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18 Jan 2021

Intuition

Vous la connaissez peut-être, cette petite voix qui vous dit, allez, fait comme on a dit et après tu verras. Cette petite voix qui vous susurre à l’oreille, tais-toi, c’est la vie et, de toute façon, au fond, tu ne changeras pas.

Celle qui vous serre le ventre, vous coupe le souffle, vous fait transpirer à chaque fois que vous allez là où vous savez que vous vous perdez.

Cette voix de la raison, ou plutôt de la fatalité, qui écoute votre tête faire son petit discours bien rodé.

Les histoires les plus fortes sont celles que l’on croit être vraies et la première est celle de cette petite voix qui vous répète, sans cesse, qu’il faut aller au combat...

...A moins que l’on décide de la faire taire, une seconde, une minute, une heure, ne serait-ce que le temps d’un battement de cœur. Dans ce silence pourrait alors se faire entendre un souffle nouveau. Une envie, des projets et tout ce que l’on n’ose s’avouer. Un monde sans limites où l’intuition serait le seul guide, un moteur infaillible qui nous montrerait le chemin le plus simple, le plus logique.

Voir chaque matin la nature sauvage et préservée partout autour de moi, approfondir mes connaissances en philosophie et les partager, notamment au travers de l’écriture, prendre soin des animaux, travailler avec la jeunesse... Autant d’aspirations vers lesquelles mon intuition me pousse. Dois-je les faire taire par raison ou chercher autour de moi les moyens de mettre ces ingrédients dans ma vie ?

Dois-je faire taire mon cœur ou écouter mes envies ?

Je pose la question mais je sais que ma vérité n’est pas tant dans l’histoire que j’ai construite durant quarante-huit ans, que dans celle que je ne connais pas encore ; que c’est en laissant parler chaque jour un peu plus mon intuition, en tombant un à un les rôles et les masques que j’ai pu endosser, croyant me protéger, que je pourrai écrire la suite de mon histoire, en toute vérité.

Comme le dit la citation qui illustre cet article, le mental est un adversaire de taille quand il s’agit d’écouter ce qui est juste pour nous. Il se nourrit de nos paroles, de ce que nous lisons ou entendons autour de nous, dans les médias. Il est catégorique, veut toujours avoir raison et, pour y parvenir, nous culpabilise à la première occasion.

Pour le faire taire, pas d’autre moyen que de fermer les yeux, de se concentrer sur son cœur et de le laisser nous dire la vérité sur son état du moment, et la nourriture dont il a besoin pour battre pleinement...

Les projets et les envies dont naissent tous les possibles se nourrissent de partages et de discussions dont l’isolement forcé que nous vivons nous privent. Il est important de continuer à faire circuler nos rêves et à pousser les jeunes et les moins jeunes à les exprimer en fonction de leur intuition et non de la triste histoire que l’on ne cesse de nous raconter.

Bonne semaine les amis, faites-vous confiance !

18 Jan 2021

Intuitions

Intuitions

Vous la connaissez peut-être, cette petite voix qui vous dit, allez, fait comme on a dit et après tu verras. Cette petite voix qui vous susurre à l’oreille, tais-toi, c’est la vie et, de toute façon, au fond, tu ne changeras pas.

Celle qui vous serre le ventre, vous coupe le souffle, vous fait transpirer à chaque fois que vous allez là où vous savez que vous vous perdez.

Cette voix de la raison, ou plutôt de la fatalité, qui écoute votre tête faire son petit discours bien rodé.

Les histoires les plus fortes sont celles que l’on croit être vraies et la première est celle de cette petite voix qui vous répète, sans cesse, qu’il faut aller au combat...

...A moins que l’on décide de la faire taire, une seconde, une minute, une heure, ne serait-ce que le temps d’un battement de cœur. Dans ce silence pourrait alors se faire entendre un souffle nouveau. Une envie, des projets et tout ce que l’on n’ose s’avouer. Un monde sans limites où l’intuition serait le seul guide, un moteur infaillible qui nous montrerait le chemin le plus simple, le plus logique.

Voir chaque matin la nature sauvage et préservée partout autour de moi, approfondir mes connaissances en philosophie et les partager, notamment au travers de l’écriture, prendre soin des animaux, travailler avec la jeunesse... Autant d’aspirations vers lesquelles mon intuition me pousse. Dois-je les faire taire par raison ou chercher autour de moi les moyens de mettre ces ingrédients dans ma vie ?

Dois-je faire taire mon cœur ou écouter mes envies ?

Je pose la question mais je sais que ma vérité n’est pas dans l’histoire que j’ai construite durant quarante-huit ans, davantage autour de devoirs que d’aspirations, mais plutôt dans celle que je ne connais pas encore ; c’est en laissant parler chaque jour un peu plus mon intuition et en tombant un à un les masques que j’ai pu chausser, croyant me protéger, que je me suis trop souvent oubliée.

Comme le dit la citation qui illustre cet article, le mental est un adversaire de taille quand il s’agit d’écouter ce qui est juste pour nous. Il se nourrit de nos paroles, de ce que nous lisons ou entendons autour de nous, dans les médias. Il est catégorique, veut toujours avoir raison et, pour y parvenir, nous culpabilise à la première occasion.

Pour le faire taire, pas d’autre moyen que de fermer les yeux, de se concentrer sur son cœur et de le laisser nous dire la vérité sur son état du moment, et la nourriture dont il a besoin pour battre pleinement...

Les projets et les envies dont naissent tous les possibles se nourrissent de partages et de discussions dont l’isolement forcé que nous vivons nous privent. Il est important de continuer à faire circuler nos rêves et à pousser les jeunes et les moins jeunes à les exprimer en fonction de leur intuition et non de la triste histoire que l’on ne cesse de nous raconter.

Bonne semaine les amis, faites-vous confiance !

11 Jan 2021

Humains ? Vous avez dit Humains ?

J’ai lu, ce week-end, deux ouvrages dont la portée philosophique m’a interpellée sur ce qui ferait de nous des êtres dits « supérieurs », et plus particulièrement quand il s’agit de mettre en avant les deux principaux arguments de notre spécificité humaine, à savoir, l’intelligence et la capacité à s’émouvoir.  

Si l’homme peut se prévaloir de ces deux qualités, encore faut-il savoir au service de quels projets elle les met. Car, finalement, ce qui fait la supériorité supposée de l’homme sur toute autre espèce, c’est moins son intelligence intellectuelle ou émotionnelle, que son intuition du bien et du mal et sa capacité, en connaissance de cause, à faire des choix qui engageront sa personne, mais aussi, à terme, l’évolution de toute son espèce.

« Le joueur d’échec » de Stefan Zweig, nouvelle que j’ai lue samedi, s’emploie à nous montrer comment le plus intelligent des cerveaux peut être réduit à néant quand son excellence prend la forme d’une addiction ; mais elle souligne aussi comment l’excellence peut être perçue par la majorité comme dénuée d’intelligence, lorsqu’elle s’appuie davantage sur la mémoire ou l’intuition, que sur la force intellectuelle. Pourtant, mémoriser, c’est éviter de reproduire des erreurs, ce que certains êtres dits « très intelligents » font quotidiennement...

Le second ouvrage, « Genesis » de Bernard Beckett, est un roman de science-fiction traité comme un discours philosophique. Une grande partie de ce dernier oppose une intelligence artificielle et un humain qui a bien du mal à démontrer sa soi-disant supériorité. Le roman se termine par un rebondissement qui met à mal l’idée selon laquelle nos émotions et notre intuition seraient les garantes de l’empathie nécessaire à la survie de notre espèce. Car si l’émotion nous alerte sur ce qui nous fait du bien ou sur ce qui nous blesse, elle ne nous indique pas, à elle seule, ce qui est bon ou mauvais, pour nous ou pour les autres.

Ainsi, et même si je n’ai jamais cru en une forme de supériorité liée à la race ou à une soit- disant intelligence, je crois que l’humanité ne se différencie des autres espèces que par sa conscience de faire le bien ou le mal et de son choix conscient de continuer à faire l’un ou l’autre, malgré tout.

Pour prétendre à être supérieur, l’Homme devrait acquérir une vision beaucoup plus large du monde, lui permettant à la fois d’évoluer en tant qu’individu, mais aussi de mesurer les conséquences de ses idées et de ses actes pour l’humanité ; il faudrait aussi qu’il soit à même de normaliser seul ses émotions, c’est-à-dire capable de les accepter sans se laisser submerger, afin de faire des choix plus justes.

Vous le savez, je suis fascinée par le sens de la vie. Si j’écris, c’est pour comprendre le destin des Hommes et comment le libérer de ces forces intérieures et extérieures qui le condamnent si souvent à n’être qu’une infime partie de lui-même. D’ailleurs, et ce n’est pas un hasard, mon prochain roman mettra en scène un prof de Philosophie, l’occasion pour moi de mesurer ces espaces entre les actes, les mots et les idées qui font l’humanité.

D’ici là, si le sujet vous intéresse, je vous recommande chaudement ces deux ouvrages.

Bonne semaine les amis  

04 Jan 2021

Message de Madagascar

J'ai aujourd'hui envie de partager avec vous un message reçu ce jour de la part d'une association grâce à laquelle, depuis plus de 15 ans, nous parrainons 3 enfants malgaches. Nous avons eu la chance d'aller les voir une fois, il y a 13 ans. Depuis cette visite, la fille ainée de cette fratrie s'est mariée mais les deux garçons ( Corneille et Soloniaina), malgré des conditions de vie assez inimaginables et une mère à la dérive, continuent à grandir et à être suivis par l'association.

En ces temps de désinformation et de pessimisme ambiant, j'ai pensé que ce courrier vous ferait autant de bien qu'à moi. Bonne lecture, bonne journée, bonne reprise ...

"Cher parrain, chère marraine,

En cette fin d'année, nous vous faisons parvenir quelques nouvelles de Madagascar.

Les chiffres annoncés sur la pandémie sont très faibles. Officiellement 251 morts sur 27 millions d’habitants et peu de cas positifs depuis septembre.

Le gouvernement n'envisage pas de vacciner la population et entend poursuivre l’utilisation des remèdes locaux à partir notamment de l’Artemisia.

Les gestes barrières restent préconisés. Après l’alternance de plusieurs déconfinements progressifs, l’Etat a autorisé la reprise de l’ensemble des activités.

Les voyages intérieurs ont repris mais Madagascar reste majoritairement fermée à l'international. L'économie du pays a été très impactée par la pandémie.

Actuellement, une grave sécheresse sévit dans le Sud Ouest de Madagascar où l’Etat, avec l'aide d'ONG internationales, apporte son soutien pour pallier au manque d’eau et de nourriture des populations locales.

A Tana, les familles parrainées ont été accompagnées par l’équipe Mirana sur place, tout au long du confinement grâce à des soutiens alimentaires, enveloppes et fournitures diverses. Elles ne parlent plus de la COVID, même si certaines ont présenté des syndromes grippaux non testés

Des aides aux nourrissons ont été attribuées à certaines familles non parrainées plus démunies.

Par ailleurs, des aides d’Etat ont été distribuées aux plus nécessiteux dans les quartiers mais uniquement pour les familles véritablement identifiées.

L'Équipe Mirana a encouragé l'ensemble des familles à faire les démarches mais sans adresse valide, beaucoup n'ont rien reçu.

Dès l'autorisation de rassemblement en septembre, les deux cantines Mirana à Andohatapenaka et Amboara ont accueilli pendant une semaine environ 160 enfants ravis de se retrouver pour jouer, lire, danser, regarder des films, étudier...et prendre un bon repas.

Les écoles et collèges ont ouvert en Octobre et Novembre. La rentrée universitaire de mars dernier a eu lieu le 2 Novembre.

Pour cette année, l’Etat a décidé l'entière gratuité de la scolarisation dans les établissements publics, ce qui a provoqué une affluence d'inscriptions dans les écoles. L'association a accueilli 50 nouveaux enfants scolarisés dans les écoles privées et publiques qui vont bénéficier de fournitures et de la cantine. Toutes les familles vont recevoir prochainement un soutien pour Noël.

Nouvelles des enfants :

- Soloniaina n'a pas pu débuter ses études de Communication à cause du confinement. L'incendie de sa maison l'a découragé, il a revu ses projets et doit débuter prochainement une formation supérieure de 6 mois pour améliorer ses connaissances en Informatique et langue (français ou anglais) afin de trouver un emploi ds un Call-Center qui embauche actuellement.

- Corneille est toujours chez les Pères, je crois que c'est au centre Energie (mais je n'ai pas refait préciser à Mialy) il est toujours formé pour les métiers basiques de la restauration : plonge, entretien, aide cuisinier... ce qui correspond à ses possibilités actuelles limitées par son handicap et pour envisager (peut-être) un travail dans l'avenir. il n'a pas de bulletin scolaire.

Nous vous remercions de votre soutien. Les enfants, leur famille, l'Equipe à Tana et nous-mêmes vous souhaitons de belles fêtes de fin d'année, en petit nombre bien sûr et n'oubliez pas de prendre soin de vous .

La commission parrainage "

et si vous voulez en savoir plus sur l'association : http://asso-mirana.fr/

01 Jan 2021

Avec la bouche ...

Je déclare ouverte l’année de la bouche

Grande ouverte pour inspirer l’espoir,
En cul de poule pour recracher les idées noires.
En forme de cœur pour dire je t’aime,
Avec la langue pour que tu trembles et m’entraînes...

Agitée sur les paroles d’un rap spasmodique,
Ou bien posée avec surprise sur une joue qui pique.
Caressant le bord des assiettes, même si c’est pas propre,
Posée sur un verre rempli de bulles et à la bonne vôtre !

Bouche qui crache des gros mots puis se lave au savon,
Bouche qui serre les coins avant de monter au front.
Bouche qui chante du yaourt sur la piste de danse ,
Bouche qui te dit chiche, allez, on y va, on fonce !

Bouche au secret bien gardé,
Bouche d’enfant qui dit toujours la vérité.
Bouche aux éclats de rire contagieux,
Bouches collées des amoureux...

Tous les jours, j’entends dire «  c’est bon, c’est qu’un masque » et moi je me dis, bon sang, n’y a-t-il que moi qui pense que cet engin m’étouffe, me muselle et me coupe des autres ?
Je souhaite face à cette année pleine de défis, que le regard des personnes masquées ne s’éteigne pas en même temps que leur voix, que leur rire...que leur souffle.

Que cette année soit celle de la bouche qui permet d’inspirer l’air qui nous fait vivre et de défendre les libertés qui nous sont chères. D’embrasser l’avenir, les êtres et les projets pour lesquels nous vibrons car, sans cela, virus ou pas, nous serons tous moribonds.

Bonne année de la bouche les amis . Et un gros bisou <3

21 Dec 2020

Le repos du guerrier

Dans quelques jours je serai, comme beaucoup d’entre vous, en congés pour une dizaine de jours. Traditionnelle trêve hivernale. Une petite semaine au milieu de la vie de chacun... De mon point de vue - et de mon point de vie - une semaine charnière pour les mois et années à venir.

L’année 2020 fût celle du chamboulement, de la confrontation de l’Homme avec ses peurs les plus grandes, de l’expression du pouvoir sous son vrai jour, de la sidération. Mais elle fût surtout, à mon sens, l’année qui marqua une véritable opportunité pour l’Homme de changer, non pas de vie, mais de mode d’agissement face à la vie.

L’humanité, depuis des millénaires, se construit sur la conquête du pouvoir, principalement au travers des guerres et de la religion. Depuis des centaines d'années, il s’agit de se battre pour chercher à répondre aux attentes des autres afin de prendre une place dans la société, ou de progresser dans une hiérarchie. Or cette lutte nous est imposée de plus en plus tôt, à l’école ou au sein de la famille, où nous apprenons, dès l'enfance, à nous préparer à souffrir et à nous adapter aux règles, avant même que nous n’ayons eu la chance de connecter avec notre cœur et ses aspirations.

Le pouvoir est une graine, un combat qui prend racine au cœur de nous-mêmes, avec cette petite voix qui nous inflige tant de souffrances et de frustrations en nous disant que nous ne sommes pas assez, que nous devons changer pour être reconnus. Toujours dominés, toujours ailleurs, toujours autrement...

Lutter avec le pouvoir, c’est comparer sans cesse. C’est oublier notre force intérieure et laisser la noirceur du jugement nous empêcher de construire un chemin authentique, positif, guidé par l’envie de bonheur plutôt que de réussite.

Je sais que changer de mode de fonctionnement prendra du temps, et que cela nécessitera que les personnes qui font les règles de notre société changent aussi, pour mettre de la douceur et de l’empathie là où il n’y a, le plus souvent, que dureté et égocentrisme. Je sais, car je suis un produit de cette éducation, qu’il faudra apprendre à s’aimer chaque jour un peu plus pour ne pas toujours chercher à être mieux ou différent. Je sais que tout cela sera long mais je crois que l'heure est venue d’en faire, non plus un confort mais une priorité.

La guerre du pouvoir a fait son temps. Et pour qu’elle cesse, il faut d’abord la faire taire en nous.

Je vais donc, en pleine conscience et avant même les résolutions de Janvier, profiter de cette trêve pour imprégner en moi la ferme intention de ne plus laisser le pouvoir guider mon quotidien. Accorder à la guerrière un repos mérité et revenir plus forte de mes qualités intrinsèques et plus lumineuse pour les mois et les années décisifs auxquelles nous aurons à faire face.

Je vous souhaite à tous de belles fêtes, pleines de douceur, d’amour et d’authenticité. Vous êtes parfaits, ne l’oubliez pas.

14 Dec 2020

Je suis ton essentiel, tu es mon essentiel

J’ai vu apparaitre ce weekend un nouveau tag de profil facebook, mettant en avant la culture en danger, en tant que bien jugé non essentiel.

Évidemment, je partage ce point de vue et juge absolument injuste le fait que l’on ne mette pas au moins au même niveau l’achat de biens de consommation non vitaux, qui plus est dans des endroits bondés, et le plaisir de partager un bon film...

Mais comment choisir entre les injustices lorsqu’elles s’empilent comme un club sandwich sur le comptoir d’un pub anglais ?

Tour à tour, nous sommes Charlie, nous sommes la culture en danger, nous sommes Michel Zecler, nous sommes les restaurants fermés, nous sommes les artistes ignorés, nous sommes les réfugiés expulsés, nous sommes les salariés licenciés...

La vérité n’est-elle pas que nous sommes tous liés par le même sort, tous dans le même navire, balloté par une mer déchainée ?

Je ne critique pas les mouvements de foule visant à souligner, sur le web ou ailleurs, le soutien à une cause en particulier. Mais finalement, au travers de ces différents élans, n’est-ce pas un appel à la solidarité et à la justice sociale que nous réclamons unanimement ?

Je vois le COVID, non pas comme une énième catastrophe nous tombant dessus, mais comme une loupe géante qui, d’un seul coup, a grossi toutes les injustices de ce monde. Ces dernières ne datent pas d’hier, mais à une heure où tout le monde sait tout et où le monde n’est qu’un grand tout connecté au même écran, même le masque imposé n’est pas assez grand pour nous empêcher de voir les inégalités et les maltraitances infligées à la race humaine.

Face à des dirigeants qui, sans état d’âme, établissent au doigt mouillé, des listes de vie ou de mort en fonction de critères purement politiques, je crois qu’une solidarité, inconditionnelle, humaine, profonde et, pour le coup, essentielle, au sens littéraire du terme, doit se réveiller.

Alors voilà, j’ai envie de vous dire que vous êtes tous mon essentiel et qu’à ce jour, très sincèrement, il n’y a pas une personne au sort de laquelle je ne me sente pas liée <3 
 

07 Dec 2020

Le syndrome de la grenouille

Je lis, en ce moment chaque jour, un recueil de contes philosophiques, or, celui que j’ai découvert ce matin faisait référence à la fable de la grenouille, une histoire que j’ai immédiatement eu envie de partager avec vous.

Selon une expérience accomplie en 1882 à l'institut Johns-Hopkins dans le cadre de l’étude de leur système nerveux, des grenouilles vivantes furent plongées dans un bain d’eau froide que l’on chauffa à raison de de 0,002 °C par seconde, jusqu’à ébullition :  les grenouilles furent retrouvées mortes après 2 heures 30, sans même avoir cherché à sortir de l’eau.
Si certains scientifiques contredirent ensuite les résultats de cette expérimentation, il resta tout de même de celle-ci un syndrome appliqué à l’espèce humaine, idée selon laquelle l’instinct de survie peut être endormi par un double effet lié à la force de l’habitude et à l’introduction progressive des nuisances.

Le conte que j’ai lu aujourd’hui racontait l’histoire d’un vulgaire clou, planté dans le mur d’une maison par son ancien propriétaire. Celui-ci, en la vendant, avait obtenu l’autorisation du nouveau propriétaire de venir, quand il le souhaitait, accrocher autant de choses qu’il le désirait à cet unique et inoffensif petit clou. D’abord les objets furent petits, puis, peu à peu, plus encombrants ; enfin, ils devinrent si horribles et malodorants, qu’ils obligèrent le nouveau propriétaire à quitter les lieux.

Accepter ce clou, c’était, sans le savoir, accepter tout ce qui allait y être pendu, jusqu’à tout perdre.

La situation que nous vivons depuis près d’un an a créé en nous un réflexe de peur qui a permis à ce clou d’être planté. Petit à petit, et sans que nous en ayons vraiment conscience, une nouvelle normalité s’est installée. D’abord les masques, puis les autorisations, puis la fermeture des commerces, suivie de celle des lieux d’échange d’idées et des lieux d’enseignement et de rassemblement de la jeunesse, principal moteur du changement. Sous couvert d’une maladie qui tue moins que la guerre, les drogues ou la famine, on éteint peu à peu l’humanité dans une casserole géante...

Vous pensez que j’exagère ? J’ai vu hier en allant jeter des déchets verts, un homme d’une trentaine d’année, il était seul sur la plateforme de tri quand je suis arrivée, il vidait sa carriole en plein air et il portait un masque. Un peu plus tard, je suis allée acheter mon sapin de Noël et sur le parking j’ai croisé plusieurs personnes, seules au volant de leur voiture et masquées... Que penser de cela, sinon qu’une partie de la population est déjà conditionnée, habituée, prête à vivre étouffée.

Personnellement, je ne m’habitue à rien de ce qui pour certains, reste une situation vivable « comparée aux grandes guerres ». D’une part, peu de personnes encore vivantes ont connu la guerre, ensuite, je ne suis pas du genre à classer par ordre les malheurs.

Je ne m’habitue ni au masque, ni aux autorisations, ni à la mort des universités, ni à celle des salles de concert, ni au fait que mes parents ont peur que je les embrasse, ni à ne plus pouvoir prendre l'énergie des bains de foule, ni au fait que je ne puisse pas aller où je veux quand je le souhaite, ni à l’idée que l’on puisse savoir tout de moi et de ce que je fais sous prétexte que je pourrais être nuisible.

L’eau est peut-être encore tiède, mais elle brûle ma peau comme du feu. Je sais que la peur est là. Je sais que le confort relatif dans lequel une partie d’entre nous vit peut occulter une partie des faits mais j’espère, et je sais, au plus profond de moi, que nous n’attendrons pas d’être ébouillantés pour réagir .  

Bonne semaine les amis, encourageons-nous à sortir la tête de l'eau ! :) 

30 Nov 2020

Jour après jour

J’ai commencé il y a 2 semaines mon nouveau roman. Comme pour les précédents, je m’y consacre chaque week-end, à raison d’un ou deux chapitres, selon mon envie, selon le selon mon humeur aussi, toutes deux ancrées dans une temporalité nouvelle liée au contexte social et sanitaire, mais aussi à mon évolution intérieure.

Pour cette neuvième histoire, je me retrouve dans un état d’esprit que je n’avais pas connu depuis mes deux premiers romans : celui d’écrire pour écrire, sans projection, sans anticiper l’édition.

Et encore... Il y a 10 ans, j’étais aux prémices d’un changement qui allait guider ma vie vers une conscience plus grande de ma vérité. J’étais encore pleine de doutes, de colères, de revanches, d’obligations, de convictions intimes, qui me poussaient à garder mon écriture secrète, à penser qu’elle ne serait certainement pas digne d’intérêt.

S’il est une chose qui me caractérise, c’est ma faculté à persévérer dans chaque chose que je fais avec l’intime conviction que la répétition est la clé de l’acquisition. J’ai parfois persisté au détriment de ma santé, de mes émotions, au détriment de ma famille... du bon sens... Mais après dix ans, je m’aperçois que j’ai aussi, en y travaillant chaque jour ou presque, en me confrontant à mes peurs et à mes faiblesses, développé une forme de souplesse et d’indulgence vis-à-vis des autres et de moi-même. Or cette nouvelle perception de ma personne, moins dépendante du jugement des autres, me permet désormais de mettre cette persistance au service de mon bien-être, plutôt que d’une lutte sans fin vers une reconnaissance rêvée ou une excellence inatteignable.

La situation actuelle nous amène à ne plus pouvoir nous projeter à plus de quelques semaines, voire quelques jours. Pourquoi ne pas faire de cette frustration une occasion ? Celle de nous lever chaque matin et de répéter des gestes et des mots qui nous font du bien. Celle d’agir sans se projeter mais avec la ferme intention de profiter de chaque instant et de donner le meilleur de nous-même, dans nos paroles comme dans nos actes. On ne sait pas de quoi demain sera fait et on sait bien que tout ce qui se passe n’est que le début d’un mouvement qui va nous demander de rester lucides et vivants chaque jour, sous peine de nous laisser submerger.

C’est pourquoi je vous souhaite à tous, du fond du cœur,  une très belle journée.

30 Nov 2020

Jour après jour

J’ai commencé il y a 2 semaines mon nouveau roman. Comme pour les précédents, je m’y consacre chaque week-end, à raison d’un ou deux chapitres, selon mon envie, selon le selon mon humeur aussi, toutes deux ancrées dans une temporalité nouvelle liées au contexte, mais aussi à mon évolution intérieure.

Pour cette neuvième histoire, je me retrouve dans un état d’esprit que je n’avais pas connu depuis mes deux premiers romans : celui d’écrire pour écrire, sans projection, sans anticiper l’édition.

Et encore... Il y a 10 ans, j’étais aux prémices d’un changement qui allait guider ma vie vers une conscience plus grande de ma vérité. J’étais encore pleine de doutes, de colères, de revanches, d’obligations, de convictions intimes, qui me poussaient à garder mon écriture secrète, à penser qu’elle ne serait certainement pas digne d’intérêt.

S’il est une chose qui me caractérise, c’est ma faculté à persévérer dans chaque chose que je fais avec l’intime conviction que la répétition est la clé de l’acquisition. J’ai parfois persisté au détriment de ma santé, de mes émotions, au détriment de ma famille... du bon sens... Mais après dix ans, je m’aperçois que j’ai aussi, en y travaillant chaque jour ou presque, en me confrontant à mes peurs et à mes faiblesses, développé une forme de souplesse et d’indulgence vis-à-vis des autres et de moi-même. Or cette nouvelle perception de ma personne, moins dépendante du jugement, me permet désormais de mettre cette persistance au service de mon bien-être, plutôt que d’une lutte sans fin vers une reconnaissance rêvée ou une excellence inatteignable.

La situation actuelle nous amène à ne plus pouvoir nous projeter à plus de quelques semaines, voire quelques jours. Pourquoi ne pas faire de cette frustration une occasion ? Celle de nous lever chaque matin et de répéter des gestes et des mots qui nous font du bien. Celle d’agir sans se projeter mais avec la ferme intention de profiter de chaque instant et de donner le meilleur de nous-même, dans nos paroles comme dans nos actes. On ne sait pas de quoi demain sera fait et on sait bien que tout ce qui se passe n’est que le début d’un mouvement qui va nous demander de rester lucides et vivants chaque jour, sous peine de nous laisser submerger.

C’est pourquoi je vous souhaite à tous, du fond du cœur,  une très belle journée.

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