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24 Jul 2017

Des romans noirs et des sentiments

«  Contrairement à ce que les gens pensent, l’élément le plus important du thriller n’est ni la violence, ni la haine , ni le crime : c’est l’amour . » C’est en feuilletant le dernier numéro de l’excellente revue Sang-froid que cette pensée d’Harlan Coben m’a sautée au visage.

Oui, ai-je pensé. On targue souvent les romans à suspense, les polars ou les thrillers de romans noirs et déprimants mais, personnellement, je trouve que les plus beaux sentiments, les plus complexes, se trouvent dans les drames.

Je suis auteur de romans noirs, de suspenses, de polars, pourtant je n’ai pas l’impression de me rouler dans le crime, le sang ou le malheur.  Car écrire du « noir » n’a, selon moi,  aucun intérêt en soi. Ce qui rend une histoire intéressante c’est l’enjeu qui l‘accompagne.  Or comment peut-il y avoir d’empathie de la part du lecteur si les personnages sont des blocs de marbre, dénués de toute émotion ?

Quel intérêt a t-on à suivre la course poursuite d’un héros ?  Le modèle de sa voiture ou le fait qu’il aille sauver son co-équipier dont il est secrètement amoureux? 

Qu’est ce qui rend un tueur en série fascinant ? L’horreur de ses crimes ou bien la façon dont il arrive à concilier ses sentiments humains et ses pulsions destructrices ?

On me dit souvent que mes romans ne sont pas gais. Alors oui, bien sûr, je ne promène pas mes héros dans des croisières Costa et leur humour est souvent cynique… mais je suis certaine d’une chose,  Yanis, Lisa, Denis, Naya ou Axel sont tous mus par leur cœur autant que par leur cerveau. Tous mes personnages ont des envies, des frustrations, des rêves, sont envahis par des joies intenses et des tristesses infinies.
Ce sont ces émotions, mêlées aux  évènements de la vie auxquels ils se percutent qui en font  des personnages attachants ; ce sont leurs sentiments et leurs réactions profondément humaines, qui guident l’histoire, lui donnent un sens et un intérêt.

 «  Je veux que mon lecteur, en refermant le livre, ait l’impression d’avoir fait de vraies rencontres. »

Je n’ai rien à rajouter à  cette autre citation empruntée à Mr Coben si ce n’est que, si vous voulez  partir à la rencontre de mes personnages  vous n’avez qu’à vous rendre sur la page «  Mes livres » de ce blog en cliquant ici :)

Bonne semaine les  amis !

PS : Il se peut que je fasse un blog-break  pendant un lundi ou deux, mais je reviens vite .En attendant, restez curieux ;) 

17 Jul 2017

Miroir, miroir, dis moi qui est le meilleur auteur …

Le meilleur, le plus lu, le plus vendu, le numéro 1... Voilà un côté moins plaisant de l’auto-promotion qu’implique l’auto-édition : la compétition que se livrent les auteurs, notamment sur la toile.

Les systèmes de ranking proposés par Amazon, les commentaires, les likes, le nombre de ventes… L’auteur indé, de façon assez légitime, se raccroche aux chiffres censés crédibiliser son talent… trop parfois …
Face à ses objectifs de vente, l’artiste se transforme en commercial : il  s’agace, stresse, devient addict aux statistiques, regarde la concurrence,  remettant parfois même en cause la légitimité du succès du voisin…

Alors OK, nous sommes tous là pour être lus et personne ne crache sur le succès.
Mais à qui profite finalement cette compétition ? 

L’auteur n’est pas un loup pour l’auteur  
En matière de littérature auto-éditée, comme dans de nombreux autres domaines, on tend à nous faire croire que le succès ne peut s’obtenir qu’au dépends d’un autre, au mieux en le dépassant, au pire en l’écrasant. Dans le cadre d’une entreprise ayant pour carotte le salaire et pour arme la hiérarchie, on pourrait être tenté d’y croire … Mais dans le cadre de l’entreprenariat individuel, qui plus est dans le domaine artistique, croyez-vous qu’il soit sain de laisser des machines décider par un système de classement informatisé qui aura droit au succès ?

Je ne crois pas. Ou alors, cela reviendrait à dire que la littérature à succès, même indépendante, aurait vocation à devenir un algorithme dont lecteurs et auteurs seront les otages … Pas très réjouissant..!

L’auteur veut simplement rencontrer son lecteur.
Tout comme l’écriture est personnelle, la façon dont on souhaite rencontrer son lecteur peut l’être. Bien sûr,  il existe des outils, des techniques, surtout sur internet. Mais, comme je le dis toujours aux auteurs que j’accompagne dans le cadre de mon service de conseil en communication, ce ne sont que des moyens, pas une fin en soi. À chacun à mettre en place  le mode de promotion qui lui convient le mieux, de façon à garder au sein de cette démarche un maximum de plaisir et de positivisme.

Le sens que l’on donne aux choses que l’on accomplit, n’est pas universel, il est propre à chacun. Dès lors, je suis convaincue que c’est en respectant le sens et les valeurs que l’on met dans son écriture que l’on a le plus de chances de rencontrer ses lecteurs.
Et la question n’est alors plus de savoir si l’on est meilleur que l’autre mais si l’on a donné le meilleur de soi-même… 

10 Jul 2017

Indé et fier de l’être !

Je ne sais pas si vous le ressentez vous aussi, ce vent d’indépendance qui souffle dans le petit monde du livre… Cette brise rebelle qui dépoussière ce monument ancien qu’est la littérature française…

Soirées, dédicaces, logos affirmant le statut d’indé, groupes d’écriture, communautés hyper actives sur le net… 
Après 4 années passées à s’excuser de ne pas être édités, les auteurs indés s’affirment, s’organisent, se professionnalisent et s’écartent, peu à peu, de la case  soit disant obligatoire de l’édition, pour tracer leur propre chemin vers leurs lecteurs.

Indé ou édité ? Il semblerait qu'un vrai choix soit en train de voir le jour.

À chacun sa voie, avec ses objectifs propres.
Si j’ai préféré créer mon métier de prom’auteur, plutôt que de prendre un statut d'éditrice ou d'agent littéraire, c’est parce qu’il est évident que le monde des indés est un lieu où les objectifs de chacun sont éminemment variables ! ( D'ailleurs ceux qui tentent régulièrement de les uniformiser se retrouvent toujours face à un véritable casse tête !)
Parmi les auteurs qui viennent me voir pour du conseil, certains veulent apprendre à communiquer sur le net, d’autres veulent monter dans le top 100 amazon, d’autres encore  veulent juste faire un beau livre pour leurs proches, certains ont besoin de s’organiser et d’avoir un regard extérieur sur leur travail …Répondre à une demande aussi riche, personnelle et variée ne pouvait se faire qu'en écoutant et en s'adaptant à chaque besoin .  

Car le propre de l’indépendance, c’est cela, non ?  Avoir la liberté de choisir ses objectifs et la façon dont on souhaite les atteindre !

Indé ou pas, qui s’en soucie finalement ?
De plus en plus d’acteurs du monde de l’édition traditionnelle, libraires, auteurs, éditeurs, regardent l’édition indé avec intérêt car celle-ci est source de renouveau et d’innovation. Et puis surtout, dès lors que les livres sont édités de façon professionnelle, les lecteurs eux mêmes se moquent de savoir si une maison d’édition est cachée derrière une belle histoire ! D'ailleurs certains auto-édités vendent plus que des auteurs édités et la promotion est, de nos jours, davantage entre les mains des auteurs que des éditeurs …

Comme l’a souligné  récemment un  article du journal du net , l’autoédition est désormais devenue incontournable mais c’est à nous, auteur indés, à faire de ce statut une vraie alternative ! 

Et pour ceux qui seraient de passage à Bordeaux, je leur propose de participer à une initiative mêlant indés, édités et lecteurs curieux qui aura lieu à l’Espace temps le 20 Juillet entre 16H30 et 19h00 : je serai là bas en dédicace et en compagnie de deux autres auteurs bordelais, Brigitte Hue-Pillette et Guy Rechenmann, pour vous parler Bordeaux vue au travers de nos romans et répondre à toutes vos questions ! 

      

03 Jul 2017

Pas édité … La faute à qui ?

« La mauvaise conscience générale permet à chacun de se gratifier d’une bonne conscience individuelle : ce n’est pas moi qui suis responsable, puisque tout le monde l’est. »

Cette phrase de la regrettée Simone Veil, est malheureusement, plus que jamais, d’actualité. La misère, la haine, le chômage, le réchauffement climatique, …le peu d’auteurs édités ! … Toutes les mauvaises nouvelles sont présentées comme conjoncturelles, structurelles, toujours indépendantes de notre volonté !

Mais l’erreur n’est elle pas là justement ? Dans le fait de ne plus envisager que l’on puisse s’attribuer une part responsabilité dans le destin qui est le nôtre ?

Je comprends le découragement ou le scepticisme de nombre d’auteurs face à leur potentiel succès littéraire, et il est une réalité que le monde de l’édition ne vit pas ses heures de gloire… mais, une fois cela dit, que fait-on ?

La critique constructive

Se plaindre ou critiquer sont des déclencheurs mais ils ne devraient jamais être une fin en soi. Constater que les éditeurs n’ont pas le temps ou l’argent pour faire émerger de nouveaux talents ou que, même en étant édité, on ne parvient pas à vendre ses livres faute de promotion, n’est qu’un premier pas. C’est après avoir fait ce constat que j’ai créé le site booknseries et que je me suis auto-publiée. C’est après avoir fait ce constat que j’ai décidé de créer un service de conseil en communication dédié aux auteurs. Et  je peux vous assurer que tous les écrivains avec qui je travaille aujourd’hui, qu’ils soient édités ou indés, sont des personnes qui, comme moi, ne se sont pas arrêtées à un simple état des lieux.  

La notion de  « possible », c’est ce qui change tout !

Tous les jours, on veut nous faire croire que nous nous n’avons pas le choix. Comme si il n’y avait plus aucune place pour la nouveauté, le rêve, la créativité ! Partir du principe que l’on ne sera jamais lu, ni reconnu, tant que l’édition n’aura pas fait sa révolution, c’est nourrir un immobilisme qui bloque tout changement ! Attendre que ça aille mieux, attendre un miracle, attendre que quelqu’un d’autre fabrique votre succès à votre place, c’est tout simplement refuser l’idée du succès possible !

Je m’entends souvent dire que je suis utopiste. Je ne pense pas l’être. Par contre je vérifie tous les jours que notre destin est lié à celui des autres, dans le bon comme dans le mauvais. Croire en soi, croire au changement possible, croire à un monde littéraire libre et créatif c’est comme répandre un virus salutaire : cela part d’une personne mais cela se transmet aux autres... 

25 Jun 2017

Les gros mots…

En tant qu’auteure, que blogueuse, que penseur, je manie les mots au quotidien, avec passion, avec aisance, avec jeu, avec plaisir … Les mots sortent, pensées organisées , émotions exprimées, opinions réfléchies … ils coulent dans ma bouche et puis, parfois, arrive le gros mot. Celui qui a du mal à être pronnoncé, celui qui attire les foudres, celui qui a des conséquences…

Il est des mots que la société a chargé d’une connotation négative et qu’il est difficile de dire sans les faire suivre d’un « mais » pour en arrondir les angles …

"Vegan", "écologiste", "féministe" … autant de mots diabolisés par ceux qui se sont sentis heurtés par le changement ou la réalité qu’ils impliquent...

J’étais vendredi dernier invitée au festival Causette, un festival bordelais dédié aux femmes et à leurs problématiques,  pour y parler de ma condition de femme entrepreneure.

Après une heure de conférence, une question est tombée : vous considérez vous comme féministe ?

Le « non » fût quasi unanime, ce qui entraina la réaction d’une autre personne surprise par notre réticence à utiliser ce mot alors que, justement, nous étions toutes là pour défendre la condition féminine !

Malgré l’intervention très juste de l'animatrice du débat qui précisa que le terme de féministe impliquait une notion de combat, je n’ai pu que reconnaître à quel point l’emploi de cet adjectif était, pour moi, délicat.

Pourtant je considère le combat des féministes comme nécessaire ! (les insurgés de tous poils ne sont-ils pas les seuls vrais garants de nos droits individuels ?! )
N'est-il dès lors pas dommage, qu’ayant écrit un livre qui parle de la place des hommes et des femmes dans notre société, de la difficulté à être une femme qui «  a réussi » sans devenir un homme... je n’arrive pas à mettre un #feminist à la fin d’un tweet sur mon roman FEMALE , sans craindre d’être cataloguée ? Comme si les gens allaient réduire mon livre à un acte militant, alors qu’il pose simplement des questions qui nous concernent tous !  

Certain sujets dérangent, c’est pourquoi une partie de la société s'empresse de faire des mots qui les portent des caricatures, tentant ainsi d'éliminer les idées qu’ils véhiculent.

Il n’existe pas de mot plus juste que «  feministe » pour décrire la défense des droits des femmes, de même qu’il n’existe pas de mot plus juste qu’ « écologiste »  pour dire que l’on défend la nature.
Pour ou contre, employer le mot juste, n'est ce pas faire le premier pas pour ne pas ignorer une idée et contribuer à ouvrir un vrai débat populaire ? 

Et si vous voulez regarder le débat du festival Causette évoqué ci dessus, il est accessible ici  

   

19 Jun 2017

Être lu : du besoin à la stratégie

Écrire est un acte tellement nourrissant, avant, pendant et après son accomplissement qu’il serait illusoire de nier à quel point il répond à des besoins aussi profonds que vitaux.

Lorsque j’écris, mes mains, mon coeur et mon cerveau répondent à bon nombre d’envies irrépréhensibles : celle de laisser mes sentiments s'exprimer, celle d’explorer l’âme humaine,  celle de partager ma vision du monde, celle d’être comprise, celle d’être reconnue aussi...

Comment dire non à ce genre de besoins ? Impossible, n’est pas !!? 

Par contre, quand il s’agit de les assumer et de mettre en place la stratégie  qui permettra de les assouvir de façon satisfaisante, les choses se compliquent un peu …

Pourquoi tant d’auteurs, une fois leur livre achevé, restent bloqués dans leur communication ? Certainement pas parce que leur besoin d’être lu a disparu… 

Mais si on ne peut pas dire non à ses désirs les plus profonds, on peut dire non aux moyens existants pour les réaliser…

Se mettre en avant, prendre du temps pour sa passion au détriment du reste, dire du bien de soi, aller s’exposer en dédicace, se lancer dans les réseaux sociaux, prendre le risque de la critique, du refus d’un éditeur  …. Là se trouvent les vrais freins à l‘édition.

Mais, comme je le dis souvent sur ce blog et aux auteurs que j’accompagne, il n’y a pas une seule méthode. Il n’y a que celle qui vous corresponde et qui vous aide à répondre à cette envie d’être lu. La personnalité, le temps disponible, les compétences, les priorités, de chacun sont uniques.  Mais cette soif d'écrire et de trouver des lecteurs, elle, est commune à tous les auteurs.  Reste donc simplement de trouver le bon endroit, la bonne personne, la bonne stratégie, celle qui permettra de l’assouvir en douceur et avec plaisir… 

Je suis convaincue que le fait de nier un besoin, loin de le tuer, nourrit une frustration au moins aussi grande. Trouver son propre chemin, trouver la stratégie à laquelle on pourra dire « oui » et qui répondra à son besoin d’être lu, n’est pas là vrai secret pour ne pas avoir de regrets ? 

12 Jun 2017

Marketing des livres ou Communication d’auteur ?

Je suis tombée la semaine dernière sur un article de l’Express qui décrivait certaines méthodes marketing de grandes maisons d’éditions, plus ou moins louables, et visant principalement à maintenir l’intérêt des lecteurs vis à vis d’auteurs phares…

Et Oui. Devenu un bien consommable, le livre est à présent soumis au marketing appliqué à tout autre produit de grande consommation. Pub, interview, couverture attrayante…Et face à ces méthodes de vente, une partie du monde littéraire s’insurge, s’exaspère... Pourtant lire, ce n’est pas comme manger du fast food, c’est bon pour la santé, non ? ! 

Alors pourquoi s’énerver face à  une publicité excessive autour des livres ?

Pourquoi le marketing, appliqué au monde littéraire, devient-il un  gros mot ? 

Les techniques marketing visent  à identifier un «client », un lecteur en l’occurrence,  et à l’adresser au mieux... Rien d’horrible à cela, non ?  Ni de déshonorant, il me semble ! Car un livre dépourvu de toute communication faite autour de son contenu ou de son auteur ne peut tout simplement pas arriver jusqu’à son lecteur !

Alors, sauf à rejeter toute forme de promotion, qu’est ce qui nous pousse à ne pas aimer le marketing fait autour des livres ?

Je crois que ce qui, au fond, agace, c’est le fait que la communication soit presque toujours mise au service des mêmes auteurs «  vaches à lait », ceux qui « marchent ». Le marketing n’a alors plus du tout pour objectif de mettre en avant un nouvel auteur ou un bon livre, mais d'abord de vendre coûte que coûte un auteur « bankable ».

En tant que communicante et conseillère en communication auprès d’auteurs sur le site booknseries.fr , je crois aux effets bénéfiques de la promotion quand ils montrent l’intérêt d’un produit et le font connaître. Mais je ne crois pas qu’une recette marketing suffise à faire d’un livre un succès.
Et si des auteurs comme Marc Levy se vendent, c’est bien sûr grâce au marketing fait autour de leurs livres mais aussi, et surtout, parce que des lecteurs les apprécient, ne l’oublions pas … 

Alors , plutôt que de rejeter le marketing du livre, ne devrait-on pas plutôt cesser de confondre la communication qui explique et sort de l’ombre de nouveaux talents, avec celle qui use de techniques marketing pour tenter de faire du beau avec du mauvais ? 

05 Jun 2017

Écrire pour nourrir son intelligence émotionnelle

Ah les émotions ! Quelle force ! Quelle magie !.. Quelle horreur aussi parfois, quand elles nous font souffrir sans que nous sachions pourquoi et se transforment en peurs. Si un jour j’ai décidé de prendre la plume, c’est parce que j’ai su que le fait de mettre des mots sur mes émotions, d’identifier les situations qui les faisaient naitre, de me mettre à la place de ceux qui réagissaient différemment de moi, me permettrait de grandir et de devenir plus intelligente, non pas intellectuellement, mais émotionnellement.

Car coucher ses émotions sur le papier ce n’est pas forcément s’apitoyer ou clamer bêtement sa joie de vivre,  c’est aussi apprendre à mieux vivre avec ses ressentis… et avec les autres !

Les mots qui expliquent.
La peur ou l’amour par exemple, sont de bien vastes mots qui au fond ne disent rien d’eux. Que cachent ces sentiments? Un millier de choses ! Petites ou grandes, personnelles ou partagées, les émotions qui donnent naissance à la peur ou à l’amour sont multiples et ne peuvent être comprises que dans leur contexte. Raconter une histoire c’est recréer le contexte qui permettra de mettre le doigt sur les détonateurs de ces émotions et de mieux les détecter, afin de les gérer sans se laisser submerger.

L’empathie de l’auteur
Pourquoi deux personnes n’aiment pas de la même façon ou n’ont pas peur des mêmes choses ?Dès lors qu’au travers des différents personnages ou situations, un auteur envisage d’autres points de vues émotionnels que le sien, il ne peut que développer son empathie. Comprendre ce qui est différent n’est il pas le meilleur moyen de mieux vivre avec ses propres émotions et d’améliorer ses relations avec les autres ?

Utiliser ses émotions pour être lu    
Chaque émotion que nous ressentons vient répondre à un besoin assouvi ou à une frustration. Le plus souvent, lorsqu’il n’est pas publié, un auteur se sent médiocre, triste, et la peur d’être rejeté le submerge chaque jour davantage. Mais si au lieu de se tourner vers la peur d’être jugé l’auteur se tournait vers le plaisir et l’envie d’écrire, de partager, d’être lu, reconnu et aimé… alors sa communication s’en trouverait certainement libérée.

Dans un monde pragmatique, de maitrise et de calcul des risques, l’expression des émotions est souvent prise pour une marque de faiblesse, inutile ... Mais la plus grande intelligence, celle qui nous conduira vers plus de tolérance, de paix, d’amour et de réalisation de soi, n’est elle pas celle qui est issue de nos émotions? 

29 May 2017

Écriture et professionnalisme

Vous le savez peut-être, je n’ai pas toujours été l’auteure et la prom’auteure qui s’exprime ici tous les lundis. Et si ma vie précédente, celle de cadre supérieur en entreprise, ne m’a pas toujours permis d’exprimer ma créativité comme je le souhaitais, elle m’a au moins appris une chose qui aujourd’hui m’est très utile, tant dans mon parcours d'entrepreneure, que d’auteure auto-éditée : le professionnalisme.

Rares sont les auteurs qui, au départ, abordent l’écriture sous un angle professionnel, et c’est assez normal. Sauf à présenter son activité au travers d’un livre, l’écriture débute le plus souvent sous la forme d’un loisir, d’une expression artistique sans but précis… 
Mais nous le savons tous, dans toute chose faite sans enjeu il existe un risque : celui de se  laisser trop de temps pour progresser, de laisser la place à une certaine faiblesse entrainant le doute, voire même l’abandon …

Or j’ai le sentiment que cette résignation à un certain amateurisme d’une partie des auteurs indés provient de cette idée fausse selon laquelle il n’existe aucun palier entre celui d’écrivain professionnel et  celui d’écrivain amateur.

« Impossible ! Je ne serai jamais assez doué(e) ! Il y a tellement peu d’élus !  » Voilà le genre de réflexions qui nous passent par la tête dès que nous songeons à éditer nos livres.

Comme si ceux qui parviennent à être édités l’étaient sur la base d’un don venu du ciel !
Comme si les lecteurs ne pouvaient accepter qu’une littérature validée par des prix prestigieux!
Comme si l’art était réservé à une population secrète et inaccessible …

Créer un livre, comme toute activité créative, c’est, avant tout, inventer et prendre un risque !
Alors, bien sûr, le talent est un facteur important de réussite mais, ce qui aidera surtout un auteur à se réaliser, c’est ce mélange de plaisir et de travail portés par l’intime conviction que la réussite est accessible à tous, à condition que l’on s’en donne le temps et les moyens.

Chercher à se perfectionner, investir du temps, de l’énergie, de l’argent pour se former , rencontrer d’autres auteurs, avoir l’avis de professionnels ou créer un beau livre, n’est-ce pas tout simplement croire en soi et continuer à nourrir sa passion ? 

22 May 2017

Écrire pour dédramatiser

J’ai, le week-end dernier, commis deux partages de mon activité d’écrivain.

L’une consistait à me filmer en vous lisant un passage de FEMALE, mon dernier roman auto-publié.
L’autre à partager mon excitation alors que les premières idées autour de ma prochaine histoire commençaient à s’organiser sous mes yeux, dans mon carnet d’écriture.

L’une consistant à prendre une réelle distance par rapport à mon texte en étant capable de prendre plaisir à vous le lire sans timidité, ou peur d’être jugée en tant que personne.
L’autre consistant à plonger dans le cœur de mes sentiments, dans ce que j’ai de plus intime, pour commencer à tisser les émotions qui sous tendront mon prochain roman.

L’une me tournant vers l’extérieur, dans la recherche du partage d’une histoire que j’adore mais qui ne m’appartient plus désormais.
L’autre me poussant à fouiller ma tête et mon cœur à la recherche d’une vérité encore cachée et à peine avouable, même à moi-même. 

La vie d'un auteur a cela de magique qu’elle permet de parcourir ce long chemin qui fait passer de l’intime pressentiment à l’émotion, de l’émotion à l’écriture, de l‘écriture au partage…

Et lorsque l’on a la chance de vivre ce chemin, de pouvoir continuer à parler de ses livres tout en créant d’autres histoires, alors on peut ressentir cet immense cadeau que nous fait l’écriture, celui de nous permettre de réveiller un vaste champ d’émotions enfouies, de les sortir au grand jour, de les libérer pour en  faire un "simple" objet de culture et de divertissement offert aux autres …

Bonnes semaine d'écriture et de lecture à tous ! 

 

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