Blog

11 Mar 2019

La femme idéale

Pendant longtemps, j’ai séparé mes vies, celle de mère, celle de femme, celle d’auteure, celle de directrice de com’.  Il y avait, pour moi, une frontière étanche entre ces postures. Des envies et des choix incompatibles. Des métiers et des passions. Une vie publique et une vie privée.

En vieillissant, ces oppositions sont devenues des souffrances qu’il m’a fallu exprimer au travers de ma plume, un malaise qui m’a poussée, en pleine crise de la quarantaine, à changer de vie. Seulement voilà, la vie, pour moi, c’était surtout le boulot.

Lorsque j’ai quitté l’entreprise dans laquelle je travaillais depuis presque vingt ans, et même si je l’ai fait grâce à ma passion pour l’écriture, je n’ai pas tout de suite agi comme une personne libre de suivre ses choix. Certes, je faisais ce que je voulais faire, mais j’étais toujours formatée par 40 ans d’une vie durant laquelle j’avais intégré des « il faut » et des « ce n’est pas assez ». Quarante années durant lesquelles j’avais cherché à être la femme idéale selon moi, une femme indépendante, émancipée par son travail et libre de changer de vie pour réaliser ses rêves. Une femme seule surtout. Enfermée dans sa peur de ne pas y arriver.

Ce que je n’avais pas compris, c’est qu’en agissant comme je l’avais fait, loin de m’être libérée, je m’étais rajoutée un poids, celui de réussir en tant que femme entrepreneure, celui d’avoir pris un risque financier pour ma famille, celui de perdre les repères qui faisaient de moi une femme reconnue, au moins dans son travail.

Durant deux ans j’ai travaillé, j’ai donné tout ce que je pouvais, mes bras, plus que mon cœur.  J’ai avancé malgré tout, écrivant un roman par an, menant mon entreprise, ignorant le boulet à ma cheville, mettant mes doutes sur le compte de mon incompétence, de mon inaptitude à gérer mes émotions.

Le 18 mars 2017, j’ai eu mon accident de voiture, un message venu du ciel qui m’a immobilisée pendant 3 mois. C’est ainsi que je l’ai interprété, loin de me douter des conséquences.

L’année qui a suivi fut la plus difficile depuis longtemps. Une année de remise en question très profonde. Tout ce que j’avais cru trouver ou construire en deux ans filait entre me doigts comme du sable fin. Mes bras ne me servaient plus, ni à consoler, ni à construire. Ma vie avait perdu tout son sens.

C’est de ce vide qu’a pu émerger une nouvelle vision de mon existence. Une vision née du cœur. Celle qui m’a permis d’apprendre à donner et à recevoir plus équitablement. À laisser mon orgueil de côté et à ne plus me réduire à une tâche à accomplir, de préférence en serrant les dents.

Aujourd’hui je construis une nouvelle entreprise, une opportunité qui s’est présentée grâce à mon parcours global, celui de communicante, d’auteure et de dirigeante de booknseries. Mais surtout, je reconstruis ma vie globalement, et non pas seulement ma carrière.

Si je vous raconte cela, c’est parce que, dans le combat que les femmes mènent pour la reconnaissance de leurs droits, il est une partie des règles qui émanent d’un pouvoir construit par les hommes. Faire le choix d’être la femme idéale, d’être à la fois un homme et une femme, est un piège dans lequel je suis tombée, une chute que je pressentais en écrivant mon roman Female.

La parité n’est pas l’égalité. Et si les lois doivent assurer l’égalité des droits individuels, la liberté est une notion qui implique forcément des choix individuels... et l'ouverture de son coeur .

Bonne semaine à tous.....  et rendez-vous à Paris dans 4 jours : )  

04 Mar 2019

Les histoires indés en liberté

C’est en lisant les réponses de Jonathan, du blog littéraire The Book Lovers, à l’interview postée hier sur le blog booknseries (et que je vous recommande chaudement de lire : ) que m’est venue l’idée de cet article. En réponse à ma question sur le mode de sélection de ses lectures, Jonathan a évoqué son goût pour la diversité des histoires proposées par les auteurs indés, et le fait que les livres publiés par certaines maisons d’édition étaient parfois trop formatés.

Effectivement, s’il est bien une chose que permet l’édition indépendante, c’est de ne pas se soucier des modes. En tant qu’auteure indé, je peux  raconter l’histoire que je souhaite ou bien réinventer un genre littéraire, sans que personne ne puisse me reprocher de ne pas rentrer dans les cases ; un luxe que je savoure parfois sans même m’en rendre compte, tant il me semble inconcevable d’être guidé dans le choix de mes histoires… Choisir comme héros le mentor d’un institut de développement personnel totalement dépendant des femmes (Une vie meilleure) , ou une jeune adulte refusant d’adhérer à un féminisme érigé en loi (Female)  ne sont pas des choix communs, ni consensuels. Mais ce sont mes choix, ceux qui ont nourrit ma plume et m’ont permis de raconter une histoire unique.

Malgré cette liberté, il est amusant de voir comme les best-sellers influencent régulièrement les sorties, incitant les auteurs, quels qu’il soient, à écrire des genres « qui marchent », comme s’il y avait une tendance à suivre si l’on souhaitait être édité ou lu.

Romance, feel good, thrillers sanglants, littérature Young Adult, en quelques années, ces genres ont littéralement explosé, présentés comme des incontournables du rayon livre, calibrés pour plaire au plus grand nombre.
En tant que communicante, je comprends l’approche de certaines maisons d’édition, souhaitant surfer sur une demande de livres de grande consommation et répondant à une certaine attente du public. En tant qu’auteure de polars et de suspense, je regrette que ces genres soient souvent extrêmement formatés, ne laissant plus percevoir au lecteur les possibilités infinies que peut offrir la littérature. On ne peut pas réduire un genre à deux auteurs phares, aussi doués soient-il. Et on ne peut pas réduire la littérature à trois genres majeurs, aussi plaisants soient-ils.

Personnellement, je n’écris ni du polar nordique, ni du polar traditionnel, ni du thriller sanglant, et je ne cherche pas à le faire. Ma recette, à moi, est faite d’une grosse dose de suspense et de psychologie, d’émotions, d’un soupçon de polar et de ce qu’il faut d’action. 
Un livre est écrit par un auteur puis édité pour des lecteurs, et non l’inverse. Face à une société de consommation qui nous pousse à l’uniformisation, pourquoi ne pas saisir la chance que constitue la possibilité de s’autoéditer pour entretenir la variété du paysage culturel. Personnellement, et au-delà du succès personnel, savoir que j’y contribue, à ma manière, est une immense satisfaction.    

Et si vous voulez découvrir d’autres auteurs uniques, hors des sentiers battus, passez sur le stand booknseries au Salon Livre Paris ( stand C92 ) . Vous y découvrirez, aux côtés de mes romans, les séries de Chris Simon, un mélange d’humour ango-saxon, de polar, et de psychologie. Ainsi que les Sagas de Manuel Bénétreau, serial-auteur de romans d’aventure, où l’Histoire se mêle souvent aux histoires..

 

source image ; pinterest https://www.pinterest.fr/pin/316800155031561967/

25 Feb 2019

Action ou Frustration

Je ne sais pas vous, mais moi, lorsque j’ai le sentiment d’assister de façon passive à un évènement qui me parait injuste, je me sens à la fois très en colère et totalement frustrée.

Par exemple, hier, j’ai appris la disparition prochaine d’un autre espace vert dans ma commune, au profit de la construction de logements. Sur cet espace, il y a un immense mimosa, certainement là depuis des décennies, d’autres beaux massifs, anciens et magnifiques eux aussi. En l’espace de dix ans, l’entrée de ma ville a été défigurée par une zone industrielle et des lotissements qui ne cessent de détruire la forêt et les espaces verts qui font son charme.

Que ce soit pour la pollution ou pour tout ce qui touche à notre bien-être personnel, je crois que, malheureusement, il y a bien peu à attendre des systèmes en place, et, quand bien même ils seraient à même de penser à des solutions efficaces, comment, en attendant, faire taire cette colère et ce mal-être nés de la frustration, si ce n’est en agissant, chacun à notre échelle?

Alors, allez-vous me dire, qu’est-ce que ça veut dire agir ? Tu ne peux pas lutter seule contre l’air du temps ?

Et bien si justement. Comment ?

En exprimant mon opinion, sans juger et sans crainte d’être jugée. En aidant des associations dont l’action m’interpelle. En identifiant les façons dont je pourrai nourrir mes passions et mes convictions.

Le simple fait d’adopter une nouvelle posture suffit bien souvent à lui donner une réalité.
Il ne s’agit pas ici de convaincre les autres mais de m’affirmer, afin de ne pas avoir le sentiment de passer à côté de ma vie et de mes envies. De ne pas nourrir les frustrations qui me rendent, au mieux, fataliste et, le plus souvent, pessimiste.

Que vous ayez envie de sauver un arbre, d’être lu, de vivre dans un cadre plus agréable, de faire un travail qui ait du sens, d’aider une personne, de découvrir de nouvelles choses, je crois que l’important est d’agir dans ce sens.

Si mon écriture existe, c’est en grande partie parce que j’avais envie de questionner le monde (et moi-même !) sur l’incapacité ou la capacité de l’homme à agir, au lieu de subir.  En nourrissant mon écriture, j’ai nourri mes envies et mes convictions, j’ai trouvé le courage d’affirmer au quotidien les valeurs qui m’ont permis de changer de vie et de me sentir moins en colère.

J’ai agi, à mon humble niveau, pour que ma vie soit plus positive et, surtout, j’y ai remis un vrai sens. C’est un travail long et quotidien, mais je crois qu’il en vaut la peine…

J’ai entendu dire qu’il existe une association de défenseurs des espaces verts de ma commune. Je vais y adhérer.   

18 Feb 2019

Le Suspense est toujours inconfortable

Chaque genre littéraire intègre une caractéristique censée activer une partie spécifique de notre cerveau, provoquant une forme de réponse à une attente silencieuse.
Le roman d’aventure nous sublime, grâce à ses héros.  Les histoires humoristiques, en nous faisant rire, nous poussent à relativiser. Les romans "feel good" nous rassurent quant à l’issue heureuse de notre destin. Le thriller nous fait frissonner en évoquant nos peurs les plus grandes…

Le suspense, quant à lui, présente la particularité de nous placer dans un certain inconfort. Et c’est bien pour cela que je l’ai choisi pour mes romans.  Parce que, la vie, les relations humaines, sont une succession de choix dont l’issue est imprévisible.

On ne sait jamais comment tout cela va finir…
C’est là le secret d’un bon suspense. Tout comme dans l’écriture d’une nouvelle, on installe le lecteur dans des demi-certitudes pour, ensuite, mieux le faire douter. Pas de choix cousus de fil blanc, pas de personnages fiables. Dans un roman à suspense, tout est possible, jusqu’à la dernière page. Lorsque j’écris mes romans, j’ai souvent l’image d’un train dans lequel j’embarque aux côtés de mes les lecteurs. Au-delà de l’intrigue principale, je ne cesse d’imaginer ce que le lecteur peut attendre au virage suivant :  l’idée n’est pas de toujours le surprendre mais de le faire douter de l’issue. Et pour cela, j’ai une arme magique : la psychologie de mes personnages.

Un bon suspense est forcément psychologique
Comment arriver à perdre un lecteur avec de simples faits ? Cela me semble assez difficile. Quel que soit le genre, ce qui permet au lecteur d’anticiper l’issue d'une histoire, réside dans la psychologie des personnages. Un film d’horreur, comme un film catastrophe, peur créer une certaine forme de stress. Mais ce qui fait qu’un Shining, un Gone Girl nous tiennent en haleine, c’est bien les personnages et leur évolution psychologique.  

Le suspense ressemble à ce que nous éprouvons dans les moments les plus excitants de notre vie, ceux où nous sommes confrontés à l’inattendu, ceux où nous prenons des décisions lourdes de conséquences sans savoir ce qui en ressortira. Ces moments où on ne sait qui domine, de la peur ou de l’excitation. Ces moments d’exploration de l’inconnu qui nous font grandir, et, parfois, nous font tomber…

Naya, Denis, Lisa, Yannis, Axel, César … dans chacun de mes héros, il existe une part qui vous ressemble et dont vous vous demanderez où elle vous emmènerait si vous la suiviez, dans les mêmes circonstances.
C’est cela le suspense, un moment haletant, incertain, profondemment humain et, forcément, inconfortable....        

Pour en savoir un peu plus sur mes romans à suspense, rendez-vous sur la rubrique « livre » de ce blog ou venez me rencontrer sur le stand Booknseries C92 au Salon Livre Paris du 15 au 18 mars prochains !

source image : Pinterest https://www.pinterest.fr/pin/207165651595093193/ . Tabouret Plippe Million 

11 Feb 2019

Partager sa passion

Je suis tombée, cette semaine, via Linkedin, sur un auteur qui se plaignait qu’on lui pose toujours la question «  est ce que tu vends bien ? »  plutôt que  « de quoi parle ton livre ? ». Et il est vrai  que, lorsque l’on évoque le métier d’écrivain, la majorité des gens s’interroge d’abord sur le succès, avant de se demander quelles sont nos motivations...  

Mais parfois, la vie nous réserve des moments inattendus. J’en ai encore eu la preuve la semaine dernière.

Je participe régulièrement, en tant que consultante en stratégie de Marque,  à des évènements professionnels organisés dans ma ville. Lorsque je m’y présente, je souligne toujours mon activité d’auteur. La plupart du temps, mes interlocuteurs retiennent cette information sans pousser plus avant la discussion littéraire.

Or, la semaine dernière, voilà que lors d’une soirée, je tombe sur une personne qui, en apprenant ma double profession, élude totalement ma casquette de communicante et se met à me demander le pourquoi du comment de mon écriture.

Comme je n’ai pas besoin de beaucoup pour parler de ma passion :) , je me mets à raconter comment j’ai commencé, ce qui m’inspire, les étapes de construction de mes romans, la participation de booknseries au Salon Livre Paris… L’endroit où nous étions fermant ses portes un quart d’heure plus tard, nous nous sommes simplement quittés, ravis d’avoir partagé ce court moment.
Le lendemain, je me rends à un autre événement professionnel, arrive la pause buffet et là, sur qui est-ce que je tombe ? Mon interlocuteur de la veille ! En me voyant arriver, il dit aux personnes présentes que je suis l’écrivain dont il leur a parlé. Un peu surprise d’être présentée en tant qu’auteur deux fois dans la même journée,je me mêle au petit groupe...
Au bout d’une demi heure, chacun y va de ses remarques et de ses questions : «  Je me demande quelle serait ma motivation intime si j’écrivais un livre ? » « Tu crois que tu pourrais m’aider à organiser mes idées » «  Et comment arrives tu à faire du suspense ?  » … En conclusion, je reçois un compliment qui m’a particulièrement touchée : le fait que je sache parler simplement et clairement de l’écriture et que je la rende accessible à tous.

On dit souvent que la connaissance n’est rien sans la compétence, cette aptitude à  transmettre un vécu autant qu’un savoir. Nul doute que mon besoin de communiquer ma passion est à l’origine de la création de booknseries et de ce blog ! :)

04 Feb 2019

Et puis dans la voiture de papa, y’a papa…

Que ce soit dans le travail que nous produisons ou dans nos relations, bien souvent, par peur de déplaire ou d’échouer, nous sommes tentés de nous comparer à la concurrence, de nous ajuster par rapport à ce que nous pensons être mieux pour l’autre.

Pourtant, il est un facteur incontournable et que l’on oublie bien souvent : c’est toujours le coup de cœur qui fait la différence.

Laissez moi vous raconter une histoire, celle d’un père séparé et de sa petite fille, profitant d’une matinée à la piscine, c'est son week-end de garde, à lui. Il parle des crêpes qu’il lui fera, avec un tas de Nutella  et de la banane, du dessin qu’il faudra faire à papi qui est malade et de maman, qu’il faudra appeler…
La voiture de maman, elle est belle, dit la fillette.  Oui, répond le papa, elle est grande… Et puis on peut mettre la musique… Oui, c’est sûr, renchérit le père, soucieux de ne pas critiquer son ex-épouse, la voiture de maman, elle est mieux que celle de papa. Certainement habituée à ménager la susceptibilité de ses parents, la petite marque un temps d'arrêt puis se reprend, affirmant qu’elle aime aussi la voiture de son père. De sa petite voix, elle commence à énumérer les avantages relatifs du vieux break que je découvrirai plus tard sur le parking... Son père sourit, attendri, et finit par l’arrêter en lui disant gentiment : et puis, dans la voiture de papa, y’a papa…

Hé oui. Dans ce que l’on aime, il y a bien sûr des arguments objectifs mais il y a aussi, ceux, plus importants, qui viennent du contexte humain.

Que ce soit en écrivant des livres, en rassemblant des lecteurs et des auteurs autour de booknseries, ou en exerçant mon métier de consultante, je ne passe pas mon temps à me demander ce qui manque à mon roman ou à mon entreprise pour qu’ils soient au niveau de tel best seller ou à l'image de tel concurrent. Non, je me concentre d’abord sur ce qui les rend plus riches et uniques. Sur ce qui fait que moi et aucune autre personne ne pourrait faire les choses de la même manière. Mes aspirations, ma personnalité, ma façon de travailler, les gens qui m’entourent, mon parcours… Car c’est là que se trouve le cœur. C’est là que se nourrit cette motivation contagieuse et que grandit ce cercle vertueux qui fait que nous attirons ceux avec qui nous partageons les mêmes valeurs.

Alors, qui que vous soyez, quoi que vous entrepreniez, n’oubliez pas, à la fin de la journée, c’est toujours le cœur qui choisit, et ce qu'il choisira, c'est vous.

Bonne semaine à tous ! 

Source image Pinterest : https://www.pinterest.fr/pin/644577765393311058/

28 Jan 2019

Un dimanche à la piscine …

Aujourd’hui à la piscine,  il y avait foule.

Résolutions de début d’année, familles en mal d’activités, tout le monde avait bravé le vent d’ouest et s’était motivé pour aller tremper dans le bassin chloré.

Moi, je suis là toutes les semaines, en solitaire, vieille de la vieille, répertoriée parmi les habitués.

Auteure infiltrée, j’aime m’amuser à les observer.

Le type au bonnet blanc, crawlant comme un secouriste, tout en envoyant ses bras armés de paluches dans la tête de nageurs pacifistes.

Le jeune couple, mains soudées, explorant les lieux en siamois, sans jamais se lâcher.

Les bonnes copines du cours d’aquagym qui, entre  bassin et  douches, se confient leurs divorces, leurs bobos et des histoires qui me touchent.

Le petit garçon, au bout de la perche du maitre nageur, claquant des dents, sous le regard attendri de sa maman.

L'ex moniteur, entre deux âges, qui, l’air de rien, fait connaissance en donnant des conseils aux jeunes filles sages .

Le sportif, un peu inquiétant, qui dans la buée du Hammam, sculpte son corps en expirant .

Le père un peu gêné, accompagnant sa petite fille dans les douches collectives, juste à côté du  panneau indiquant « réservé aux filles ».

Les sexagénaires qui, dans la chaleur du sauna, commentent l’actualité sans filtre et sans penser que certains pourraient en être blessés. 

Tout ce petit monde, moi y compris, réduit à une certaine égalité, celle imposée par le moulant du maillot et la marque des lunettes au milieu du nez.

L’auteure que je suis adore y plonger pour y pêcher des idées…  ;) 

 

Source image : https://www.pinterest.fr/pin/315181673912665684  / Life magazine 

 

21 Jan 2019

Le plus dur, ce sont les anniversaires ...

Avez vous remarqué comme Facebook nous pousse, sans cesse, à nous retourner sur le passé pour en célébrer chaque date anniversaire ?  Rencontres, souvenirs de vacances, première surprise partie (là j’exagère un peu)… Je suis certaine que vous avez tous vu passer la récente activité consistant à parler au soi d’il y a 10 ans, tout en postant une photo avant – après … Quel est l’objectif d’un tel exercice ? Être contraint de se réjouir des rides et du chemin parcouru,  ou passer son tour ? Un peu cruel comme jeu, non ?

Et pourtant, pour la plupart d’entre nous, il est toujours difficile de résister à l’envie de se retourner, de faire le point, de replonger dans le passé, comme dans un bouillon savoureux dont le piquant fait parfois monter les larmes aux yeux.

Eternelle nostalgique du cool (comme le disait si bien Monsieur M Chédid), j’ai toujours tendance à célébrer, mentalement, chacun de mes souvenirs, à mesurer leur empreinte grâce à l’échelle de cette première année fatidique, celle qui permet de se dire que l’on a survécu à cela. Musique, carnets de notes, photos, écriture de livres entiers… images figées dans ma tête en même temps que les émotions au creux de ma chair... Non, vraiment, le plus dur, ce n’est pas de passer au travers de la vie. Le plus dur, ce sont les anniversaires.

J’avais, il  y a plus d’un an, relaté ici un exercice donné en classe à l’un de mes fils et où il devait imaginer ce que lui dirait son moi « de dans dix ans ».  Du coup, ce matin, je me demande si  finalement, les anniversaires ne devraient pas, à l’image de celui de nos 18 ans, marquer plus souvent le début de quelque chose, plutôt que la célébration du passé.

Je me suis amusée à imaginer ce que je voulais fêter dans un an. Il y aura, dans le désordre, deux voyages, un nouveau livre, de l’amour et de l’amitié en pagaille, de la réussite dans le projet professionnel que je suis en train d’entreprendre et une Laure dont j’aurai envie d’être la meilleure pote… et, surtout, une nana qui n’aura plus du tout peur de ce qu’elle sera dans un an.  

Et vous ?  Qu’allez vous célébrer ici, dans un an, sur cette page ?

source image : Pinterest /  http://emotion-off.tumblr.com/post/106006852143

14 Jan 2019

Massage, Confiance et Écriture

Je le dis souvent, l’écriture est un moyen d’exprimer, bien souvent à mon insu, les choses que je ne parviens pas à formuler, même à moi même… je l’ai vérifié une fois de plus ce week-end.

C’est en profitant d’un massage offert pour mon anniversaire que m’est soudainement apparu le thème principal de mon roman en cours, un thème récurrent dans mon écriture mais qui, cette fois, est réellement au cœur du trajet de mon héroïne.

La confiance.    

Totalement détendue, entre les mains d’une parfaite étrangère, je me suis dit qu’il était vraiment étrange qu’une personne aussi pudique et aussi soucieuse de protéger son intimité que moi, puisse se laisser aller aussi facilement - et en petite tenue ! - avec une inconnue !

Et puis j’ai réfléchi…  Et j’ai réalisé que c’était parce qu’il n’y avait aucun enjeu, aucune parole, aucune suite à donner à cette parenthèse : bref, que je ne me sentais pas en danger.  On peut, sur un concours de circonstances, accorder une totale confiance à une personne, partager un moment de joie ou les doutes les plus grands… Le contexte aide à se construire une posture protectrice. Mais ouvrir son cœur, totalement et sans peur, requiert du courage, et d’avoir confiance en soi.

C’est de cela que parle mon prochain roman, de ce phénomène qui fait que l’on se rapproche irrésistiblement des autres, par hasard, par plaisir, par désir, tout en craignant d’être mis à nu. De ce paradoxe qui consiste à vouloir être aimé tel que l’on est, tout en ne s’aimant pas soi-même ; à vouloir être soi-même, tout en voulant ressembler à l’autre. De ce chemin vers les autres qui nous ramène sans cesse à nous-mêmes.

Avoir confiance, c’est savoir donner et recevoir. C’est dire ce que l’on ressent et pas seulement ce que l’on fait. C’est dire ce que l’on pense, sans se sentir coupable. C’est laisser l’autre faire ses choix, sans toujours être impliqué.

Je crois que l’on ne peut baisser la garde et laisser entrer certaines personnes dans le fond de ses pensées sans s’être d’abord réconcilié avec soi-même. Chacun y travaille à sa façon. Quant à moi, il semblerait que l’écriture soit l’un des meilleurs moyens que j’aie trouvé pour y parvenir ! 

Bonne semaine les amis ! Et n'oubliez pas de vous faire confiance ! ;)

image source : Pinterest : https://www.pinterest.fr/pin/359021401517629704/

24 Dec 2018

PENSÉES DE NOËL...

Un Noël pour se retrouver, 
Un Noël pour se séparer, 
Un Noël entre deux avions,
Un Noël au balcon,

Premier Sapin à deux, 
Premier Noël à trois, 
Premier Noël sans eux, 
Dernier Noël avec toi,

Cadeaux cachés pour les tous petits, 
L’occasion de faire des bises aux mamies et aux papis, 
Noël plus soudés que jamais, face à l’adversité. 
Noël comme un soir à laisser filer, un mauvais moment à passer.

Noël pour tous, lumineux, omniprésent, 
Un moment à vivre d’abord pour soi, pour la fragilité de l’instant.

Je pense à vous tous mes amis, et, où que vous soyez, vous souhaite de douces fêtes de fin d'année 

track