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22 Jul 2019

Plume dans le sable, réflexions estivales, i dolce vita

Je ne sais pas vous, mais à une semaine de mon break annuel, je commence à sentir dans l’air ce petit avant-goût de décontraction qui précède les vacances d’été.

Pour moi, l’été est un moment particulier. Un moment pour faire une pause totale, sans ordinateur. Pour ne penser à rien ( ou presque ... on ne se refait pas :) et lire beaucoup. Pour jeter un bref coup d’œil dans le rétroviseur aussi. Un an depuis mes vacances à Corfou. Depuis il y a eu un nouveau roman, la découverte de nouveaux amis, la disparition de certains aussi, la création d’une entreprise, la majorité de mon fils, la maladie de proches, leur guérison (merci !) … Un nouvel été après une année mouvementée, sans congés mais palpitante et pleine de nouveaux espoirs. Une année qui, une fois de plus, m’a rapprochée de moi-même et de mes aspirations.

Il n’est pas toujours facile de continuer à croire en soi et en ses rêves mais je crois que tout ce que l’on fait pour garder le cap est un indice que l’on envoie à l’univers pour que les choses avancent dans le bon sens.

Quitter l’entreprise où je travaillais depuis 18 ans, me consacrer à l’écriture, faire du développement personnel ont été des démarches progressives mais inéluctables. Aujourd’hui je sais que j’ai le pouvoir de créer mon bonheur si je le souhaite. Il faut simplement y croire vraiment et travailler pour.

Je l’ai déjà dit une fois je crois sur les réseaux, j’adore l’Italie et mon rêve serait de posséder une villa en Sicile pour aller y écrire mes romans quelques semaines par an et y accueillir ma famille et mes amis. Comme je veux que ce rêve se réalise, j’ai commencé cette semaine à apprendre l’Italien via une méthode sur internet. Amoureuse des langues et particulièrement de celle-ci, j’ai décidé de me faire ce cadeau, tout en envoyant au ciel et à mon destin un petit signe.

J’aime cette idée que l’on sème ce que l’on est pour le vivre et que chaque année amène son lot de meilleur.

Mais en attendant que cette nouvelle plante ne pousse, je vais aller me mettre au vert moi aussi et recharger les batteries avant la rentrée :)

Et vous ? Est-ce que vous partez vous reposer ? Et qu’avez-vous décidé de semer pour vous cet été ?

15 Jul 2019

Auteur cherche Succès

Ce week-end j’ai été voir Yesterday au cinéma, l’histoire d’un jeune homme dont la carrière de chanteur est au point mort lorsque, suite à un accident survenu lors d’une étrange panne d’électricité, il se réveille en étant le seul à se souvenir que les Beatles ont existé.

En dehors du film en lui-même, un vrai rayon de soleil bourré d’humour et d’émotions que je vous recommande vivement, le dilemme vécu par le héros m’a fait réfléchir à ce que pouvait être la reconnaissance artistique dans un monde où la réussite passe par le succès.

Que valent les chansons des Beatles chantées par un autre qu’eux ? Que vaut le succès artistique s’il est porté par un mensonge ?  

Imaginez les œuvres de Sagan ou bien les poèmes de Paul Eluard totalement effacés de nos mémoires… celui qui s’en souviendrait aurait de l’or entre ses mains, n’est-ce pas ? Pourtant, oserait-il s’en servir pour obtenir la reconnaissance tant attendue ? Et s’il s’en servait, aurait-il le même succès que l’original ?
Si la première question fait appel à notre sens de l’honnêteté - je vous entend déjà me dire : non, jamais quelqu’un ne prendrait l’œuvre d’un autre, surtout si c’est un artiste ! - la seconde nous amène à réfléchir à cette chose impalpable qui fait qu’une œuvre d’art est, à un moment donné, reconnue. Contexte social, rencontre avec les lecteurs, engouement de prescripteurs, attitude de l’auteur, effet de mode… Malgré les efforts des éditeurs, la naissance d’un bestseller est bien souvent autant le fruit d’une alchimie peu maitrisable, que d’une sélection orchestrée avec soin par des professionnels.

Ce film m’a aussi mise face à l’absurdité du succès, tel qu’on a tendance à le voir au quotidien, et au manque de nuances autour de ce qui fait la réussite des uns et des autres, de la notion d’accomplissement aussi. Finalement, face au succès, on pourrait dire qu’il existe quatre grandes catégories de personnes.
Celles qui cherchent le succès : elles ne sont pas critiquables et les moyens qu’elles emploient pour y arriver, s’ils ne nuisent volontairement à personne, ne le sont pas plus.
Celles qui cherchent d’abord à s’accomplir : elles ne chercheront pas forcément le succès mais le rencontreront peut-être.
Celles qui ont envie : si elles n’agissent pas ou ne persistent pas, elles prennent le risque de connaitre la frustration.
Celles qui ne pensent pas à la réussite et vivent très bien ainsi.

Il est très important, me semble-t-il, dans un monde où le succès est dans toutes les bouches, aussi fulgurant qu’éphémère, de savoir qui l’on est et comment on se positionne face à sa créativité. De savoir ce que l’on met dans sa réussite. D’être honnête face à ses ambitions et de savoir mesurer honnêtement les efforts fournis.

Même si je sais que l’écriture doit passer par une certaine notoriété pour être considérée comme légitime, j’écris avant tout pour partager mes histoires avec de plus en plus de lecteurs et pour devenir plus juste dans l’expression de mes idées. Cela fait bientôt 9 ans que j’écris, six que je me promeus et, même si je n’abandonne pas l’idée de sortir un jour du lot, je trouve sincèrement déjà extraordinaire de vendre mes romans à de plus en plus de lecteurs et d’avoir conservé intacte mon envie de raconter des histoires.

Peut-être certains ne trouveront-il pas cela très ambitieux. Pour ma part je considère que chacun a son chemin et que, seuls les regrets, sont à éviter.

Je vous souhaite une belle semaine, pleine de réussite ;)   

 

 

photo source : https://www.pinterest.fr/pin/336151559678902102/

08 Jul 2019

Le chat de l’écrivain

Demain mon chat aura deux ans. Deux ans que cette petite bête (de 6kg quand même ! :) est venue frapper à la porte de mon esprit et ce, alors que je ne savais même pas qu’elle existait. Je l’ai adopté 4 mois plus tard, en novembre 2017, le temps pour moi de me convaincre que ce besoin, si soudain, n’était pas une lubie. Le temps d’admettre que la fille qui disait qu’il fallait arrêter avec la « passion chaton » et qui, dans un de ses romans, avait même fait dire à l’un de ses personnages qu’il fallait se méfier des femmes à chats, était bien la même qui, aujourd’hui, n’envisageait plus sa vie sans une boule de poils à ses côtés. Le temps qu'il croise ma route aussi. Dès que je l'ai vu, je l'ai reconnu et j'ai pris ma décision en moins de 24 heures. 

Car Neko n’est pas entré dans ma vie par hasard. Je l’ai déjà écrit ici, je suis convaincue que les animaux, comme les hommes, viennent à nous dans un but précis. À nous de choisir de le voir ou de l’ignorer.
Neko est venu à moi pendant une période difficile, un moment de grande solitude et de souffrance où il me semblait, de façon assez égoïste, je l’avoue, que la présence silencieuse de ce petit être, pourtant très indépendant, m’apporterait la douceur dont j’avais besoin et m’aiderait à prendre une certaine distance avec des préoccupations trop humaines.

Je crois que Neko a fait partie des évènements qui m’ont appris à accepter le changement de paradigme qui commençait à opérer en moi. Adopter Neko, c’était comme accepter d’écouter une petite voix qui me ramenait à la petite fille que j’étais il y a longtemps. Celle qui parlait à son chien et lui confiait tous ses secrets, allongée à ses côtés. En faisant entrer Neko dans ma vie, j’ai accepté d'ouvrir une porte, d’afficher ma sensibilité, de montrer que j’ai un petit cœur qui bat pour les chatons, même si c’est un peu gnangnan. En accueillant Neko, j’ai aussi permis que naisse, au cœur de mon foyer, une nouvelle forme de partage enrichissante, entre les hommes et les animaux. 

Cela vous fait peut-être sourire mais cette rencontre m’a tellement marquée qu’elle m’a amenée, non seulement à faire jouer mon chat dans mon dernier roman, Playlist, mais surtout, pour la première fois depuis que j’écris, à y faire figurer un enfant et à décrire les relations qui unissent une mère et son fils. Comme si je m’étais enfin arrogée le droit de plonger ma plume dans des sentiments que je jugeais jusqu’ici trop intimes, trop… féminins ?  

Bref, si je vous raconte tout ça aujourd’hui, c’est parce que je veux partager avec vous cette idée que la vie est un mouvement permanent et que changer d’avis ou prendre des décisions inattendues, même lorsqu'elles semblent anodines, fait partie de ce que nous sommes censés devenir. Alors Merci Neko, de m’avoir appris à être plus douce avec moi-même et avec les autres et à faire renaître des émotions que j'avais enfouies.

Bon presque qu’anniversaire mon petit gros chaton d'amour  <3 !!

01 Jul 2019

Plus que des mots.

Il est parfois difficile de dire ce que l’on a dans la tête. De sortir les mots qui collent avec les émotions que nos tripes ont nourries. Et même lorsque l’on est auteur, écrire n’est pas toujours une preuve d’honnêteté envers soi-même, tant il est difficile de laisser émerger ses sentiments sous une forme décente, lisible par tous.

C’est en relisant les extraits sélectionnés par Jonathan du blog The book lovers dans sa chronique autour de mon roman Playlist,( à retrouver ici ) que j’ai réalisé à quel point ce livre avait pris racine dans l’idée que la parole est trop souvent dénuée de sens. Lorsque l’on parle pour ne rien dire. Que l’on parle sans écouter l’autre. Que l’on parle au lieu d’agir. Que l’on choisit certains mots, à la place de ceux que hurlent notre cœur.

L’héroïne de mon dernier roman, est une femme pour qui la parole a plus de sens et de poids que pour la plupart des gens. Sa vie l’a faite basculer dans un monde où les mots ne sont plus un objet usuel, avec lequel on jongle sans y penser, mais un bien précieux, dont il faut prendre soin et qu’il convient d’utiliser avec parcimonie.
Une vision que je souhaitais partager.

En tant qu’auteure, je me sers de ma plume comme d’une prise Jack, directement branchée à mes émotions.
Parfois le cerveau vient y faire des interférences, ramenant sa dose de filtres et de raison mais, la plupart du temps, j’essaie d’être fidèle à cette voix inaudible, à ce muscle qui, sans prévenir, s’arrête ou bien se met à battre un peu plus vite, au contact de la vie.

On me dit souvent que mon écriture n’a pas de « gras » et je le prends comme un compliment, convaincue que les silences ont autant d’importance que les mots et que de ne pas trop en dire est une façon de laisser la place à l’imagination du lecteur...

J’espère que Playlist laissera à vos idées toute la place de s’exprimer, tout en vous faisant voyager sur le siège passager de ma Lola…

 

24 Jun 2019

La vie d’auteur est pleine de surprises

Vous l’avez peut-être vu sur ma page la semaine dernière : en rentrant de rendez-vous, j’ai surpris mon fils ainé, lisant mon dernier roman.
Je mentirais si je ne disais pas à quel point ce fût un choc pour moi, et ce pour plusieurs raisons, dont la dernière m’est apparue hier soir, en discutant avec lui.

Pour ceux qui écrivent, vous savez quelle impression cela fait d’être lu par des êtres chers. Pour les autres, et comme l’a si bien souligné mon ami auteur Charlie Bregman sous mon post, il est un fait avéré que, le plus souvent, les personnes les plus proches des auteurs ont beaucoup de mal à les lire. Peur de découvrir une facette de leur personnalité ou, au contraire, de ne rien découvrir ? Je ne saurais l’expliquer, ni eux non plus d’ailleurs je crois mais, personnellement, il a fallu beaucoup de temps à une grande partie de mon entourage pour accepter de devenir mes lecteurs ou tout simplement de parler du fait que j’écrivais. Pour ce qui est de mes enfants, outre leur âge qui, pendant quelques années ne leur permettait pas de me lire, je n’aurais jamais cru pouvoir les surprendre plongés dans l’un de mes livres sans ma recommandation, ni avant quelques années, et surtout pas dans celui-là.

Cette première marque d’intérêt spontanée m’a ainsi profondément touchée, en tant que mère, en tant qu’artiste, en tant que personne. Car, si vous ne le saviez pas encore, pour un auteur, être lu, surtout par une personne aimée, une marque d’intérêt et d’amour très importante.     

La deuxième joie est venue du fait que mon fils en était alors déjà à la moitié du livre et m’a dit être très « entertainé » ( ce sont ses termes :), comprendre « captivé ») par l’histoire ; il en était arrivé à l’endroit où le road trip bascule et se gardait la seconde moitié pour une autre session de lecture. Là encore, comment ne pas se réjouir du fait qu’il ait eu envie de tourner les pages de mon livre sans le poser ?
Restait à savoir s’il allait effectivement le terminer et surtout, ce qu’il en penserait.

La réponse est arrivée hier soir, quand je suis rentrée d’un week-end où il était resté seul à la maison pour fêter la fin du bac et qu’il est arrivé vers moi, le livre à la main. J’ai terminé, m’a t-il dit !  Il me souriait et moi, un peu stressée, je me demandais déjà s’il avait aimé. C’est vraiment bien, a t-il ajouté, alors que mon cœur battait un peu plus fort.    
Playlist est une histoire de femmes, une histoire de vie et de virages ratés, de quête de sens et d’identité dont l’héroïne est une quarantenaire. Autant vous dire que je n’étais pas certaine d’avoir fait mouche ! Eh bien je me trompais. Et Lorsque je lui ai demandé ce qu’il avait aimé, il m’a répondu que les personnages avaient des questionnements, des doutes et une sensibilité qui lui parlaient et que c’est cela, au-delà du suspense, qui lui avait donné envie d’aller au bout.

Ça alors ! me suis-je dit ! Moi qui pensais que mon lectorat devait forcément avoir du vécu pour rentrer dans les névroses de mes personnages ! :)
Et puis j’ai réfléchi. Comme je le disais il y a quelques temps lors d’une discussion sur  facebook, mes héros sont des filles et des garçons, pas des hommes et des femmes. Ils sont parfois aimables, parfois durs, souvent en difficulté mais ils sont toujours en mouvement. Ils espèrent, ils vibrent et ils se démènent. Peut-être est-ce cela qui lui a parlé et a gommé les différences d’âge ou de vécu ?

En tous cas cet épisode m’a appris deux choses : la première est que la sortie d’un nouveau roman apporte toujours son lot de surprises, même quand il s’agit du septième ! La seconde est que mes lecteurs ne sont pas forcément là où je les imagine et que je saurai me souvenir de cette expérience pour oser proposer mes livres à une personne qui, pourtant, ne me semblerait pas avoir le profil de mon lectorat.

Bonne semaine les amis et ne cessez pas de croire aux bonnes surprises que nous fait la vie ! :) 

10 Jun 2019

Histoire d’un Roadtrip

Qui n’a jamais rêvé de prendre la route sur un coup de tête ? D’emballer quelques affaires et de partir pour échapper quelques jours au quotidien ? Qui n’a jamais, l’espace d’une seconde, songé à laisser passer une sortie d’autoroute pour continuer tout droit, vers une destination lointaine, indiquée sur un panneau ?
Moi oui. Lorsque ma vie perd un peu de son sens ou que les choix qu’elle m’impose sont compliqués. Au volant de ma voiture, musique à plein régime, j’ai ce sentiment furtif qu’en partant au hasard des routes, je pourrais tout réinventer.

La reconquête de la liberté, symbolisée par la route, voilà l’esprit du roadtrip. Voilà l’esprit de mon dernier roman, Playlist, qui embarque mon héroïne dans un voyage improvisé sur les routes de France, du Nord au sud, en passant par Saint Malo et Bordeaux, aux côtés d’une mystérieuse auto-stoppeuse.  

S’extirper de son quotidien et laisser les rencontres et le hasard guider ses pas vers des choix salvateurs fait partie du mythe du roadtrip. La route est alors une page blanche, pleine d’espoir, une ouverture vers le monde...  

Pourtant, notamment dans son adaptation cinématographique, le roadmovie a plutôt tendance mal finir. ( Thelma et Louise, Sailor et Lula… ) Pourquoi ? Parce que le roadtrip n’est pas qu’un chemin, il est aussi une expérience, dont l’origine est souvent une fuite. Fuite de soi-même, fuite de son environnement… Et c’est à cet autre titre qu’il m’intéresse en tant qu’auteur.
Le roadtrip est certes une quête de bonheur mais dans laquelle le héros amène, parfois sans s’en rendre compte, tous ses bagages psychologiques, en un mot, son passé. Si la route est une ouverture, le véhicule est un bocal dans lequel sont enfermés ses peurs, ses doutes et tout ce qui l’a poussé à partir. Le roadtrip se transforme alors en un huis-clos, avec une obligation pour ses passagers de se confronter les uns aux autres et à ceux qu’ils croisent au hasard de leur chemin, sans pouvoir fuir cette fois...

Lola, mon héroïne, est une femme que la vie a malmenée. Qui s’est maltraitée aussi. Lorsque Babeth entre dans sa vie et lui propose de partir sur les routes, elle y voit un espoir, en même temps qu’une folie. Elle a peur et pourtant, elle fuit, guidée par une petite voix qui lui dit qu’il est temps de bouger physiquement pour que les choses changent dans sa tête et dans sa vie… Mais quel passé Lola amène-t-elle dans ses bagages ? Et qui est  Babeth, cette jeune femme qui semble vouloir fuir autant qu’elle ?

Pour le savoir, il faudra encore attendre quelques jours et la sortie de mon roman Playlist  !

Bon Lundi férié les amis :)

27 May 2019

Une histoire de rencontre

Je n’ai pas encore définitivement fixé la date de sortie de mon prochain roman, Playlist, mais, comme je sais qu’elle aura lieu mi-juin au plus tard, j’ai décidé de vous en livrer le pitch, en illustration de cet article, et de vous parler de l’un des thèmes qu’il aborde : celui de la rencontre.

Playlist, c’est une histoire de rencontre, entre deux destins, entre deux femmes, qui, une minute plus tôt, vivaient dans deux mondes séparés.

Pourquoi ce thème de la rencontre fortuite comme point de départ ?

Pour deux raisons principalement.  

La première, plus littéraire, est liée à la place qu’elle laisse à la découverte des personnages. Ceux qui me lisent le savent, ils sont à la fois le centre de mes écrits et le cœur de mes intrigues. Proposer au lecteur de mettre face à face deux inconnues, non seulement vis-à-vis de lui mais aussi entre elles, m’a permis faire une place encore plus belle au suspense. Qui sont ces deux femmes ? Qu’est ce qui les attire l’une vers l’autre ? Pourquoi régissent-elles ainsi ? Autant de questions autour desquelles que le lecteur va s’interroger et qui, je l’espère, lui donneront encore plus envie de connaitre les réponses  et l’issue de cette aventure.

La seconde raison est plus personnelle. J’avais déjà abordé cette idée sous un autre angle dans mon roman Le fauteuil de César, en montrant cet effet miroir que crée la relation à l’autre, les fameuses amitiés compensatoires. Dans Playlist, il s’agit plutôt de voir comment une rencontre, quelle qu’elle soit, nous renvoie toujours à nous-mêmes, et ce même lorsqu’elle est fortuite. Si nous avançons dans la vie, c’est aussi parce que nous pouvons mesurer notre aptitude à aimer, à faire confiance, à écouter, à nous battre pour ou contre quelqu’un… C’est en vivant des relations que nous nous savons quel être vivant nous sommes. En tous cas c’est ce que je crois.

Alors voilà, Playlist, c’est une roadstory (oui ! après tout il y a bien des roadmovies, non ?) qui s’articule autour de cette rencontre entre Lola et Babeth. Pour mieux les connaitre et savoir où la route les mènera, il faudra tout simplement le lire ! ;)

En attendant, et pour vous faire patienter, je vous donne rendez-vous jeudi 30 pour découvrir sa couverture. 

Bon début de semaine à tous !      

13 May 2019

Polar style

Samedi dernier, j’avais la chance d’être pour la première fois invitée en tant qu’auteure au salon Polar entre deux mers, un évènement organisé et orchestré de main de maître par les 3 drôles de dames de l’association Les Psychopathes du polar, la Librairie Lacoste de Mont de Marsan et une bande de bénévoles exceptionnels. Une expérience nouvelle dans ma vie d’auteur. La première fois que j’étais reçue avec autant d’attention et parmi une liste d’invités de renom, des vieux de la vieille, des auteurs polar pur jus.

L’occasion de découvrir de près un univers de passionnés. Les amoureux du genre polar. D’un côté, des lecteurs fans d’un style très noir et de leurs auteurs, parfois autant que s’il s’agissait de stars de la scène rock. De l’autre, des écrivains au style décontracté, très souriants, volubiles, à l’opposé de la noirceur de leurs écrits.

Si j’ai choisi le suspense et le roman noir, c’est parce qu’il correspondait à mon envie d’écrire sur le monde contemporain, à mon style littéraire, à mes héros. Je ne pensais pas qu’il était aussi lié à ma personnalité d’auteur. Samedi dernier, mon sentiment d’être un peu schizophrène s’est totalement envolé à la vue de ces personnes si joviales et à la plume si noire. Déposer une partie de ses pensées sur le papier, laisser les autres vivre à l’air libre. Une façon de réconcilier les différents pans d’un même individu.

Je n’ai malheureusement pas eu le temps de rencontrer tout le monde, intimidée, aussi, je l’avoue, à l’idée de parler écriture avec un auteur nationalement connu et dont j’admire la plume. Mais j’ai fait un tas de belles rencontres, notamment avec les organisateurs de ce salon, des personnes être à la fois simples et professionnelles, auprès desquelles il fait bon vivre.  

Mesdames et Messieurs les psychopathes, auteurs, lecteurs, organisateurs, merci pour tout, du fond du cœur et, surtout, ne changez rien !

06 May 2019

Créer, c'est apprendre pour soi.

J’ai eu hier une longue discussion avec mon fils aîné de 18 ans, au sujet de la façon dont il voit ses études, sa vie, ses envies.

Bac, concours, permis de conduire, formalités administratives, tout s’était mélangé dans sa tête pour créer une boule de non-sens. Et puis soudain, au milieu de la discussion, il avoue que, sans pour autant avoir l’impression de subir un stress quotidien important, il a tellement d’obligations qui tournent dans la tête, qu’il n’arrive pas à prendre du temps pour se consacrer à des activités créatives ou des loisirs nourrissants. À faire et apprendre des choses qui auraient un sens pour LUI, maintenant.

Ingurgiter de l’information, savoir, comprendre, travailler, sont des choses qui perdent peu à peu de leur sens si elles ne génèrent aucune créativité.

Notre cerveau, rempli d’obligations, ne pense plus qu’à décompresser passivement et oublie de garder un peu de temps et d’énergie pour créer, pour se régénérer dans le plaisir de la construction de projets personnels. 
Et je ne parle pas ici uniquement d’art. Je parle de produire une chose qui n’appartienne qu’à soi. De fabriquer, d'inventer en étant totalement soi, sans directives, sans pression, sans obligation, et avec plaisir.    

La créativité est essentielle pour l’être humain, pour son épanouissement, pour sa confiance. Ne pas prendre le temps de l’entretenir, c’est risquer de la perdre, de se perdre et de perdre le sens de son existence.

Passionné par le RAP américain, mon fils voudrait composer des morceaux avec son ordinateur. J’espère qu’il a compris que de consacrer du temps à cela n’était pas du temps volé, ni une obligation supplémentaire de réussite mais une occasion précieuse d’apprendre à cultiver sa personnalité et de se laisser pousser les envies ….

Bon lundi à tous !

 

29 Apr 2019

La fille écrit ...

La fille, c’est moi. C’est comme ça que je me vois. C’est aussi comme ça que je me nomme souvent, à la troisième personne, en plaisantant. La fille est speed, la fille croit qu’elle va s’en sortir, la fille fait sa fille…

Mais les mots sont importants, révélateurs surtout.  

C’est en écoutant Catherine Deneuve dire d’elle-même qu’elle se sentait plus fille que femme, que l’idée que je n’utilisais pas ce mot par hasard m’est apparue. Car être une fille et être une femme, ce n’est pas pareil.

Être femme implique une vision de soi-même que je ne pense pas avoir.  Féministe, mère ou fatale, la femme a totalement assumé sa position sociale, sa sexualité aussi, tandis que la fille, elle, ne cherche pas à prendre une place en particulier, notamment vis-à-vis des hommes. Elle évolue, autant à la découverte d’elle-même que des autres.    

Être une fille, selon moi, c’est aussi garder un certain mouvement, propre à l’enfance. L’idée que l’on puisse encore rêver à des choses utopiques, s’insurger face à ce qui nous semble injuste, agir avec l’impulsion du moment, au risque de s’attirer des regards condescendants.

Enfin, être une fille, je crois que c’est vivre en lien constant avec ses ressentis, comme s’ils dirigeaient notre vie ; ne jamais parvenir à apprendre cette distance, propre aux adultes, celle qui permet à un bon nombre d’entre nous d’avancer dans la vie sans être perturbé par un flot d’émotions quotidiennes.

J’ai essayé d’être une femme, peut-être le suis-je devenue ?  En tous cas c’est en fille que je me vois, au-delà de l’âge, de la profession ou de la maternité.

Et c’est la fille qui parle au travers de mes héroïnes, des femmes dont le profil peut sembler à la fois si dur et si fragile. Qu’elles aient 18, 30 ou 40 ans, elles sont restées des filles, en proie à des doutes d’adolescentes, à des rêves d’une vie meilleure, le cœur brisé à l’idée de devoir devenir une chose formatée jusqu’à la fin de leurs jours ou d’avoir renoncé à leur enfant intérieur.

Lola est la dernière d’entre elles. J’ai hâte de vous la présenter …

    

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