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03 May 2021

Vérité, consensus, et réalité

Alors que je suis en train d’écrire les derniers chapitres de mon prochain roman, je vois émerger avec force l’un des thèmes centraux de ce récit, comme un rideau se lève sur une scène de théâtre : qu’est-ce que la vérité et quel est son lien avec la réalité que nous vivons ?

La vérité est un mot dont chacun, surtout en temps de polémiques, semble vouloir se prévaloir, en l’asseyant sur des données tantôt théoriques, tantôt empiriques.
Et pourtant, en y réfléchissant, qu’est-ce que la vérité, si ce n’est une forme de consensus autour d’idées proposées par un petit groupe ? Ce même consensus, une fois médiatisé, devient alors une réalité pour le plus grand nombre, qui, plus tard, devient l’Histoire ou bien une forme d'archétype...

Mais la vérité absolue existe-t-elle ?
N’est-elle pas seulement l’interprétation que nous faisons de notre environnement, en fonction de notre culture, de nos émotions, de notre passé... C’est bien parce-que nous choisissons de croire vraie telle chose plutôt qu’une autre, qu’elle devient une réalité avec laquelle nous avançons dans la vie. C’est la fameuse histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein...

Et si la vérité était toujours personnelle, relative, et par conséquent évolutive ?

Dans ce cas, seule l’intention compterait.
Parfois, nous l’utiliserions pour nous conforter dans nos certitudes, pour avoir le dernier mot, comme un avocat cherche à plaider pour gagner.
Parfois elle nous questionnerait, nous aidant à remettre en cause une vérité consensuelle mais dont la légitimité nous semblerait désormais discutable.
Parfois enfin, nous la chercherions pour nous rapprocher de nous-mêmes, de notre propre vérité, de notre bonheur.

Si la vérité est un consensus que nous faisons avec les autres et avec nous-mêmes, alors je crois qu’il faudrait, plus que jamais, que chacun en soit conscient et s’en sente l’acteur principal.
Que chacun construise chaque jour, avec la ferme intention d’être libre et heureux, sa part de vérité, celle qui, demain, deviendra une réalité.

Bonne semaine les amis et n'oubliez pas, vous avez le pouvoir de construire votre réalité.

26 Apr 2021

Ne pas confondre travail et métier

Récemment, un affichage municipal qui souhaitait interpeller à propos d’un débat autour du métier d’artiste a, comme de nombreux sujets aujourd’hui, soulevé une polémique car il avait présenté la problématique de la façon suivante : artiste, un métier ?

Dans une société où la question « qu’est-ce que tu fais ? »  sous-entend immédiatement  « quel est ton travail ? » et, plus insidieusement,  « quelle est ta position sociale ? » , il est assez compréhensible que l’artiste, ou la personne qui ne met pas la valeur travail et argent  au centre de son activité, se sente écartée.

En tant qu’auteur, je suis régulièrement confrontée à la question « est ce que tu en vis ? »  une question dont la réponse,  je le sens bien, fera de moi un pro ou un amateur, une personne digne d’intérêt ou une personne lambda.

Pourtant, et la confusion vient à mon sens de là, le métier, contrairement au travail, n’implique pas forcément une source de revenus mais une occupation utile à notre développement personnel et à la société.Dans un contexte où l’on constate une perte globale de sens par rapport au travail au sein de l'entreprise et où une grande partie de la population est, depuis un an, dédommagée tout en ne pouvant plus effectuer son travail, il me semblerait intéressant de réintroduire et de revaloriser la notion de métier en tant qu’activité productrice de sens et d’autonomie, et non seulement de revenus.

L’exercice de toute activité comporte une part de savoir, de savoir-faire et de savoir-être. Ce qui en fait un métier, c’est une forme de persévérance et de perfectionnement liées à l’intérêt que l’on a pour cette activité, qui peut aussi être rémunérée.

Le travail lui n’a qu’une seule fin : créer une source de revenus.

Si les deux ne se rencontrent pas toujours au même endroit, il est tout à fait possible, et même recommandé, me semble-t-il, de les faire cohabiter en nourrissant plusieurs activités, lucratives ou non, et en apprenant régulièrement de nouvelles choses.

La valeur travail, même si elle reste encore fortement nourrie par les archétypes, est en train, au travers du chômage de masse et des contraintes sanitaires, de subir une mutation que nous pouvons déjà clairement voir dans l’attitude de nos jeunes qui, dans leur engagement, ne confondent plus le sens du mot métier avec celui du mot travail. Pluralité des sources de revenus, capacité à rebondir, mobilité, font partie du changement de paradigme qui sera certainement à l’origine d’une mutation du mot « travail », comme l’a connu avant lui le mot « famille ».  

Quant à savoir si je vis de mon métier d’artiste, la réponse est non. Écrire et me publier est une source de revenus mais avant tout une source de richesse intellectuelle, de liberté, de plaisir et de rencontres. Ce métier s’inscrit dans mon parcours multiple d'auteure, de consultante et de chargée d’enseignement, un parcours auquel je m’attache à donner un sens.

Bonne semaine à tous les amis ! et n'oubliez pas, vous êtes beaucoup plus qu'un travail !  ;) 

12 Apr 2021

Gare au Gorille !

Je vous avais parlé la semaine dernière, d’un essai traitant de "Pour une écologie de l’attention" écrit par Yves Citton dont je commençai juste la lecture.

Une semaine plus tard, et après avoir refermé ce livre, j’ai eu envie de partager avec vous quelques idées commentées par l’auteur et qui, je l’espère, retiendront votre attention ... mais pas trop longtemps, car, comme vous le verrez, mieux vaut finalement parfois se laisser distraire que de vouloir dompter une attention qui, par nature, est volage.

Mais venons-en au fait, ou plutôt, en l’occurrence, à une expérience décrite dans l’essai, celle du Gorille de Daniel Simons. Lors de cette expérience, on demande au spectateur d’une vidéo d’une minute, de compter le nombre de fois où un ballon de basket est échangé entre les joueurs d’une équipe en t-shirt blancs, jouant contre une équipe de joueurs en t-shirt noirs. Si tous les spectateurs comptent sans difficulté le nombre de 15 passes, en revanche, aucun ne voit l’homme déguisé en gorille qui, au milieu de la vidéo, traverse tranquillement le terrain...

Ce phénomène de cécité attentionnelle, s’il peut ici prêter à sourire, montre bien que l’hyper attention a ses limites : être attentif ne nous garantit pas de tout voir, et ce d’autant plus que notre attention est souvent (et de plus en plus souvent) dirigée par un système médiatique d’alerte.

En effet, la seconde idée que je voudrais partager avec vous est liée à la fonction première de l’attention qu’est l’alerte. Cette sorte de sixième sens, s'il nous permet de repérer le danger, a aussi pour effet beaucoup moins positif, de nous paralyser face à une image ou un son générant un stress immédiat. Inutile de vous dire que nos médias, tout comme une partie de nos programmes culturels, jouent en majorité sur cette dynamique pour ‘ scotcher ’ notre attention et la détourner de ce vers quoi elle tend naturellement : la distraction.

Souvent qualifiée de vilain défaut, voire même de maladie, la distraction n’est en fait que la nature même de l’attention, qui, sans canalisation, se promène au grès des alertes, mais aussi de la curiosité, ainsi que des interactions que nous avons avec les autres. L’attention se nourrit de la découverte d’un lien intéressant sur internet, d’un chant d’oiseau, d'un sourire ou d'un regard, tourné dans une direction opposée...

En ce sens, comme le souligne l’auteur, l’ennemi de l’attention n’est pas tant une attention partielle ou tournée vers des choses différentes de celles vers lesquelles se tourne la majorité de êtres humains, que l’absence totale d’attention, que je qualifierais pour ma part de "manque de présence" au monde qui nous entoure .

L'attention de nourrit de la diversité des observations, à laquelle s'associe une analyse individuelle, qui est elle-même enrichie par le partage... Elle ne se limite pas à un effort de concentration momentané, individuel ou collectif, mis au service d’un objectif unique, le plus souvent économique ou politique (ce qui revient souvent au même .

Alors voilà, vous ne prendrez peut-être pas le temps de lire cet excellent essai, mais j’espère que ces quelques lignes, que j’ai essayé de rendre digestes, vous auront donné envie de laisser à votre attention la liberté de butiner les fleurs qui lui font envie, d’accorder aux autres votre attention pour l’enrichir, et, surtout, de donner à votre attention la valeur qu’elle mérite en la préservant de ceux qui ne veulent l’aliéner que pour le compte de leur seul profit.

Bonne semaine les amis, je vous remercie d’avoir prêté attention à mes mots.

29 Mar 2021

Retour en enfance

—Allez viens !
— Non ! On n’a pas le droit !
— Mais regarde ! Ça risque rien !
— Non ! On n’a pas le droit !
— Mais allez Tiago, viens ! T’es timide ou quoi ?
Ils étaient un petit groupe mais j’ai d’abord entendu ces deux-là, alors que je somnolais sur ma serviette de plage. Le duo a ensuite été rejoint par un trio et la petite troupe s’est réfugiée sous les pins, juste derrière moi :
— Attrapez-nous si vous êtes cap ..!
— Ben nous, on n’a même pas peur !
Les yeux fermés, je souriais en entendant ce ton si propre aux enfants qui, tout en défiant l’autre, s’encouragent à se surpasser.

Qu’elle est belle, cette spontanéité de l’enfance ! Celle qui fait que l’on sait encore évaluer par soi-même ce qui est possible et qui fait que l’on se dépasse, souvent grâce au groupe.
À quel âge, l’enfant joueur et courageux devient-il un grand sérieux et craintif ? Cela peut commencer tôt, notamment en fonction des propos qu’il entend autour de lui...

Une serviette plus loin, un couple discute avec son fils de six ou sept ans. L’enfant est très bavard, il a un avis sur tout et s’exprime très bien. À un moment, je l’entends dire que, de toute façon, lui, se construira une maison en bois dans les arbres et y habitera, sans rien payer à personne. Le père, gentiment, lui répond alors, en substance, que ce n’est possible et qu’il devra, comme tout le monde, acheter une maison ou bien payer un loyer...
Pourquoi faudrait-il, dès le plus jeune âge, apprendre à se méfier, à se préparer à l’échec, à gagner sa vie et à vivre exactement comme ses parents ? Un adulte est-il forcément un enfant qui a perdu son imagination, ses idéaux... son courage ?  

Je suis toujours surprise, lorsque je donne des cours dans des écoles niveau post bac, de voir à quel point les élèves, à peine majeurs, on déjà, trop souvent, du mal à imaginer le meilleur pour eux-mêmes, à penser en dehors du cadre et du cynisme ambiant. On parle souvent d’imbéciles heureux quand on évoque des personnes spontanées qui profitent de la vie sans réfléchir aux risques, comme le font les enfants. Peut-être ces personnes sont-elles, non pas ignorantes de la vérité, mais simplement ignorantes des peurs collectives ; peut-être connaissent-elles le vrai secret de la Vie. En tous cas une chose est sûre : elles sont heureuses, elles...

Bonne semaine les amis, et pensez à replonger parfois en enfance ;)  

 

16 Mar 2021

Jusqu'à quand ?

Ce matin, comme chaque mardi, j’ai emmené mon fils de 20 ans à l’arrêt de bus pour qu’il se rende à l’association d’aide aux réfugiés où il effectue un service civique depuis Janvier. Travail au sein de l’association la semaine, petit boulot à la caisse du supermarché de notre ville le week-end, quelques potes et sa petite amie durant son jour de repos... Je suis heureuse qu’en attendant de pouvoir se réorienter en septembre en sociologie, il puisse continuer à côtoyer le monde chaque jour, à réfléchir aussi, en échangeant avec des personnes au parcours moins lisse que ceux qu’il a pu croiser jusqu’ici. Malgré cela, mon fils est comme tous les jeunes de son âge, il se questionne. Passionné de philo, il lit beaucoup et se demande de quoi sera fait son avenir.

"- Est-ce que tu crois que la baisse du niveau de vie, quelle que soit la profession que l’on exerce, est une fatalité ? " m’a t-il demandé alors que nous approchions de l’arrêt de bus.

J’ai réfléchi :

"- Tu sais, pour commencer, une société qui se construit exclusivement sur la consommation ne peut pas te donner de bons critères quant à ce qu’est un niveau de vie acceptable. Depuis 70 ans, nous vivons dans l’illusion d’un schéma de vie qui devrait permettre à chaque génération de consommer plus que la précédente. C’est ainsi que, désormais, on mesure l’évolution d'un peuple : pas sur son accès à la culture, à la connaissance ou à son aptitude à développer des solutions pour rendre la vie meilleure. Non. Aujourd’hui, réussir, c’est gagner plus et dépenser plus que le voisin. Mais de quoi as-tu besoin pour vivre ? De nourrir ton esprit, ton cœur et ton corps. Pour le reste, à toi de voir si une voiture, une villa de 200 m2, une piscine ou une TV connectée font de toi quelqu’un de plus « riche ».

- Effectivement, m’a- t-il répondu. Mamie raconte toujours que sa mère lui disait que la richesse, c’est quand on peut payer ses factures.

- Oui, un travail doit nous permettre de vivre décemment, c'est certain. Mais il y a autre chose, ai-je poursuivi. Il existe un autre phénomène, plus récent qui montre à quel point il est urgent de se faire une image différente de notre avenir. Depuis un an, à cette société de consommation s’est greffée une volonté politique et sociale tournée vers le passé. Depuis un an, et de façon totalement incroyable, nous avons, pour la première fois, décidé de privilégier officiellement la santé des plus âgés à l’emploi des jeunes, à l’éducation des jeunes, à la planète dans laquelle vivrons les jeunes. Or quel parent s’occupe de lui avant de s’occuper de ses enfants ? Quel état s’occupe de ses ainés avant de se préoccuper de ses jeunes ? Voilà le paradoxe d’une société qui était sur le point de laisser mourir tous ses anciens à l’EPHAD et qui, d’un coup, en fait le leitmotiv de chacun de ses actes et de chacune de ses lois !

On meurt davantage et plus vite de la pollution, du chômage, de la solitude, de la pauvreté, que du COVID ; en privilégiant la santé à toute autre chose, on a laissé se déployer d’autres maladies, bien plus graves, et qu’un vaccin ne suffira pas à éradiquer.

- C’est vrai... C’est le monde à l’envers, m’a- t-il répondu songeur. Vos grands-parents ne pourraient pas y croire...

- Non, continuai-je. Et, crois-moi, moi non plus je ne veux pas y croire ! Mais pour en revenir à ta question, je ne crois pas en la fatalité. Je crois par contre que les histoires que l’on se raconte finissent par devenir notre réalité. Alors pour que les choses changent, il faut changer d’histoire. Si tu sais réinventer un métier, y mettre de la nouveauté, l’exercer sans miser sur un système mais sur ta vision, alors il n’y a pas de raison que tu sois plus « pauvre » que la génération précédente. Mais encore faut-il oser réfléchir hors des sentiers battus et ne pas avoir peur de prendre certains risques. »

Nous nous sommes quittés à cause du bus qui arrivait, en nous promettant de reprendre cette discussion lors d’un déjeuner en plein air dans la semaine. Je l’ai remercié pour cet échange et l’ai embrassé tendrement.

C’est bien décidée à ne me laisser emporter, ni par une politique du martyr, ni par une politique de l’autruche que je voulais bloguer aujourd’hui. Pour marquer le coup, et peut-être aussi les esprits. Pour que les interdictions ne deviennent pas une habitude, pour que la jeunesse reprenne sa place et que la vie reprenne son cours, avec cette maladie comme avec le Sida, ou le Cancer ou la Famine, dont les morts mériteraient tout autant de faire la une des journaux.

Et à la question « jusqu’à quand» je répondrai : certainement jusqu’à ce que nous en ayons décidé autrement...

Bonne semaine à tous . Le bisou

07 Mar 2021

Animal Cosy

Aujourd’hui je vais vous parler d’une histoire courte, une histoire que j’ai écrite pour  « Sang pour Sang thriller mais pas que », un recueil pour lequel 13 auteurs ont fait don de leur plume au bénéfice du financement d’une partie du Salon Sang pour Sang thriller qui, sauf dictature ou fin du monde, se déroulera au mois de septembre 2021 à Longperrier.

Ma nouvelle, qui se nomme « Animal Cosy », est directement inspirée du jeu d’arcade  « Animal crossing » dont vous avez peut-être entendu parler. Si ce n’est pas le cas, et pour faire court, il s’agit d’un jeu dans lequel le gentil chef d’une île digne d’un livre pour enfant, pourvoit de façon totalement égalitaire aux besoins simples de ses gentils habitants. Grâce à leur travail, principalement agricole mais jamais pénible, ces derniers peuvent ainsi gagner de quoi rendre plus confortable leur cottage, tout en ayant accès à quelques loisirs d’extérieur, pratiqués autour de chez eux avec leurs voisins.

Ce jeu a connu un succès sans précédent lors du premier confinement, succès expliqué notamment par son côté extrêmement rassurant au vu du contexte : personnages au physique de bébés animaux, système égalitaire, sécurité des revenus et garantie d'un monde sans aléas, le tout saupoudré du plaisir de consommer pour rendre son nid plus douillet.. Autant dire qu’il y avait là tous les ingrédients pour un best-seller. 

Lorsque j’ai découvert cet univers au travers de vidéos You tube, j’ai immédiatement pensé à en faire le contexte de ma nouvelle. Pour moi, l’écriture n’est jamais un acte innocent et, même lorsque je suis en pleine fiction, la réalité sociologique me rattrape toujours.

Les notions de sécurité garantie par la loi, d’égalité à tout prix, de récompense à la mesure du travail fourni sont séduisantes, mais que deviennent-elles entre les mains d’individus aux aspirations différentes et dans un mode en constant mouvement ? La liberté des uns s’arrête-t-elle là où commence la peur de l'inconnu ? Quelle sorte de liberté une société où tout est prévisible offre-t-elle ?

Je ne vous en dirai pas plus sur mon texte aujourd’hui, si ce n’est que, le suspense et la psychologie humaine qui sont au cœur de tous mes romans, ont aussi été les moteurs de l’écriture de cette nouvelle au décor futuriste mais qui évoque des dilemmes propres à notre époque...  

Le recueil sera disponible dans 2 petits jours mais il est déjà en prévente alors si vous voulez vous faire plaisir et encourager les fées telles que Nadine Doyelle à continuer à promouvoir de nouveaux talents et à organiser de belles rencontres littéraires, alors cela vous coûtera à peine le prix d’un Malabar, en cliquant ici ! et, pour ceux qui préfèrent le papier, la version imprimée ne va pas tarder.

Merci d'avance amis lecteurs, pour Nadine, pour nous, auteurs, et surtout, pour votre curiosité. Le bisou ! <3

 

Image extraite du jeu " Animal crossing " 

22 Feb 2021

Dynamique, faux rythme et projection

Comment vous sentez vous par rapport à votre avenir ?

Je ne plaisante pas. Votre réponse m’intéresse.

Comment vous levez-vous chaque matin ? Qu’avez-vous au fond du cœur ? Quelle est cette flamme qui vous fait dire que la vie vaut le coup d’être vécue même sans contact, sans culture et, pour beaucoup, sans travail ?

Ce rythme de vie dans lequel nous baignons depuis plusieurs mois, organisé autour du travail (que l’on a ou dont on est privé), l’œil sur la montre ou derrière un écran... le tout couplé à un grand nombre d’incertitudes et à un immobilisme forcé... Ce contexte ne peut pas être sans effet sur notre vision de la vie et de l’avenir.

Et même si on veut avoir confiance, le fait de ne pas pouvoir agir, d’attendre une forme de feu vert ou d’autres interdictions sur lesquels nous n’avons aucune prise, influe forcément sur le sens de notre vie, ou plutôt sur son non-sens.

Je voudrais que vous me disiez ce qui vous porte, ce qui vous meut. Ne soyez pas optimiste, si vous trouvez cela ridicule, mais soyez juste respectueux de votre vie, ne vous enterrez pas sans avoir exprimé vos envies, vos rêves !

Je crois que nous avons tous besoin de sentir que nous ne sommes pas parmi une foule attentiste, au cœur d’un désordre peu rassurant. En tous cas, moi, j’en ai besoin !

Face à ce faux rythme, nous pouvons attendre que la vie reprenne « comme avant » (vraiment ? vous y croyez ?), ou bien continuer à agir dans une direction qui nous semble être la meilleure pour nous, sans vraiment savoir ce que cela donnera mais en ayant la conviction que chacun a son rôle à jouer.

Entant que travailleuse indépendante, j’agis quotidiennement pour continuer à faire vivre mon entreprise et à gagner ma vie avec mes compétences et en préservant mes valeurs. En dehors de cet état de « travailleur », j’ai aussi décidé de prendre le temps d’ouvrir d’autres portes et de nourrir ce qui me fait me sentir libre et confiante en l’avenir.

Depuis un mois, je suis partie à la montagne en famille, j’ai ajouté aux associations que je soutiens mensuellement la SPA , car je pense qu’une société qui prend soin de ses animaux prend aussi soin de ses hommes ; j’ai activé mon DIF et commence une formation d’italien au mois de mars ( oui toujours ce rêve de me réveiller en Sicile six mois sur douze ; j’ai demandé à une amie éditrice des contacts pour échanger avec des éditeurs autour de mon écriture et voir ce que cette expérience pourrait m’apporter ; je prends du temps, sur le peu que nous avons en dehors de nos foyers, pour aller voir mes amis, mes parents. Cette dynamique, qui requiert une vraie réappropriation de soi et de son temps, a aussi, insidieusement, libéré ma créativité et ma plume n’a jamais été aussi prolifique...

Ces actions ne sont peut-être pas importantes en soi, mais je les considère, en ces temps tourmentés, comme vitales pour que ma vie ait un sens et aille dans le bon sens.

C’est pourquoi, je vous le demande, et c’est un cadeau que vous me ferez en répondant : qu’est-ce qui ce matin, demain, après-demain, donne un bon sens à votre vie ?

Merci d’avance pour vos réponses et belle semaine à tous

 

 

 

15 Feb 2021

Penser à la marge

Le contexte dans lequel nous vivons ainsi que la nécessité d’adaptation qu’il requiert m’ont rappelé la lecture récente d'un article écrit par un expert du marketing dans lequel il soulevait l’importance des réflexions faites à la marge.

La marge. Ces notes, prises à la volée, à la limite de l’inconscient. En dehors des gros titres, des plans détaillés et des caractères gras qui noircissent les pages, jusqu’à parfois obscurcir le cerveau.

Face à une question ou à un problème, notre mental se concentre autour de raisonnements et de techniques de réflexion expérimentées. Or, pendant qu’il cherche de façon militaire, une autre partie de nous, elle, s’échappe. Tandis que notre conscient s’accroche à une forme de logique, notre inconscient, lui, profite de sa liberté pour s’exprimer.

C’est exactement ce qui se passe lorsqu’un auteur part avec un plan d’écriture puis, une fois devant son clavier, se retrouve à regarder son personnage aller dans des endroits imprévus. À la marge de notre esprit planificateur et travailleur, se trouve cette voix, cette autre vérité qui, pour s’exprimer, ne doit pas se retrouver en première ligne.  

Le monde dans lequel nous vivons nous oblige à organiser, à planifier, à brainstormer, à essorer notre cerveau jusqu’à ce qu’il en ressorte une forme d’évidence. Pourtant, il serait bon parfois de regarder ce qui se passe dans la marge. D’observer nos réactions en dehors des projecteurs ; nos rêves, glissés entre les lignes d’un roman ; nos envies, au détour d’un regard échangé ou d’un battement de cœur.

La bonne idée n’est pas toujours celle qui nait de grandes réflexions. Elle pousse souvent dans son coin, loin des conventions et des règles sociales, loin d’un quotidien automatisé et des réflexes d’apprentissage. À l'abri des regards et des jugements.

Bonne semaine à tous les amis et, à chaque fois que les choses vous sembleront figées, bloquées, pensez à regarder à la marge. Dans cette colonne où vous rangez les choses qui vous semblent futiles ou secondaires : c’est là, tranquillement et en paix, que les choses bougent vraiment, là que votre vérité avance.

08 Feb 2021

Créer chaque jour, créer pour soi.

Contrairement à ce que l’on nous apprend depuis le plus jeune âge, plus les années passent, et plus je suis persuadée que la création, tout comme le bonheur, doit se nourrir de quotidien, plus que d’objectifs. Bien sûr, la vision de l’aboutissement est un moteur puissant, mais elle ne remplace pas l’envie.

Sentir vibrer en soi le plaisir d’agir mène forcément à la réussite, au sens d’accomplissement personnel, alors que l’objectif seul, bien souvent fantasmé, a plutôt tendance à inhiber la créativité, ou bien à la réduire à une étape difficile.

Je viens de passer une semaine loin de tout, durant laquelle je suis parvenue à me libérer de ce jugement dont je vous parle parfois, et qui m’amène à penser régulièrement que mon écriture est un acte vain, sans valeur.

Grâce à la nature et aux miens, je me suis reconnectée à cet espace, tout près du cœur, pour y laisser briller l’envie quotidienne de retrouver les mots, juste pour le plaisir. Cela vous semblera peut-être stupide ou naïf, mais je vous assure qu’il n’est pas toujours facile de reprendre le pouvoir face à un mental puissant ... :)

Tout acte créatif est un acte d’affirmation de soi. Qu’il se fasse de façon totalement libre ou au sein d’un environnement donné, il ne devrait jamais être dépendant de la façon dont on pense qu’il sera reçu ou perçu, mais une chose est sûre : il est toujours à l’image de l’état d’esprit de son créateur.

Cette semaine j’ai retrouvé Antoine et Jack, mon philosophe et son chien. Ces derniers temps, ils étaient là mais un peu trop loin de moi à mon goût. C’est parce que j’ai su abandonner mes peurs et les mauvaises histoires que je peux me raconter parfois, qu’ils sont revenus, vivants, prêts à nourrir ma plume chaque jour...

Moralité : si l’on veut créer, mieux vaut le faire avec le cœur qu’avec la tête !

Bonne semaine les amis et ne renoncez surtout pas à faire battre chaque jour votre cœur !

25 Jan 2021

Je ne fais rien de mal

En même temps que monte la rumeur d’un troisième confinement, je me questionne sur l’aptitude de nos dirigeants à prévoir quoi que ce soit en dehors d’enfermements successifs et d’interdictions qui, s’ils ne visent pas officiellement à nous nuire, ont pour autant déjà atteint ce même résultat.

Et après ce confinement ? Qu’adviendra-t-il ? Combien de temps allons-nous attendre un miracle en attendant de pouvoir vivre ? Combien de temps la jeunesse, les artistes, les restaurateurs... vous, moi, allons-nous encore accepter de rester en apnée, de voir nos libertés restreintes quotidiennement et pour certains, leur vie fichue en l’air, pour, peut-être, sauver une partie infime de la population ?  

Alors que nous savons déjà tous que la maladie ne va pas disparaitre avant longtemps et que les populations à risque resteront les plus exposées, la dimension sociale de la crise, elle, est en tous cas déjà bien réelle, avec des conséquences encore peu exposées mais déjà irréversibles.

Je mesure le risque sanitaire, mais je refuse d’être malade a priori.
Je suis responsable de mes agissements, mais je suis libre de mes choix.

Je ne fais rien de mal.

Et je n’aime pas l’idée que l’on fasse peser sur nous, citoyens, la culpabilité et le poids d’une mauvaise gestion de crise et d’une situation qui nous dépasse tous.
Ni que l’on nous prenne pour des imbéciles en nous faisant croire à une pandémie qui peut se gérer en respectant des listes de produits essentiels, les soldes, Noël ... mais en excluant la pratique du sport, des arts ou l’apprentissage de nos jeunes.

Si chacun doit être responsable de ses agissements face au virus, personne ne devrait se sentir coupable de vouloir continuer à partager, à imaginer, à apprendre, à travailler, à aimer... à vivre ensemble.

Dans toutes les situations il y a toujours des irresponsables. Ne partons pas du principe que la part infime de la population qui niera le risque et agira de façon nuisible justifie des mesures liberticides imposées à tous.

Vous ne faîtes rien de mal.
Vous avez la possibilité de vous informer au travers de multiples sources, de poser des questions et de vous adapter, en toute intelligence et dans le respect des autres et de vous-même.
Rappelez-vous en à chaque fois que vous rentrez à 18H passées, que vous vous autorisez à aller voir un parent en dehors des heures autorisées, que vous ne portez pas le masque dans une rue vide : vous ne faîtes rien de mal. Vous vous adaptez. Vous vivez.    

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