurgée et poussée à prendre la plume (ou à ouvrir ma bouche :) c’est bien le souhait de ne pas être prise pour un mouton de panurge, obligé de penser comme la majorité pour acheter sa paix sociale. Convaincue que chacun doit pouvoir exprimer ce qu’il pense sans pression extérieure, j’ai toujours géré mon rapport au groupe avec une certaine forme d’individualisme qui, loin de me couper d’une vie sociale, m’a certainement mise à l’écart d’expériences ou d’engagements collectifs.
Mon attitude est-elle mue par une méfiance vis-à-vis de l’autre ou par un réflexe de survie ? Je me pose souvent cette question. Or le week-end dernier, voilà que je tombe sur un article du magazine Elephant sur le pouvoir du groupe sur l’individu, un article dont, comme par hasard, la vie s’est chargée de me donner deux belles illustrations cette semaine.  Des exemples qui m’ont démontré que le groupe, s’il stimule l’individu, peut aussi se transformer en un formidable outil de destruction de la pensée, lorsque qu’il est connecté à la peur d’être rejeté.

Le groupe moteur
Le groupe est, à n’en pas douter un atout dans bien des domaines. Comme le dit le dicton : seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin. Mais encore faut-il arriver au sein d’un groupe avec une objectif clair et un bonne dose d’autonomie. Combien de travaux collectifs, notamment à l’école, se font grâce au travail d’un élève sur lequel les autres se reposent ? J’ai, cette semaine, donné un cours d’écriture blog en école de commerce pour lequel, tout en faisant travailler la classe en groupe dans la réflexion et l’écriture, j’exige que chacun écrive son propre article. Au terme de la semaine, les élèves ont tous dit avoir été surpris (voire déçus) au départ de ne pas avoir pu travailler en groupe mais finalement heureux d’avoir pu choisir librement un thème d’article et d’exprimer ainsi leur créativité. En leur imposant un thème et en les faisant travailler un article en groupe, j’aurais certainement eu de très bonnes copies sur un sujet consensuel ; mais en leur faisant choisir le sujet et en leur apprenant à réfléchir aux moyens de le défendre, j’ai stimulé leur créativité et les ai poussés à s’exprimer au sein du groupe en tant qu’individus. À partager leur point de vue et à convaincre. Et leurs copies se sont avérées non seulement bonnes, mais aussi beaucoup plus intéressantes.

L'épanouissement au sein d’un groupe ne peut , à mon avis, être préservé que si chacun y conserve un droit à la parole et, bien sûr, y trouve un sens, même s'il est personnel. 

Le Groupe Bulldozer
En face de la notion de groupe moteur, se trouve ce que j’appellerais le groupe bulldozer. Le groupe qui se nourrit de son propre nombre. Cette force qui fait, dans des cas extrêmes, que des gens se sacrifient en son nom ou de peur d’en être exclus. Nombreux sont les exemples scientifiques ayant prouvé la violence libérée par l’anonymat du groupe, par ce confort lié à la fin de la pensée individuelle. Quand le groupe pense et décide pour l’individu, il le dégage d’une part de responsabilité… mais aussi, accessoirement, de sa liberté d’expression. La menace ? Ne plus appartenir au groupe si on ne pense pas comme lui. Peur d’être viré, peur d'être puni, peur de ne pas être invité, peur d’être exclu de l’équipe… Mon second exemple vécu est lié à une histoire de foot de collégiens. Celle d’un enfant passionné de foot, du sport en lui-même mais aussi de l’esprit d’équipe qui y est lié. Ses amis et sa passion sont réunis dans cette activité qu’il fait passer avant tout. Or il se trouve qu’un nouvel entraineur a, cette année, décidé de piloter son équipe avec une logique qui lui est propre et qui donne lieu à des décisions auxquelles les enfants obéissent sans pour autant les comprendre. Au sein de ce groupe, auquel mon fils appartient, je me suis aperçue que la tendance était à l’obéissance aveugle, liée à la peur de ne pas être sélectionné, ou pire, d’être exclu. J’ai été soulagée de voir que mon fils, à treize ans, face à une décision qu’il trouvait dénuée de sens a été capable de s’exprimer et de faire ensuite  la part des choses entre ses motivations propres et son impuissance face aux décisions prises. Désormais, et sans le rejeter pour autant, il connait les limites de la force du groupe.   

Réaffirmer son individualité au sein d’un groupe demande du courage, surtout en temps de crise existentielle et économique. Me concernant, cette attitude, si elle ne m’a pas toujours facilité la vie, a eu l’avantage de protéger mes envies, mes valeurs et de les nourrir, plutôt que de les dompter. De préserver ma liberté de décision et mon instinct de survie aussi.
Suis-je trop idéaliste ? Trop individualiste ? Je ne suis certainement pas bien placée pour en juger mais je serais très intéressée de connaitre votre point de vue sur le groupe et la façon dont vous le vivez.

 

20 Oct 2019

Mon héros me manque !

Voilà l’idée qui m’a traversée l’esprit en fin de semaine dernière, cinq jours après ma dernière cession d’écriture. Envie de me replonger dans son crâne, dans sa vie, de lui inventer des manies, de me laisser entrainer dans ses aventures, de rentrer dans cette zone sans règles ni frontières, celle de mon imagination.

Je n’ai jamais souhaité que mon écriture soit ma seule activité mais je dois avouer que de ne pas pouvoir, faute de temps, m’y plonger autant que je voudrais, a, ces derniers temps, créé en moi un manque physique, comme une forme d’éloignement auquel j’ai hâte de mettre fin.

On me demande souvent à quel rythme écrit un auteur. Je n’ai pas de réponse universelle à cette question mais je pense que, pour le premier jet au moins, la régularité est importante, justement, pour garder intacte cette envie impérieuse de livrer une histoire.

Je sors un roman par an mais, selon la disponibilité que me laisse mon autre vie, le premier jet peut me prendre entre trois et neuf mois. Une Vie Meilleure et Female ont été écrit en trois mois. Le fauteuil de César en six mois, Playlist en huit mois. Mais dans tous les cas, j’ai toujours écrit au moins une fois par semaine. Pas par obligation. Par envie d’y revenir, de retrouver mes personnages, d’avancer, de trouver l’issue. Par plaisir surtout.

C’est drôle, cela fait deux semaines que j’ai commencé mon dernier roman et j’ai remarqué que mes cessions d’écriture, si elles se limitent malheureusement au week-end, sont extrêmement denses, émotionnelles et productives.

Sûrement les effets du manque !!! :)

 

14 Oct 2019

Oui, MAIS ...

Je ne sais pour vous, mais j’ai un peu de mal avec les restrictions qu’impliquent un « mais », planté au milieu d’une phrase qui était censée encourager ou souligner un effort. Certainement une question d’éducation, car je crois que l’on est plus réceptif au « mais » au plus jeune âge, lorsqu’il vient de ses parents ou des personnes dont on attend une certaine forme de reconnaissance pour grandir. Il est vrai qu’enfant, il me semblait que le « mais » annulait tout ce que l’on pouvait m’avoir dit de positif avant.

MAIS… je dois bien avouer, qu’encore aujourd’hui, que ce soit pour moi ou pour les autres, j’ai ce sentiment profond d’injustice et d’agacement lorsque je constate cette manie très française, qui consiste à poser rapidement un point positif, pour mieux souligner, ensuite, ce qui ne va pas.

MAIS, comme je suis conscience du côté épidermique que ce « mais » réveille en moi, j’ai réfléchi, et me suis aperçue que le « mais » n’était pas toujours négatif.

Car, en fait, il existe deux catégories de « oui mais ».

Le « oui, mais » :
Le premier « oui mais » déguise un point négatif en argument secondaire, alors qu’il constitue la première chose que la personne tient à exprimer. C’est une critique que l’on aura simplement contrebalancé d’une brève note positive, histoire de rester diplomate : « Tu as bien joué, mais il aurait fallu être beaucoup plus combatif », « Tes résultats sont satisfaisants mais ta moyenne énormément baissé en math »… Et si ce « oui, mais » est aussi négatif, c’est que, la plupart du temps, il n’argumente pas autour des efforts qui ont été faits ou des pistes de progression. Il juge, un point c’est tout.

Le « oui, mais ouiii »
Ce second « oui mais » consiste tirer la personne vers le haut en soulignant les réalisations positives, mais aussi tout le potentiel encore non exploité et qui pourrait l’être. C’est un « mais » d’encouragement qui s’appuie sur du bien pour faire du mieux. « Tu as sauté 1m 50, c’est génial, mais je suis certaine qu’avec tes aptitudes, tu peux aller au-delà en t’entraînant encore quelques mois » « Ta nouvelle est excellente mais tu peux en faire une histoire encore plus inquiétante rallongeant cette scène ».  

Le, « oui mais » pour être utile, positif, doit émaner d’une personne empathique et, si possible, compétente. Une personne qui n’est pas là d’abord pour juger mais pour vous aider à progresser.

J’évoquais au début de cet article le défaut très français de critiquer avant de récompenser, un défaut qui peut être lourd de conséquence. En tant qu’auteur, communicante et, aussi, être humain, je connais le pouvoir des mots et, si je m’attache aujourd’hui à souligner ces petites nuances qui font toute la différence, c’est parce que je suis persuadée que prendre conscience du pouvoir d'un "oui mais", peut-être bénéfique aux relations humaines, que ce soit dans le domaine personnel ou professionnel. 

Alors je vous souhaite une belle semaine, pleine  de "oui mais ouiiii " et d’encouragements !  

06 Oct 2019

Retour à l'écriture

Après un samedi de cogitation intense et de prises de notes dans mon Moleskine, j’ai écrit hier les 1200 premiers mots de mon prochain roman. Un premier chapitre, comme un plongeon dans un inconnu étrangement familier. La rencontre avec mon personnage principal, un homme dont le destin trottait dans ma tête depuis deux mois déjà. Un voyage dans nouvel univers, comme dans un pays que l’on visite pour la première fois : on a beau connaitre sa destination, on ne sait jamais exactement quels chemins on va prendre pour y arriver, n'est-ce pas ?

L’excitation, à l’aube d’un nouveau roman.

L’émerveillement et le stress qui montent durant les dernières heures avant le passage à l’acte, avant l’entrée dans cette bulle dans laquelle je vais vivre pendant des mois. Ces derniers moments où le cerveau bouillonne, affine, précise et vise, avant de me donner le feu vert pour l’écriture. C’est au cours de cette dernière ligne droite, lors d’un rendez-vous en centre-ville, que l’âge et les traits de mon héros se sont dessinés, en croisant un inconnu dans la rue. Lors d’une de mes dernières séances de jogging que les règles du réseau social qui est au centre de mon histoire se sont précisées…

Un nouvel univers qui, tout en étant empreint de ma « patte », constitue une certaine rupture avec mes deux romans précédents.

Après deux histoires tournées vers le passé, je renoue avec une forme de dystopie et un dynamisme qui colle à mon état d’esprit du moment. Une envie de regarder devant et d’imaginer l’avenir, pour le meilleur (et pour le pire bien sûr ;), aux côtés d’un héros prêt à suivre ma plume au rythme de mes émotions, de mes réflexions. et de mon imagination.

Mon cerveau, comme un outil magique, et ma créativité, comme un bonheur sans limite, : voilà de quoi je suis riche. Voilà ce qui me pousse, une fois encore, à reprendre la plume, heureuse et curieuse, comme une enfant.

Bonne semaine  à tous !  Et n'oubliez pas de vous amuser à créer ! 

30 Sep 2019

Une intelligence solide

L’autre jour à la radio, un médecin évoquait le soutien que lui avait apporté un de ses pairs, plus âgé que lui, au début de son apprentissage. Il décrivait cet homme comme un mélange de connaissances et d’assurance, la personne vers qui tout le monde pouvait se tourner en cas de doutes, et résuma le tout en deux mots : une intelligence solide. Puis il ajouta que, malgré cela, il fût surpris de voir cet homme à l’expérience et à la sagesse si grandes, pleurer encore à chaudes larmes en évoquant un accident de la route lors duquel deux adolescents étaient morts, et sur les lieux duquel il avait été appelé en urgence… trente ans plus tôt !

Derrière mon volant, j’écoutais la suite des propos du médecin tout en restant accrochée à ces mots d’« intelligence solide » qui, sans que je sache vraiment pourquoi, avaient résonné en moi comme une vérité, peut-être aussi comme une reconnaissance.

Pourquoi devrait-on, pour être reconnu comme compétent, se déconnecter de ses émotions ? Pourquoi les connaissances devrait-elle forcément être froides pour être maitrisées. Je suis persuadée que si ce docteur était si sage et si apprécié, c’est précisément parce que l’on pouvait deviner en lui cette grande empathie. Parce que le savoir qu’il transmettait à ses étudiants allait au-delà des connaissances pures et des faits avérés.   

À l’école, on nous apprend à calculer, à prouver, à anticiper mais qu’en est-il de l’interprétation personnelle, émotionnelle du savoir ? Plus tard, le monde du travail nous apprend à garder pour nous nos états d’âme. Le pragmatisme l’emporte, sous prétexte d’une conjoncture difficile …  Combien d’entre nous ont-ils eu la chance de croiser une personne qui sache lui transmettre avec son cœur, le nourrir avec ses émotions, autant qu’avec ses connaissances ? 

Et pourtant…

Une intelligence solide, respectueuse des ressentis. Une intelligence du cœur et de l’esprit. Une intelligence indépendante et forte, parce qu’incarnée. Dans une société qui oppose souvent la force du pouvoir à la faiblesse des émotions, je trouve important de remettre en avant la puissance du cœur et de ce qu’il permet de réaliser.
Pourtant longtemps persuadée qu’il fallait que je taise mes émotions ou que je m’endurcisse pour avancer, j’ai aujourd’hui la chance - ou peut-être me la suis-je donnée ? -  de travailler et de vivre en pouvant exprimer mes ressentis. De pouvoir transmettre à des entreprises, des auteurs ou des étudiants, autant avec mon intelligence qu’avec mon cœur. Et il me semble que cela ne m’enlève aucun pouvoir d'agir, bien au contraire.
C’est pourquoi j’aime à penser que l’intelligence solide, celle qui vient aussi du cœur, n’est pas qu’un vœu pieux mais aussi l’avenir de l’homme.

16 Sep 2019

J’aime regarder les couples qui marchent sur la plage …

J’aime regarder les filles qui marchent sur la plage … Vous vous souvenez de ce tube des années 80 ? Eh bien pour moi c’est pareil, sauf que c’est vers les couples que se porte mon attention. Lorsque je suis à la plage, je ne peux m’empêcher de les regarder vivre, évoluer : la façon dont ils marchent ensemble, sur le chemin de caillebotis, main dans la main ou bien encore chargés d’une dispute à laquelle je n’ai pas assisté.  La manière dont ils déballent leurs affaires et vérifient leur allure, au moment d’ôter leur short ou leur T-shirt. Leur façon de s’ignorer, chacun sur leur serviette, ou de chahuter l’un sur l’autre, en s’effleurant. Les jeunes couples sages, jouant aux adultes sous l’œil de leurs parents ; ceux, beaucoup plus âgés, s’embrassant comme ils le faisaient déjà il y a longtemps…    

Un peu comme à la terrasse d’un café, je les observe, avec une curiosité d’écrivain, imaginant leur vie, leurs parcours et leurs secrets.  

Allez savoir pourquoi, j’ai toujours considéré le couple comme une grande énigme, cachée dans un écrin étrangement stéréotypé. Pour moi la vie à deux est un mystère passionnant, un huis clos improbable, une intimité quotidienne qui peut cacher une multitude d’histoires que la plupart des gens résument à quelques photos encadrées.

La face cachée des couples est un thème figurant dans chacun de mes romans, en toile de fond. Parents aux secrets inavouables, couples en colère, adultères, amours destructeurs, compensatoires ou libérateurs… Le couple est un révélateur de personnalité, un baromètre de l’amour que chacun se porte, et une source inépuisable d’inspiration. Mon dernier roman n’a pas échappé à la règle… La preuve en images avec l’extrait de Playlist qui illustre cet article.

Bonne semaine à tous, en couple ou célibataires ;)

09 Sep 2019

Certains moments sont incertains

Certains moments sont incertains, nous faisant basculer dans un monde à la fois inconnu et excitant.

Drôle de réaliser, ce week-end, au travers de souvenirs remontés par Facebook, que ma vie a changé d’orientation il y a 6 ans, avec l’écriture d’un roman au titre évocateur : « La Bascule ». Ce livre était mon second, et le premier que j’allais montrer au grand jour. Un roman à la fois savoureux et libérateur, terminé l’année même de la création de mon projet booknseries. Un roman inspiré du monde de l’entreprise dans lequel j’évoluais à l’époque depuis déjà 15 ans et dans lequel je commençais à me sentir usée par certains comportements, de plus en plus à l’encontre de mon état d’esprit et de mes envies. J’ai pris un grand plaisir, je l'avoue, à me moquer des règles et des codes propres aux PME et à les faire subir à Denis, mon cadre moyen et psychopathe en devenir. Mais, au-delà de l’exercice de style, ce roman était annonciateur d’un changement de paradigme. Véritable déclencheur, il a donné à mon écriture ses premiers lecteurs et a définitivement réveillé mon désir de donner un angle nouveau à ma vie, de donner plus de voix à la femme que je voulais être, au fond de moi.

Six ans plus tard, je repense aux réactions, face à ce coming out d’auteur, face à l’annonce de l’aventure booknseries, dont mon entourage découvrait l’existence, en même temps que celle de mes livres. Je me souviens de ma peur d’être jugée, celle qui a certainement attiré à moi la critique de quelques-uns. De la surprise aussi, de me trouver des supporters au cœur même de mon lieu de travail. De ce shooting à Paris en t-shirt booknseries, de cette rencontre à Lille avec Thebookedition.com, mon projet sous le bras, et de leur invitation sur leur stand au Salon du Livre de Paris. De l’annonce de ma première dédicace …

Lorsque je songe à la Laure de cette époque-là, je revois une enfant ébahie de se découvrir un tel culot, heureuse de se sentir à nouveau vivante, un peu inconsciente aussi. Ma deuxième vie a commencé à ce moment- là, pleine d’aléas et de nouveauté, aussi excitante et réjouissante qu’une veille de Noël…  

Depuis, beaucoup de choses se sont passées, d’autres ont mûri lentement, mais ma plume est toujours là, booknseries aussi, et une autre aventure professionnelle, correspondant à ma personnalité et à mon parcours, est venue compléter le tableau.  

Il y a 6 ans je bousculai ma vie sans savoir quelles seraient les conséquences. Un mélange de joie intense et d’incertitude… Mais n’est-ce pas à ce prix que l’on bascule dans ses rêves ?

02 Sep 2019

À l’aube d’un nouveau roman

Pour moi la rentrée scolaire rime aussi avec rentrée littéraire. Celle des auteurs que nous proposent les librairies, bien sûr, mais aussi la mienne.

Mon année d’auteur s’articule autour de trois phases : celle de la cogitation, qui démarre généralement après la fin de la publication d’un roman et dure deux à trois mois. C’est une phase durant laquelle je sélectionne une idée qui a muri pendant l’année précédente et que je me mets à poser de façon plus précise, en prenant des notes sur mon carnet d'écriture. Cela commence par le fameux « Pourquoi moi ? » Pourquoi devrais-je écrire un roman sur ce sujet, qu’est-ce qu’il remue en moi. Ensuite vient la phase du « Qui », qui sera le héros ou l’héroïne qui portera ce sujet ? Quel sera son dilemme ? Le défi qu’il aura à relever ? Puis vient l’étape du « Où et comment », durant laquelle j’ébauche le décor, le contexte et les personnages secondaires. Enfin, vient le choix de la forme de narration : passé ou présent, première personne ou troisième personne, un élément très important, surtout lorsque l’on écrit du suspense.

Le mois dernier, mon voyage en Crète m’a permis de faire de grands pas dans cette étape et de trouver, au fil de mes rêveries, de mes balades et de mes lectures, les idées qui me permettront de me lancer dans mon prochain récit, un nouveau roman à suspense où, comme souvent quand il s’agit de mes histoires, les relations humaines et ce qu’elles disent de ce que nous sommes, au fond, seront au centre de l’intrigue. Une occasion de parler des tendances de la société contemporaine, de ses moyens d’expression collectifs, anonymes et simplifiés à l’extrême. Une façon de voyager aussi, entre la France et la Grèce.  

La phase d’écriture va donc bientôt commencer, avec, comme souvent, un premier chapitre déjà très clair dans mon esprit.

Mais en attendant que, de ces longs mois de travail, ne surgisse le prochain bébé, et parce qu’être auteur, c’est aussi ne pas oublier que la seconde vie d’un roman ne commence que lorsqu’il est lu, je vais continuer à vous parler de mes autres écrits, et en particulier du dernier, mon roman Playlist, sorti en Juin dernier et pour lequel je serai en dédicace le 21 sept à la librairie Lacoste de Mont de Marsan. N’hésitez pas à venir m’y rencontrer. Et si vous avez déjà lu et apprécié l’un de mes livres, n'hésitez pas à en parler et sachez que j’en ai écrit 6 autres, alors rendez-vous dans la section livres sur mon blog Iggy pour choisir le prochain ;)

Belle semaine et bonne rentrée aux petits et aux petits grands !  

26 Aug 2019

Voir la rentrée autrement

Peut-être est-ce une vue de l’esprit, mais j’ai le sentiment que, cette année, la rentrée pèse à un grand nombre de personnes. Comme si les congés d’été de suffisaient plus à nettoyer l’accumulation du stress annuel. Comme si le retour au travail ou à une certaine réalité quotidienne semblait de moins en moins supportable.

Si je vous dis cela, c’est parce que, bien qu’ayant rayé les journaux télévisés et les alertes catastrophes de mon environnement depuis plusieurs années, je me sens, moi aussi, intimement et régulièrement affectée par les incertitudes et les douleurs auxquelles le monde fait face.

Adepte du développement personnel en tant qu’hygiène de vie, il m’est apparu il y a bien longtemps que l’action individuelle, si elle n’empêche pas les mouvements collectifs, était le début de tout changement profond et se trouvait aussi être contagieuse. Il faut être fou pour croire qu’en faisant la même chose en boucle, les résultats seront différents, disait Monsieur Einstein, et il avait bien raison. Attendre que les situations s’améliorent sans agir à sa propre échelle, est souvent utopique, aujourd’hui plus que jamais. Mais que peut-on faire pour changer les guerres, la pollution, le chômage, allez-vous me dire ? Un tas de petites (ou de grandes) choses quotidiennes mais surtout, et en premier lieu, y croire fermement.

Si je ne crois pas en mon succès, en une planète plus saine, en un monde plus intelligent, à l'amitié, à l'amour... alors comment puis-je attendre que les autres y croient et espérer que cela devienne une réalité un jour ? Certains vont m’objecter que les gouvernements ne font rien, que les lobbys dirigent tout. Oui, on peut s’insurger, mais qu’est-ce que cela change au fond, si nous ne savons pas nous-mêmes quoi faire pour notre bonheur ? 

Je ne souhaite donner ici de leçons à personne mais seulement aider ceux qui sont happés par le noir et la fatalité à essayer de voir cette rentrée autrement. Comme une rentrée de tous les possibles, plutôt que comme une rentrée pleine d’obligations.

Le bonheur, c’est déjà vouloir, comme le disait Jacques Brel. Parfois c’est compliqué, je le sais, mais le résultat d’un rêve auquel on croit vraiment est toujours positif.

Je vous souhaite une très belle semaine et une très belle rentrée pleine de bonheurs quotidiens, de merveilles et tout en douceur. Prenez soin de vous .

 

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19 Aug 2019

Suspense, humour et sentiments : le cocktail de mes lectures de l’été

Pour moi, les vacances d’été riment avec farniente, un farniente ponctué par la lecture de romans… Et cette année n’aura pas fait exception à la règle.

En rangeant mes lectures de l’été, j’ai réalisé que les 7 romans que j’avais dévorés durant la dernière quinzaine étaient un mélange de tout ce que j’aime en littérature, me faisant à la fois trembler, vibrer et réfléchir à la nature humaine.  
C’est avec encore, dans la bouche, le goût laissé par cette nourriture émotionnelle, faite de voyelles et de consonnes, que je partage aujourd’hui, avec vous, les titres de ces romans ainsi que mes impressions à leur sujet, histoire de titiller votre curiosité et, qui sait, d’en faire les partenaires de vos prochains moments de farniente:) 

Dans la forêt de Jean Hegland :  
Je suis rentrée dans cette lecture à l’aveugle et en suis ressortie avec le sentiment d’une évidence. Que reste-t-il de notre instinct de survie ? Quels liens avons-nous avec la nature qui nous entoure ? Cet excellent thriller ne se contente pas de nous faire trembler au travers du sort de ses deux héroïnes, livrées à elles même au cœur d’une forêt hostile, il nous apprend, justement, à ne plus avoir peur. L’homme est capable de tout, l’homme fait partie d’un tout, c’est ce que j’ai ressenti, comme une évidence, en refermant ce livre.

Frankenstein de Mary Shelley :
J’ai téléchargé ce livre sur ma liseuse après que ma sœur, juste avant mon départ, m’a dit que le livre n’avait rien à voir avec toutes les représentations cinématographiques de ce personnage. Effectivement. Frankenstein, ce n’est pas l’histoire d’un monstre écervelé, c’est l’histoire d’une créature qui n’a pas demandé à naître ainsi, qui voudrait être aimée mais qui, à cause de son physique et de la peur qu’il inspire, est contrainte de devenir un meurtrier. Un livre sur les apparences, les peurs et l’intolérance ; un roman qui, à mon sens, devrait être lu et commenté dès le plus jeune âge.

L’attrape cœur de J.D Salinger :
J’ai décidé de me faire ma propre idée sur ce classique, souvent présenté comme un roman pour adolescent. Eh bien, du haut de mes 47 ans, je vous promets que ce livre n’est pas seulement destiné à un jeune public, loin de là. La période à laquelle se déroule l’action (les années 50), le vocabulaire à la fois canaille et désuet du personnage principal, s’adressant au lecteur à la première personne, mais surtout le mélange d’intelligence et d’hypersensibilité de cet anti-héros, font de ce roman une bulle retro pleine d’émotions. Même s’il n’a jamais été adapté à l’écran, j’ai vu, tout au long de ma lecture, Robert de Niro jeune dans le rôle d’Holden Caufield.

Eaux Profondes (roman) et La proie du chat (recueil de nouvelles) de Patricia Highsmith.
Dans son roman L’hygiène de l’assassin, Amélie Nothomb faisait dire à son personnage principal que Patricia Highsmith était l’un des rares auteurs femme à avoir des couilles, en ce sens qu’elle ne se souciait pas de ce que l’on dirait de ces écrits dans les salons. Qu’ajouter de plus ? :) Vous le savez, Patricia Highsmith est, pour l’auteur que je suis, une référence. Si les nouvelles m’ont moins séduites que le roman à suspense, j’ai encore pris un plaisir immense à plonger dans cet univers sombre, amoral et son ambiance à la "Mad Men" ( pour ceux qui connaissent la série ). Un auteur à découvrir, si ce n’est pas déjà fait !     

Rendez-vous pour amant.e.s égaré.e.s de Eric Abbel :
À l’image de son auteur, que j’ai eu le plaisir de rencontrer au Salon du Livre de Paris, ce roman d’amour est un ovni où se mêlent folie, créativité, sensibilité, humour et une profonde humanité. Un roman qui m’a fait rire, m’a émue et m’a régalée de son style poétique. Avis aux éditeurs, vous passez à côté d’un artiste ! Avis aux lecteurs, profitez-en !

La Destinée, la Mort et moi de S.G Browne :
Le sens de la vie vu au travers du quotidien d’une galerie d’immortels en charge de faire tourner la planète et plus particulièrement de l’un d’entre eux : Sergio, beau gosse en charge du Sort des humains qui, un jour, décide de ne plus suivre les règles de Jerry (Dieu pour les intimes). Quand l’humour permet d’aborder des thèmes tels que le développement personnel, la religion et la vie après la mort, sans avoir l’air d’y toucher… Un roman drôle, captivant et qui fait grandir.

Voilà les amis, j’espère que cette immersion dans ma PAL d’été vous a intéressé et que vous y trouverez de quoi nourrir votre cœur et, comme le dit Monsieur Poirot, vos petites cellules grises ;)

Belle semaine, belles vacances ou belle reprise !

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