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17 Sep 2018

L’ingrédient qu’on n’attend pas …

« Une chanson est faite de trois ingrédients : les paroles, la musique et un troisième ingrédient, que l’on n'attend pas … »

Ces mots sont tirés d’un portrait du fascinant Jacques Brel sur lequel je suis tombée ce week-end sur France 3 ( et que je vous recommande ) .

En écoutant ces paroles, j’ai eu le sentiment d’une évidence.  Écrire un roman, c’est aussi savoir accueillir cet ingrédient inattendu.

Ce besoin viscéral de dire, qui, bien au delà de l’exercice, fait de l’écriture un moment de plaisir intense où l’on s’oublie totalement.
Cet événement extérieur, cette rencontre imprévue qui, venant se greffer à notre histoire, l'imprègne d’un réalisme touchant.
Cette douleur ou ce bonheur, qui, saupoudrant la plume, vient la teinter d’une émotion unique.
Cette musique qui, traversant notre cerveau, décuple l’intensité des scènes…  

Si les idées et les mots sont intemporels, le troisième ingrédient de notre créativité, lui, est éphémère.
Aussi insaisissable qu’une étoile filante, aussi improbable qu’un rêve éveillé, il rend l'écriture plus précieuse, plus fragile, plus sincère… il la rend vivante, tout simplement !

    

10 Sep 2018

« Un auteur de polar, ça boit et ça fume, non ? »

Je suis chez le médecin chargé de mon expertise psychologique, celui qui, 18 mois après mon accident de voiture, doit faire un bilan post traumatique. Le doc’ est de bonne humeur. Je sens que mon côté auteur à la mine bronzée le change des porteurs de minerves qui doivent défiler dans son cabinet du matin au soir.   
Le médecin me sert un sourire entendu puis se reprend :
- Non. Mais vous n’avez pas l’air d’être ce genre d’auteur. Si ?  

Quel genre d’auteur suis-je ? Dans ma tête, j’essaye de répondre. Dans le désordre :

Je sors un roman par an. Ce qui fait déjà six à ce jour.

J’ai fumé. Beaucoup. Je fume encore, rarement, à l’occasion. J’aime boire un coup, parfois deux, c’est vrai.

J’écrivais la nuit. Maintenant j’écris surtout le matin.

Mes romans parlent des choses de la vie. Souvent de la mienne.

Je réfléchis sans cesse au sens de la vie. L’écriture m’aide à poser les questions qui me hantent. Celles qui me font avancer.

Je doute de presque tout mais jamais de mon besoin d’écrire. 

Lorsque j’écris, je suis obsédée par l’idée d’honnêteté, vis à vis de moi-même. Vis à vis des autres.

L’écriture me nourrit chaque jour mais ne me permet pas d’en vivre. Et ce n’est pas mon rêve. J’ai besoin de vivre d’autre chose pour pouvoir écrire librement et sans pression.   

Mon rêve serait de voir mes livres gagner un lecteur chaque jour. De les voir portés à l’écran aussi.

Je suis fascinée par les gens. Tous les gens. Je les regarde avec attention, partout, tout le temps. J’imagine sans cesse quels personnages de mes romans ils pourraient être. Peut-être est-ce pour cela que je mélange ensuite, les noms et les visages. Incapable de faire le tri dans cette galerie.

Je suis auteure de romans noirs. Pas parce que le noir c’est sexy mais parce qu’on ne peut pas toujours être rose.

J’ai toujours peur que mes lecteurs s’ennuient. Heureusement que le suspense existe.

J’ai longtemps cru que j’avais quelque chose à prouver avant de pouvoir être  lue. Je sais à présent que c’est en écrivant que je me libère de l’obligation d’avoir à prouver quelque chose. Je suis auteur mais je suis Laure avant tout, armée d’une plume…

La voix du psy me sort de mes pensées :

- J’aimerais bien vous lire. Quel est le nom de votre meilleur roman ? 

- Le dernier. Le fauteuil de César.

- Je ne vous ai pas demandé le dernier. J’ai demandé le meilleur !  insiste t-il comme si je passais un entretien d’embauche.

Il a du oublier que je suis une patiente…  

- Je sais, je réponds docilement. C’est que je suis comme le  bon vin. Je m’améliore en vieillissant…

- Le fauteuil de César... Un roman historique ?

- Non. Un huis clos à suspense. Un truc psy. Ça devrait vous plaire...

Il rit et griffonne le titre de mon roman sur la couverture de mon dossier, juste sous mon nom. Je le regarde faire. Cette fois je souris vraiment.
Oui monsieur. Je suis ce genre d’écrivain.

 

 

Credit Photo . Didier Bizos 

03 Sep 2018

Consensuel ou Kamikaze ?

C’est le dernier album d’Eminem dans les oreilles que je pose ce matin les doigts sur le clavier. Peut être certains ont-ils entendu parler de l’opus surprise du rappeur mythique sorti il y a quelques jours ? Largement critiqué, pour ne pas dire incendié, par la presse pour son avant dernier album ‘Revival’, jugé trop grand public, (certains journaux allant jusqu’à le qualifier d’ « Album Papy »)le rappeur a réagi, faisant de ce dixième album, baptisé « Kamikaze »,  son vrai « revival ».

Avec « Kamikaze », Eminem revient à ses premières amours, dressant en 13 titres un doigt d’honneur digne de « Slim Shady », le personnage qu’il s’était inventé en début de carrière, alors que le public découvrait le flow unique et provocateur de ce petit blanc qui marquera l’histoire du rap US…

Mais, là encore, la presse fait la moue. Le vieux rappeur joue aux rebelles et insulte le show business… quel manque de maturité !

En dehors du fait que je trouve que les journalistes sont tombés bien bas en crachant en meute soit disant bien pensante sur le talent d’artistes qu’ils ont eux mêmes encensés, cette anecdote m’a prouvé une chose.   
On peut dire ce que l’on veut, certains artistes restent d’autres passent.
Ceux qui restent ont un point commun : même si  leurs créations ne sont pas toutes du même niveau, ils n’arrêtent jamais de créer et, face aux critiques, se battent avec leur personnalité, quitte à passer pour des Kamikazes.

Alors vous, qui en êtes peut-être au début de votre écriture, ou sur le point de vous autoéditer, ou à votre premier succès édité ou autoédité, n’oubliez pas : l’artiste, c’est vous. Quoi qu’on vous dise, ne faites pas trop de concessions à vos envies et à votre style. Quoi que vous fassiez, vous ne pourrez éviter de déplaire à certains ou d'en agacer d'autres.
Et même si la critique est toujours dure à entendre elle le sera moins si, dans votre démarche créative, vous avez veillé à rester fidèle à votre meilleur ami : fidèle à vous- même !

Bonne semaine les amis et pensez à entretenir vos aspérités plutôt qu’à les lisser ! ;)  

27 Aug 2018

Ramer à contre courant

Nager contre les vagues, boire la tasse, recommencer… Qui aime ça ? Personne, a priori. Et pourtant, combien sommes nous à faire de notre vie une lutte incessante pour que les choses se passent, non pas comme elles se passent, mais comme nous voudrions qu'elles se passent ?!

Vous pensez que cette attitude ne concerne que les activités professionnelles ? Détrompez-vous. Tout objectif, dès lors qu’il se transforme en une attente incontournable, qu’il soit d’ordre sentimental, professionnel ou créatif,  peut devenir une embarcation sur laquelle notre esprit, obsédé par le résultat non atteint, saute pour se mettre à ramer à contre courant.

Alors je vous entends me dire : Laure tu es bien gentille, mais pour arriver quelque part, il faut bien persévérer.

Et je suis totalement d’accord. Mais persévérer, cela veut dire agir pour, pas ramer contre.   

En matière d’écriture, si vous vous réveillez tous les jours frustré de ne pas avoir encore écrit un best seller ou de ne pas être édité, alors votre créativité et votre succès potentiels seront emprunts de cette frustration ;  et vous ne laisserez plus la place aux opportunités, peut être plus modestes, peut être plus lentes,  ou tout simplement différentes, qui pourraient aussi vous amener vers votre objectif.

Et si votre vie avait son propre courant ? Un courant dans lequel, en vous laissant glisser de temps en temps, entre deux coups de rames, vous pouviez entrevoir d’autres options ? En créant booknseries j’ai laissé ma créativité ouvrir une nouvelle voie, celle qui a rendu possible mon coming out d’auteur et une évolution de ma vie personnelle et professionnelle.

Nos vies se résument trop souvent à une accumulation de devoirs et d’objectifs à atteindre. Nos talents et notre créativité d’Homme sont là pour nous faire prendre un chemin, pas pour valider une check list établie à la naissance.
La frontière entre persévérance et obstination est fine mais importante. L’une vous juge sur ce que vous vous étiez dit hier.  L’autre laisse la place à ce que vous êtes aujourd’hui et à ce que vous serez demain …    

Alors  n’oubliez pas de poser les rames et de vous laisser porter par le courant de temps en temps… ;) Bonne semaine les amis !

20 Aug 2018

Du sable dans les baskets …

Après deux semaines de repos loin du sol bordelais, je reprends le chemin du travail. Café chaud, yeux collés, douche fraiche, (toujours yeux collés) puis, au  moment de mettre mes chaussures, une sensation...

J’ouvre un œil… Sous ma voûte plantaire, des grains de sable ramenés de vacances titillent ma peau encore endormie. Pendant une seconde, mon esprit cartésien me propose de défaire mes lacets et d’ôter les gêneurs. Mais l’instant d’après, un sourire rêveur nait sur mes lèvres...

Et si j’emportais avec moi ces imposteurs ? Si je gardais présent, avec moi, ce souvenir ? Porte-bonheur, secret d’ado contre mon cœur …

Ces grains de sable me racontent une histoire. La mienne.  Celle de mes vacances, celle de cette belle île où j’ai pu me poser, me reposer, profiter de mes proches, de la nature, découvrir des paysages et un autre mode de vie… Je suis riche de cela, vivante.

Ces grains de sable sont là pour me le rappeler.

Nous avons tous besoin de talismans, de choses plus ou moins matérielles que nous emportons avec nous pour nous rappeler que la vie est, chaque jour, pleine de moments uniques et imprévus, dès lors que l’on sait les voir, les nourrir et les préserver… Ces petits cailloux que l’on sème ou que l’on garde contre son cœur et qui, qui parfois, lorsque l’on est auteure,  se transforment en roman… ou en bonheur, tout simplement !!!

Belle rentrée à tous ceux qui reprennent la route du travail :) !

PS : Et vous quel morceau de bonheur avez vous ramené dans vos bagages ? 

30 Jul 2018

Ce truc qui dérange...

J’ai regardé hier la Fièvre du Samedi soir et redécouvert un film beaucoup moins léger que l’image qu’il a pu laisser dans la majorité des esprits (y compris le mien, je l’avoue).

Machisme, difficulté à sortir de son milieu, vulgarité,  faux semblants… Mais aussi tendresse, amour et fêlures d’une génération pas si éloignée de nous finalement… Dans un décor 100% 70ies , John Badham et son héros incarné par un Travolta très touchant, nous emmènent dans un univers populaire où les boules à facettes, les chemises colorées et les pas discos, ne parviennent pas à occulter la douleur d’une jeunesse qui rame, qui rêve et qui se cogne à une réalité aussi dure que ses racines…

Et voilà ce que j’aime. La noirceur dans la lumière. Ce truc qui dérange et qui rend une histoire cool et unique. Cette ambiance qui perturbe le spectateur parce qu’elle fait réfléchir autour du destin d’un héros qui pourtant, lui, ne paraît pas beaucoup réfléchir.

On me dit parfois que mes livres devraient avoir des fins différentes, ou sont dérangeants par la façon dont ils abordent les sentiments ou les personnages. Mais je crois que la vie est tout sauf confortable et que d’être dérangé, c’est être vivant. Je ne mets aucune scène trash dans mes livres et déteste l’idée de choquer pour le plaisir. Mais déranger, oui. Ça je le reconnais. Tout comme je reconnais le droit à chacun d’avoir ses faiblesses, ses forces, son côté obscur. Tout comme je reconnais qu’il n’est pas facile de vivre en étant soi-même et en s’affranchissant de son milieu social et familial. Ce n’est pas parce que l’on n’a pas envie de voir ces aspects-là de la vie qu’ils n’existent pas…
Et pour ceux qui ne veulent pas les voir, aucune inquiétude, il reste toujours le brillant des chemises à paillettes… ;)

Bonne semaine les amis ! 

PS  : Et si vous voulez voir ce petit chef d’œuvre, pas besoin galérer, rdv sur arte 

23 Jul 2018

Ensemble, c’est tout.

Ce soir à Bordeaux, le Jardin Public a pris des airs de Woodstock.
Une fois par mois, ici ou à Cenon, des DJs viennent ambiancer une foule bigarrée, sortie de chez elle pour aller tâter l’épais gazon et l’ambiance estivale.

Perchés sur leur minuscule estrade, les DJs lancent les sons aux basses obsédantes tandis que, derrière les comptoirs des buvettes, de jeunes serveurs se déhanchent et se démènent, tireuse au poing.
Petit à petit, les gens affluent dans les allées du parc, recouvrant la pelouse de points multicolores.

En couche culotte ou en minishort en jean, on s’allonge, bras et pieds en croix, sur des couvertures bariolées.

Fille ou garçon,  on tape dans des ballons de foot aux cages imaginaires.

Petit ou grand, on trouve sa place sur un carré de vert.

Branché ou déconnecté, on secoue la tête, on se lève, on danse…   

On dit souvent de la fête qu’elle est un moyen futile d’oublier la vie et ses tracas. Des jeux et du vin pour anesthésier les peuples… C’est certainement  vrai lorsqu’il s’agit de cérémonies officielles.
Mais la fête fait aussi partie de la solidarité et de la démocratie.

Sortir dans la rue et s’amuser. Constater que l’humanité sait encore se rassembler pour partager des sourires et pas seulement pour le pire.

Ensemble pour un moment. Ensemble dans l'instant. Ensemble  pour le meilleur.
Ensemble parce que l’homme se nourrit de l’homme et du monde qui l’entoure. 

La fête pour partager la joie, s’en nourrir et repartir plus léger dans la vie …

Je ne sais pas vous,  mais moi, rien que d’y penser, ça me fait  pousser un sourire :) 

Bonne journée les amis !

09 Jul 2018

Succès garanti !

J’ai entendu dire cette semaine que l’on pouvait s’assurer pour le mauvais temps en vacances.

Bronzé ou remboursé !  Incroyable, non ?!!

Nous vivons dans un monde où personne ne semble plus pourvoir supporter le poids de l’incertitude ou de la déception.
Un monde de malheurs où tout le monde veut acheter la garantie du bonheur ! 

Et tandis que les assurances nous font croire que nous pouvons maitriser notre destinée en payant, se développe cette inaptitude à accepter le risque ou les épreuves comme une part inhérente de la vie (et de son piment aussi )!

En tant que consultante en communication je croise tous les jours des auteurs ou des entreprises qui cherchent la garantie du succès. Investir oui. Mais  comment être sûr de réussir ?
Eh bien, désolée, mais on ne peut jamais être sûr à 100%.
Le risque zéro n’existe pas !  Et d’ailleurs qui peut croire que si la recette du succès immédiat  et garanti existait, elle n’aurait pas déjà été vendue à prix d’or ?!
La seule certitude que nous puissions avoir en tant qu’entrepreneur, auteur et , plus généralement, en tant qu’être humain est celle d’avoir déployé le maximum d’efforts, d’avoir mis le maximum de bonne volonté,  de s’être entouré d'un maximum de bonnes personnes, pour permettre la fabrication de notre succès et, surtout, de continuer à avancer heureux et du mieux possible, quoi qu’il arrive .

Bonne semaine les amis !  Et n’ayez pas peur des vagues, tout le monde peut apprendre à nager !

 

02 Jul 2018

Des Lectures et des Hommes

C’est la première fois que cela m’arrive. Deux lectrices (en dehors de ma correctrice bien sûr : )m’ont dit avoir lu mon roman , « Le fauteuil de César » , deux fois de suite.

Surprise, je leur ai demandé pourquoi. Les deux ont eu la même explication.

Lors de la première lecture, mues pas l’envie de savoir ce qui allait se passer, elles ont avalé le livre. Mais une fois la couverture refermée, le même sentiment les a traversé ; celui de ne pas avoir assez profité des différents personnages. D’être passées trop vite sur leur aspect psychologique.

En dehors du fait que pour un écrivain de romans psychologiques à suspense, cette double lecture soit la plus belle des récompenses, il m’est apparu que l’on pouvait lire un roman exactement comme on rencontre une personne :

On peut en apprécier l’apparence, le mettre dans un tiroir et ne pas apprendre à le connaître.
On peut aller vers lui parce que «  ça fait bien » ou que c’est à la mode.
On peut passer avec lui un bref moment de plaisir et l’oublier.
On peut  voyager ensemble pendant un moment et garder de bons souvenirs.

Et puis on peut aussi parfois avoir une première émotion, plutôt inattendue nous laissant deviner une histoire plus profonde, plus complexe. Des petites choses cachées que l’on voudrait nous amener à trouver, pour peu que nous prenions le temps d’aller au-delà des apparences, des genres ... du «j’aime, j’aime pas » .  

Une seconde lecture, moins affamée. Une seconde lecture pour dépasser la première impression, pour déceler les intentions dissimulées derrière les faits… Pour lire le roman avec un œil plus gourmet !

Bonne semaine les amis, n’oubliez pas de rester curieux et merci de me lire …ou de me relire :)   

25 Jun 2018

En attendant Sarahloup…

Mardi. Midi passé. J’ai rendez-vous en ville avec mon amie et auteure Brigitte Hue-Pillette, (que vous connaissez aussi peut-être le nom de Sarahloup)

Comme je suis en avance, je décide de descendre deux arrêts plus tôt. C’est bon de marcher dans les rues nez en l’air, de goûter le soleil de midi sur mes bras, de voir le ciel bleu tranchant sur la pierre blanche.

Le restaurant juste à côté du marchand de fleurs. C’est là que nous avons rendez-vous. Comme il est fermé, je m’assoie parterre et regarde les touristes qui, comme moi, s’arrêtent pour prendre en photo la jolie devanture. Moi aussi  je me sens aussi en goguette. Pas envie de penser au reste de la journée de travail qui m’attend. Juste de profiter de l’instant et d’observer le monde comme si je le voyais pour la première fois.

Un SMS de Brigitte. Elle sera en retard

Tant mieux, je vais aller prendre un verre à l’Apollo, juste à côté.

Je ne sais pas pourquoi, je m’assoie toujours à la même table, presque en bord de terrasse. Je me revoie ici avec des amis, un an, deux ans, dix ans plus tôt... Il faudra que je songe à  changer de table. Mais pas tout de suite. La succulente conversation de mes voisines rajoute au plaisir de mon escapade solitaire. Deux étudiantes, sûrement en art ou en littérature, parlent cinéma… enfin, beaux gosses surtout… L’une avoue tomber amoureuse trois fois par semaine en regardant des films ou des séries… Je souris derrière mes lunettes. En chacune de nous se cache une princesse…

Je tourne la tête. Brigitte est devant moi, essoufflée, agacée, drôle et souriante… Brigitte quoi ! 

Entre un baiser et une anecdote, elle m’arrache à ma solitude et m’embarque sans son joyeux tourbillon.

Je me laisse faire avec bonheur… 

 

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