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19 Jun 2017

Être lu : du besoin à la stratégie

Écrire est un acte tellement nourrissant, avant, pendant et après son accomplissement qu’il serait illusoire de nier à quel point il répond à des besoins aussi profonds que vitaux.

Lorsque j’écris, mes mains, mon coeur et mon cerveau répondent à bon nombre d’envies irrépréhensibles : celle de laisser mes sentiments s'exprimer, celle d’explorer l’âme humaine,  celle de partager ma vision du monde, celle d’être comprise, celle d’être reconnue aussi...

Comment dire non à ce genre de besoins ? Impossible, n’est pas !!? 

Par contre, quand il s’agit de les assumer et de mettre en place la stratégie  qui permettra de les assouvir de façon satisfaisante, les choses se compliquent un peu …

Pourquoi tant d’auteurs, une fois leur livre achevé, restent bloqués dans leur communication ? Certainement pas parce que leur besoin d’être lu a disparu… 

Mais si on ne peut pas dire non à ses désirs les plus profonds, on peut dire non aux moyens existants pour les réaliser…

Se mettre en avant, prendre du temps pour sa passion au détriment du reste, dire du bien de soi, aller s’exposer en dédicace, se lancer dans les réseaux sociaux, prendre le risque de la critique, du refus d’un éditeur  …. Là se trouvent les vrais freins à l‘édition.

Mais, comme je le dis souvent sur ce blog et aux auteurs que j’accompagne, il n’y a pas une seule méthode. Il n’y a que celle qui vous corresponde et qui vous aide à répondre à cette envie d’être lu. La personnalité, le temps disponible, les compétences, les priorités, de chacun sont uniques.  Mais cette soif d'écrire et de trouver des lecteurs, elle, est commune à tous les auteurs.  Reste donc simplement de trouver le bon endroit, la bonne personne, la bonne stratégie, celle qui permettra de l’assouvir en douceur et avec plaisir… 

Je suis convaincue que le fait de nier un besoin, loin de le tuer, nourrit une frustration au moins aussi grande. Trouver son propre chemin, trouver la stratégie à laquelle on pourra dire « oui » et qui répondra à son besoin d’être lu, n’est pas là vrai secret pour ne pas avoir de regrets ? 

12 Jun 2017

Marketing des livres ou Communication d’auteur ?

Je suis tombée la semaine dernière sur un article de l’Express qui décrivait certaines méthodes marketing de grandes maisons d’éditions, plus ou moins louables, et visant principalement à maintenir l’intérêt des lecteurs vis à vis d’auteurs phares…

Et Oui. Devenu un bien consommable, le livre est à présent soumis au marketing appliqué à tout autre produit de grande consommation. Pub, interview, couverture attrayante…Et face à ces méthodes de vente, une partie du monde littéraire s’insurge, s’exaspère... Pourtant lire, ce n’est pas comme manger du fast food, c’est bon pour la santé, non ? ! 

Alors pourquoi s’énerver face à  une publicité excessive autour des livres ?

Pourquoi le marketing, appliqué au monde littéraire, devient-il un  gros mot ? 

Les techniques marketing visent  à identifier un «client », un lecteur en l’occurrence,  et à l’adresser au mieux... Rien d’horrible à cela, non ?  Ni de déshonorant, il me semble ! Car un livre dépourvu de toute communication faite autour de son contenu ou de son auteur ne peut tout simplement pas arriver jusqu’à son lecteur !

Alors, sauf à rejeter toute forme de promotion, qu’est ce qui nous pousse à ne pas aimer le marketing fait autour des livres ?

Je crois que ce qui, au fond, agace, c’est le fait que la communication soit presque toujours mise au service des mêmes auteurs «  vaches à lait », ceux qui « marchent ». Le marketing n’a alors plus du tout pour objectif de mettre en avant un nouvel auteur ou un bon livre, mais d'abord de vendre coûte que coûte un auteur « bankable ».

En tant que communicante et conseillère en communication auprès d’auteurs sur le site booknseries.fr , je crois aux effets bénéfiques de la promotion quand ils montrent l’intérêt d’un produit et le font connaître. Mais je ne crois pas qu’une recette marketing suffise à faire d’un livre un succès.
Et si des auteurs comme Marc Levy se vendent, c’est bien sûr grâce au marketing fait autour de leurs livres mais aussi, et surtout, parce que des lecteurs les apprécient, ne l’oublions pas … 

Alors , plutôt que de rejeter le marketing du livre, ne devrait-on pas plutôt cesser de confondre la communication qui explique et sort de l’ombre de nouveaux talents, avec celle qui use de techniques marketing pour tenter de faire du beau avec du mauvais ? 

05 Jun 2017

Écrire pour nourrir son intelligence émotionnelle

Ah les émotions ! Quelle force ! Quelle magie !.. Quelle horreur aussi parfois, quand elles nous font souffrir sans que nous sachions pourquoi et se transforment en peurs. Si un jour j’ai décidé de prendre la plume, c’est parce que j’ai su que le fait de mettre des mots sur mes émotions, d’identifier les situations qui les faisaient naitre, de me mettre à la place de ceux qui réagissaient différemment de moi, me permettrait de grandir et de devenir plus intelligente, non pas intellectuellement, mais émotionnellement.

Car coucher ses émotions sur le papier ce n’est pas forcément s’apitoyer ou clamer bêtement sa joie de vivre,  c’est aussi apprendre à mieux vivre avec ses ressentis… et avec les autres !

Les mots qui expliquent.
La peur ou l’amour par exemple, sont de bien vastes mots qui au fond ne disent rien d’eux. Que cachent ces sentiments? Un millier de choses ! Petites ou grandes, personnelles ou partagées, les émotions qui donnent naissance à la peur ou à l’amour sont multiples et ne peuvent être comprises que dans leur contexte. Raconter une histoire c’est recréer le contexte qui permettra de mettre le doigt sur les détonateurs de ces émotions et de mieux les détecter, afin de les gérer sans se laisser submerger.

L’empathie de l’auteur
Pourquoi deux personnes n’aiment pas de la même façon ou n’ont pas peur des mêmes choses ?Dès lors qu’au travers des différents personnages ou situations, un auteur envisage d’autres points de vues émotionnels que le sien, il ne peut que développer son empathie. Comprendre ce qui est différent n’est il pas le meilleur moyen de mieux vivre avec ses propres émotions et d’améliorer ses relations avec les autres ?

Utiliser ses émotions pour être lu    
Chaque émotion que nous ressentons vient répondre à un besoin assouvi ou à une frustration. Le plus souvent, lorsqu’il n’est pas publié, un auteur se sent médiocre, triste, et la peur d’être rejeté le submerge chaque jour davantage. Mais si au lieu de se tourner vers la peur d’être jugé l’auteur se tournait vers le plaisir et l’envie d’écrire, de partager, d’être lu, reconnu et aimé… alors sa communication s’en trouverait certainement libérée.

Dans un monde pragmatique, de maitrise et de calcul des risques, l’expression des émotions est souvent prise pour une marque de faiblesse, inutile ... Mais la plus grande intelligence, celle qui nous conduira vers plus de tolérance, de paix, d’amour et de réalisation de soi, n’est elle pas celle qui est issue de nos émotions? 

29 May 2017

Écriture et professionnalisme

Vous le savez peut-être, je n’ai pas toujours été l’auteure et la prom’auteure qui s’exprime ici tous les lundis. Et si ma vie précédente, celle de cadre supérieur en entreprise, ne m’a pas toujours permis d’exprimer ma créativité comme je le souhaitais, elle m’a au moins appris une chose qui aujourd’hui m’est très utile, tant dans mon parcours d'entrepreneure, que d’auteure auto-éditée : le professionnalisme.

Rares sont les auteurs qui, au départ, abordent l’écriture sous un angle professionnel, et c’est assez normal. Sauf à présenter son activité au travers d’un livre, l’écriture débute le plus souvent sous la forme d’un loisir, d’une expression artistique sans but précis… 
Mais nous le savons tous, dans toute chose faite sans enjeu il existe un risque : celui de se  laisser trop de temps pour progresser, de laisser la place à une certaine faiblesse entrainant le doute, voire même l’abandon …

Or j’ai le sentiment que cette résignation à un certain amateurisme d’une partie des auteurs indés provient de cette idée fausse selon laquelle il n’existe aucun palier entre celui d’écrivain professionnel et  celui d’écrivain amateur.

« Impossible ! Je ne serai jamais assez doué(e) ! Il y a tellement peu d’élus !  » Voilà le genre de réflexions qui nous passent par la tête dès que nous songeons à éditer nos livres.

Comme si ceux qui parviennent à être édités l’étaient sur la base d’un don venu du ciel !
Comme si les lecteurs ne pouvaient accepter qu’une littérature validée par des prix prestigieux!
Comme si l’art était réservé à une population secrète et inaccessible …

Créer un livre, comme toute activité créative, c’est, avant tout, inventer et prendre un risque !
Alors, bien sûr, le talent est un facteur important de réussite mais, ce qui aidera surtout un auteur à se réaliser, c’est ce mélange de plaisir et de travail portés par l’intime conviction que la réussite est accessible à tous, à condition que l’on s’en donne le temps et les moyens.

Chercher à se perfectionner, investir du temps, de l’énergie, de l’argent pour se former , rencontrer d’autres auteurs, avoir l’avis de professionnels ou créer un beau livre, n’est-ce pas tout simplement croire en soi et continuer à nourrir sa passion ? 

22 May 2017

Écrire pour dédramatiser

J’ai, le week-end dernier, commis deux partages de mon activité d’écrivain.

L’une consistait à me filmer en vous lisant un passage de FEMALE, mon dernier roman auto-publié.
L’autre à partager mon excitation alors que les premières idées autour de ma prochaine histoire commençaient à s’organiser sous mes yeux, dans mon carnet d’écriture.

L’une consistant à prendre une réelle distance par rapport à mon texte en étant capable de prendre plaisir à vous le lire sans timidité, ou peur d’être jugée en tant que personne.
L’autre consistant à plonger dans le cœur de mes sentiments, dans ce que j’ai de plus intime, pour commencer à tisser les émotions qui sous tendront mon prochain roman.

L’une me tournant vers l’extérieur, dans la recherche du partage d’une histoire que j’adore mais qui ne m’appartient plus désormais.
L’autre me poussant à fouiller ma tête et mon cœur à la recherche d’une vérité encore cachée et à peine avouable, même à moi-même. 

La vie d'un auteur a cela de magique qu’elle permet de parcourir ce long chemin qui fait passer de l’intime pressentiment à l’émotion, de l’émotion à l’écriture, de l‘écriture au partage…

Et lorsque l’on a la chance de vivre ce chemin, de pouvoir continuer à parler de ses livres tout en créant d’autres histoires, alors on peut ressentir cet immense cadeau que nous fait l’écriture, celui de nous permettre de réveiller un vaste champ d’émotions enfouies, de les sortir au grand jour, de les libérer pour en  faire un "simple" objet de culture et de divertissement offert aux autres …

Bonnes semaine d'écriture et de lecture à tous ! 

 

15 May 2017

Sur le chemin de l’ Écriture

Je regardé hier une ITW du cinéaste Xavier Dolan et qui, parlant de sa carrière,  disait qu’il avait commencé son métier en essayant d’être quelqu’un d’autre et qu’il avait, petit à petit, trouvé qui il était … Il ajoutait qu’il lui avait fallu plusieurs films pour que ce processus se réalise et que « Mummy » en était un premier aboutissement, ce qui expliquait certainement sa reconnaissance par le milieu du cinéma.

Prendre un modèle puis, peu à peu créer le sien… N’est ce pas le chemin que suit tout artiste ?   

Car si le succès commercial est toujours gratifiant, la défense et la reconnaissance de ce que nous sommes et de la singularité de notre univers me semblent indispensables à la poursuite de la créativité.

Au début…
… J’ai écrit en  ne pensant à rien … Et j'ai terminé le premier jet de " Comme un garçon" . Puis je me suis relue et, là, j’ai commencé à penser à ceux que j’avais admirés, je me suis demandée ce qui se faisait, ce qui ne se faisait pas…  J’ai corrigé, j'ai douté et je ne me suis pas auto-publiée.

Ensuite…
...J’ai écrit mon second roman, "La Bascule". Et là  j’ai eu le sentiment intime que mon écriture était particulière. Que ce que je voulais raconter, j’étais la seule à pouvoir le faire de cette façon là.  Soutenue pas les encouragements de ma correctrice, j’ai édité mes deux premiers romans et me suis auto-publiée… mais j’ai aussi créé booknseries.fr, car la promotion d’auteurs indés en ligne était alors inexistante.

Finalement …

Il m’aura fallu 6 ans et 4 romans pour parvenir à mettre dans le cinquième,  « Female » , la psychologie, le suspense, le style qui me correspondent à 100%.
Six années pour assumer mon univers, ma vision et inventer non seulement des histoires mais aussi mon nouveau métier, celui de prom’auteur au service de la communication des auteurs via mon site booknseries

Et après …
Dans un monde où tout va vite, la patience et la persévérance font, plus que jamais, la différence.
L’écriture m’apparaît comme une démarche globale qui ne peut exclure l’homme (en l’occurrence la femme :) qui tient le crayon, ni le temps nécessaire à sa réalisation, en tant qu’artiste et créateur au sens large … Un temps qui peut durer toute une vie…  

08 May 2017

Écrire ce n’est pas savoir, c’est chercher à comprendre…

Je suis une auteure qui aime la psychologie. J’aime réfléchir au monde qui m’entoure, observer la nature humaine. Mon écriture cherche à divertir bien sûr mais elle cherche aussi toujours à questionner sur la façon dont les hommes et les femmes parviennent à traverser ce parcours toujours complexe qu’est la vie...

Mais une chose est certaine, si mes histoires cherchent à remuer, elles ne sont jamais là pour dire une seule vérité. Parce qu’à mon sens, l’écriture n’est pas là pour donner un avis, ni pour rassurer une partie de l’opinion. Elle est là pour ouvrir une discussion, pour tenter d’élargir un point de vue sur un sujet et contribuer à une réflexion commune qui dépasse son auteur.

En abordant dans « Female » le thème du féminisme, je n’ai jamais cherché à m’attirer la sympathie de telle ou telle partie de la population féminine… ou masculine. J’ai simplement voulu questionner le monde, sur ce qui fait que nous appartenons à tel ou tel genre, sur le besoin que notre société a de classer les personnes dans des communautés toujours plus nombreuses, sur la part de responsabilité de chacun dans la réalisation de son bonheur, quelle que soit la société dans laquelle il vit...

Female, est une fiction, un vrai suspense mais aussi un livre qui, je l'espère,  ouvre une réflexion et une discussion sur des sujets qui sont loin d’être aussi unanimes ou aussi simples que l'on voudrait bien nous le faire croire... 

Je terminerai cet article en vous avouant que je l’ai écrit 2 jours avant le deuxième tour des élections et que c’est en constatant la facilité avec laquelle certaines personnes, publiques ou privées, à la télévision à la radio ou sur les réseaux sociaux, pouvaient se culpabiliser, s’insulter, sans même chercher à échanger ou à argumenter sur le fond, que je me suis rappelée à quel point, à mon modeste niveau d’écrivain, mon ambition était aussi de réveiller les esprits, de les éclairer si possible, mais surtout pas de les juger ni de décider à leur place.
S'informer, discuter et se respecter les uns les autres... n'est ce pas là l'un des grands enjeux pour notre liberté individuelle et pour l'avenir de notre société ? 
 

 

24 Apr 2017

Les mots libres

Parce que les livres sont source de connaissances.

Parce que les livres nous obligent à prendre le temps de la réflexion.

Parce les livres maintiennent la diversité des goûts et des couleurs. 

Parce que les livres nous apprennent à exprimer clairement nos idées.

Parce que les livres nourrissent nos rêves.

Parce que les livres nous permettent d’affronter nos peurs.     

Parce que les livres nous font découvrir d’autres mondes et d’autres cultures.

Parce que les livres nous connectent à des émotions profondes.

Parce que les livres se partagent...

Et pour 1000 autres raisons...

...Les livres ne sont pas qu’un divertissement, ils sont, aujourd'hui plus que jamais, la météo de nos libertés individuelles et de notre capacité à aimer, à nous exprimer, à nous rebeller, à construire des jours meilleurs... 

Alors bonne semaine de lecture ou d'écriture les amis . N'oubliez pas de rester libres...  

17 Apr 2017

Écrire pour les autres, Inspirer les autres

J’ai reçu hier un message de l’un de mes lecteurs, habitant de ma ville et en vacances à l’autre bout du monde, qui m’a particulièrement touchée. Car au travers de quelques mots envoyés par SMS depuis les Antilles, c’est moins un avis qu’une envie que m’a avouée cette personne. Une envie réveillée par la  lecture de mon livre «  Comme un garçon ». L’envie d’écrire.

Or ce n’est pas la première fois qu’en croisant des blogueurs littéraires ou des lecteurs, ceux-ci m’avouent leur secrète envie d’écrire… Alors, me suis-je demandée, pourquoi l’auteur indépendant est-il un si bon confident pour les auteurs en herbe ?

Parce que l’auteur indépendant est accessible
Force est de constater qu'un écrivain reconnu devient immédiatement inaccessible aux yeux du grand public. Qu’il ait écrit une œuvre philosophique ou un roman de gare, dès lors qu’il est édité, l'auteur intègre un cercle professionnel perçu comme fermé aux non initiés. L’auteur indépendant, au contraire, en ne faisant pas officiellement partie du Monde très ( trop ?:) fermé du Livre, reste un artiste encore non étiqueté, un être humain accessible. Face à lui, l’auteur en herbe bénéficie du conseil d’une personne plus expérimentée, sans pour autant craindre un jugement ultime venu d'être supposés supérieurs.

Parce que l’auteur indépendant a réalisé son rêve
Savoir qu’un beau livre que vous avez choisi, acheté, lu et aimé, a été écrit par une personne dont ce n’est a priori pas le métier et qui s’est débrouillée plus ou moins seule pour le publier, ne peut que forcer le respect de ceux qui ont le rêve d’écrire. L’auteur qui fait fi du système, qui, sans attendre l’aval ou le support d’un éditeur, décide d’assumer son écriture en la confrontant au regard du grand public est une source d’inspiration pour les auteurs qui hésitent encore à sauter le pas! 

Personnellement, je me sens très fière et très utile en suscitant chez d’autres l’envie que  des auteurs, pour la plupart inaccessibles, ont réveillée dans mon cœur … Or c’est aussi grâce à la liberté qui existe autour de l’autoédition que ces échanges entre auteurs d’expérience et auteurs en herbe sont possibles... et que des artistes peuvent en aider d’autres à réaliser leur rêves !!  Je ne sais pas vous mais moi, j’adore l’idée ! :)  

10 Apr 2017

Écrire pour faire réagir.

En tant qu’auteur, rien ne m’effraie plus que la réaction apathique d’un lecteur.

Je le dis souvent aux auteurs que j’aide dans leur communication ou dans leur écriture, la question n’est pas de créer un consensus autour de ses livres mais de connecter avec des lecteurs !

On ne peut pas plaire à tout le monde !
Faire réagir, ce n’est pas obligatoirement susciter une réaction positive. Lorsque par exemple mes personnages choquent ou agacent un lecteur à cause de leurs choix amoraux ou de leur faiblesse,  je ne considère pas cela comme un échec, au contraire. Je me dis juste qu’ils ont du aller toucher un endroit gênant, inconfortable. Et je respecte cela. Mon dernier roman « Female » en brouillant les codes sociaux, culturels et en faisant la caricature d’un certain féminisme a pu déranger certains lecteurs … et c’est bien normal ! Lorsque l’on cherche à faire réfléchir sur un sujet qui concerne tout le monde, à remuer des émotions au travers de personnages, on le fait forcément avec un certain point de vue, un certain ressenti. On ne peut alors raisonnablement s’attendre à un cri d’approbation unanime ! :)

L’auteur n’est pas là pour rassurer le lecteur !
Vous connaissez cet air un peu désolé de personnes qui vous aiment bien mais qui ne comprennent pas pourquoi vous avez fait de leur personnage préféré un méchant ou pourquoi vous n’avez pas traité un thème de la façon qu’ils attendaient ? Un retour de lecture peut parfois donner l’impression qu’il faille justifier de l’angle choisi mais il faut savoir accepter de laisser un lecteur avec sa frustration (tant qu’elle n’est pas liée à un défaut majeur dans la construction de l’histoire bien sûr) Quand une lectrice m’a avoué avoir trouvé totalement détestable et amoral mon salarié frustré  de « La Bascule » , je n’ai pas essayé de lui expliquer que cet homme pouvait aussi être la première victime de sa déviance. Quand une lectrice m’a dit avoir détesté l’ambigüité de certains personnages de « Female », je n’ai pas essayé de dissiper sa gêne ou de la rassurer sur ma façon de voir la féminité et la masculinité ...

Écrire c’est remuer ses méninges pour agiter celle des autres. Et si ma volonté n’est jamais de choquer mon lecteur, je préfère de loin le perturber que de ne rien provoquer chez lui…
Et vous les amis ? Que vous en soyez l'auteur ou le lecteur, comment gérez vous les opinions ou les émotions négatives qu'un livre peut faire émerger ?

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