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20 Nov 2017

Écrire, Communiquer, Recommencer... différemment !

« Tu comprends, il va falloir tout recommencer » 
Ces mots que me confiait ce week-end une amie vivant un moment difficile, ont fait écho en moi. Tout recommencer. Pourquoi les échecs font-ils naître en nous ce sentiment toujours étrangement terrifiant et dévalorisant. L’impression que tout ce que l’on a fait jusqu’ici n’a servi à rien et que l’on ne retrouvera peut être pas la force de redémarrer.

Je vois tous les jours des auteurs me dire qu’ils ont tout essayé, qu’écrire ou communiquer sur leur écriture ne sert à rien, qu’ils sont fatigués de devoir sans cesse douter et recommencer. Pourtant, et malgré la peur de l’inconnu, recommencer devrait aussi être quelque chose de positif, synonyme de renouveau et de nouvelles possibilités.

Alors pourquoi sommes nous si négatifs quand la vie nous bloque ?

On ne recommence pas, on dépasse les difficultés
J’en parlais sur ce blog la semaine dernière, l’échec ou la réussite sont des choses très relatives, très personnelles. Pour parvenir à vendre ses livres (ou pour tout autre projet qui nous tient à cœur),  il faut être conscient que la route peut être longue et apprendre à ne pas considérer chaque obstacle comme un échec définitif. Se fixer des objectifs intermédiaires, qualitatifs ou quantitatifs, peut-être un bon moyen de ne pas avoir ce sentiment de repartir à zéro. Se retourner régulièrement pour voir le chemin déjà parcouru,  s’arrêter sur les bonnes nouvelles… Savoir faire des break pour se reposer et reconnecter avec ses moteurs, s’entourer de personnes encourageantes... Nous ne sommes pas des machines et, malgré les freins ou les difficultés, nous avons tous forcément des raisons d’être fiers de nos avancées.

On ne recommence pas les choses on cherche une nouvelle voie.
Il est plus difficile de l’admettre dans certains domaines que dans d’autres : si les choses n’avancent pas, c’est qu’il faut essayer une nouvelle voie. En tant qu'auteur et créatrice d’entreprise, je peux vous dire qu’il ne se passe pas une journée sans que je ne cherche pourquoi telle ou telle chose ne fonctionne pas comme je l’ai prévu et ce, malgré mes efforts.  Certes il existe des freins extérieurs et des cas de force majeure. Mais il me semble que, nombre de mes sentiments d’échec, sont une expérience nécessaire pour apprendre à mieux me connaître, et à avancer ensuite d’une façon plus souple.

« La définition de la folie, c'est de refaire toujours la même chose, et d'attendre des résultats différents.» disait Einstein. Oui, c’est certain. Il faut savoir se remettre en question pour surmonter les obstacles. Et parfois c’est  douloureux. Et parfois c’est très inconfortable. Mais être vivant c’est être en mouvement et, dans ce cas, rien n’est jamais joué d'avance ! 

Bonne semaine à tous !

 

 

13 Nov 2017

Réussir dans l’écriture

J’étais hier en très bonne compagnie lors d’un marché de l’auto-édition à Bordeaux lorsqu'une fois de plus, au coeur de nos discussions, a émergé l’idée selon laquelle les auteurs qui réussissent, sont ceux qui savent jouer le jeu des ranking amazon.
Alors oui, bien sûr, il serait idiot, surtout en tant que conseillère en communication auprès d’auteurs, de nier qu’être bien référencé sur de telles plateformes est l’un des objectifs de l’auteur.
Mais est-ce pour autant un critère de réussite ? Est-ce le seul ? Et surtout, est-ce celui de tous les auteurs ?

La réussite implique un résultat, mais ce résultat dépend de l’objectif que l’on se fixe.
On voit tous les jours des auteurs moyens accéder à de très bons classements en ligne. Qu’est-ce que cela prouve ? Qu’ils sont parvenus à être d'excellents écrivains ? Non. Cela signifie seulement  qu’ils sont parvenus à leur objectif : celui d’être lus et d’être vus.

Réussite et légitimité
L’amalgame est souvent fait entre être lu et être reconnu.  Les anglo-saxons par exemple, ont une culture du chiffre : réussir (en tant qu’auteur ou tout autre métier ) , c’est gagner de l’argent. En France, on associe la plupart des métiers, et a fortiori les métiers artistiques, à une reconnaissance, à une légitimité. C’est pourquoi la position d’auteur indépendant est si inconfortable. Le statut d’indépendant  donne l’accès à l’argent, mais pas à la légitimité que, dans notre culture, seul un éditeur ou un libraire, peut conférer.
Face à ce dilemme, bon nombre d’indés oscille entre des périodes d’addiction aux statistiques google, et des périodes de scepticisme, voir de déprime, face à l’injustice du monde de l’édition.
Personnellement, je crois que la sagesse voudrait que l’on en revienne davantage à soi car, je le dis souvent : on ne peut être déçu qu’à la hauteur de ce que l’on attend !

Succès universel et réussite personnelle
Contrairement à la définition communément donnée, y compris par le Larousse, je suis convaincue que le succès n’est pas synonyme de réussite. Par contre, la réussite a de fortes chances d’amener au succès. Le succès n'est que la manifestation externe de l’atteinte d’un objectif personnel. À nous de définir cet objectif. Bien sûr, il existe un contexte économique, des outils, des freins à prendre en compte… mais avant tout, et en dehors de ces éléments extérieurs, qu’est ce qui, pour vous, serait un premier facteur de satisfaction das votre vie d'auteur ? Serait-ce d’avoir une chronique de blogueur littéraire ? D’arriver à présenter correctement votre livre ? De vendre une certaine quantité de livres ? De faire une première dédicace ? D’ouvrir votre plateforme d’auteur ? De progresser dans votre écriture et d’en être fier(e) ?

Pourquoi ne créeriez-vous pas vos propres challenges, votre propre chemin et ne décideriez vous pas de franchir une à une les étapes vers VOTRE réussite et votre succès ?

La réussite, tout comme le bonheur, est une affaire de personnes, pas de critères sociaux. Alors évidemment, on ne peut pas exclure le contexte mais, comme le disait mon ami auteur Charlie Bregman dans un post, nous avons tous une part de « zèbre », une façon unique de voir la vie et de construire notre parcours. Cultivons-la  ! 

06 Nov 2017

En novembre, les indés rencontrent les Bordelais…

Être auteur, ce n’est pas seulement écrire des histoires, c’est aussi aller à la rencontre de ses lecteurs… et lorsque l’on est auteur indépendant, cela signifie trouver des endroits où l’on est accueilli, ce qui n’a pas toujours simple… 

Il y a quelques années, lorsque j’ai commencé à m’autoéditer, ces lieux étaient rares et les imprimeurs à la demande étaient presque les seuls à permettre aux auteurs de venir dédicacer leurs livres dans des conditions correctes.

Mais en à peine quatre ans, le monde du livre, tout comme celui du disque quelques années plus tôt, a été contraint de reconnaître l’existence des indés,  une population qui  représente aujourd’hui, non seulement un vivier de talents, mais aussi l’édition de demain.

Alors, me direz-vous, concrètement, comment cela se traduit-il ?

Eh bien il se trouve que le mois de Novembre sera un bel exemple de cette ouverture avec trois événements bordelais auxquels j’ai le plaisir de participer ( et de vous convier J

Tout d’abord le 12 Novembre se tiendra un grand marché de l’auto-édition : 7 auteurs  indés ( Sacha StellieBrigitte Huepillette,Lily BfrancisLoli ArtésiaEric Costa, ,Cédric Charbonnel et bien sûr votre serviteur, Laure Lapegue ; ) vous rencontreront place Saint Michel pour vous présenter leurs livres et les dédicacer . Cela se passera à partir de 11H00 À 14H00 devant le  Café de la Fraternité .

Puis le 23 Novembre à 19H30 à la Causerie des Chartrons  aura lieu une rencontre littéraire Booknseries autour du thème du personnage de roman contemporain. Modèles ou Rebelles ? Héros ? Anti-héros ? Loosers? Qui sont-ils? Contre quoi luttent-ils ? À quoi aspirent-ils ? 
4 auteurs  indés en débattront avec vous au travers de leurs ouvrages: Chris Simon auteure de la série "Brooklyn Paradis", Brigitte Hue-Pillette , auteure de " L'enfance en bandoulière"Elisa Tixen auteure de " La désobéissance des pouces" et moi même , avec mon roman  "Female"

Toutes les infos sont sur la page FB de l'évènement  et sur le blog booknseries 

Enfin le 25 Novembre, la librairie le Comptoir Livresque nous recevra , Chris Simon et moi-même pour une journée de dédicace à Libourne 

3 évènements qui montrent bien que le portes sont plus que largement ouvertes à l'autoedition, et pas seulement sur le net, ce qui est une très bonne nouvelle ! 

Alors Librairie, Marché, ou Soirée, amis bordelais, à vous de choisir votre moment pour venir à la rencontre des auteurs indés ! À très vite !   

29 Oct 2017

Ma petite histoire dans la grande

Il y a deux semaines, je postai sur mon compte instagram cette photo dans laquelle je me posais, au sujet de mon livre en cours, la question du « WHY ME WRITING ABOUT IT ? » c’est à dire, pourquoi est-ce que JE raconte cette histoire ? Pourquoi MOI ?

Je ne parle pas ici de trouver une raison à l’acte d’écriture mais de s’avouer la vraie raison pour laquelle on écrit une histoire en particulier. Pourquoi ai-je envie de parler de cette mystérieuse sicilienne qui n’hésite pas à abandonner mari et enfant pour échapper à son passé ( Mea Culpa)  ?  Pourquoi ai-je envie d’écrire sur ce cadre à la fois ignoble et humain qui séduit et rabaisse les femmes pour exister ( La Bascule ) . Pourquoi ces histoires ? Pourquoi ces personnages ? Pourquoi mon cerveau veut-il écrire ÇA ?

Offrir le meilleur terreau à son histoire
Comme tout beau projet, comme toute création, l’écriture d’un livre mérite le meilleur de nous-même. La création d’un personnage passionné et d’une histoire passionnante ne peut naitre d’un engagement mou. Donner une vraie chance à son écriture,  c’est savoir  faire «  all in »  et aller trouver le meilleur personnage, le meilleur dilemme, celui qui donnera à la voix de son créateur le meilleur échos et le meilleur terrain de jeu pour y faire évoluer l’histoire. Mais pour créer ce potentiel, ne faut-il pas d'abord assumer totalement sa vision ?

Ne plus tourner autour du pot !  
Trouver en quoi l’histoire que l’on raconte est liée à notre personne revient, à mon avis, à cesser de tourner autour du pot et à assumer son moteur et ses thèmes d’écriture. Si je parle de la position de la femme dans la société, je peux écrire un millier d’histoires différentes, plus ou moins consensuelles ! Mais si j’écris parce que je suis moi même une femme ordinaire de 45 ans, une femme ayant à cœur d’être reconnue en tant qu’individu avant d’être reconnue en tant que femme ; si j’écris parce que l’hypocrisie de certaines femmes quant à leur statut, ou le jugement de certaines femmes par rapport à leurs semblables me choque ; si j’écris parce que je trouve que les médias nous manipulent, faisant des combats essentiels, tels que le féminisme, des phénomènes de mode ; si j’écris en étant convaincue que ce sont d’abord les mères qui font les femmes de demain... Alors j’écris mon livre, j’écris FEMALE. J’enlève de mon esprit les clichés et les propos fédérateurs que je serais tentée de servir et je vais droit au but : j’assume un livre qui parle de féminisme tout en dénonçant les dérives possibles d’une société où la femme devrait endosser de plus en plus de rôles sans jamais apprendre à choisir qui elle veut être. 

Je crois que ce n’est qu’une fois que l’on a répondu à la question du « pourquoi moi ? »,  que l’on peut se libérer de la question de sa légitimité à écrire une histoire déjà racontée et, surtout, en faire un livre unique que l’on sera fier(e) de faire lire et de promouvoir, vous ne croyez pas ? 

23 Oct 2017

Écrire pour soi. Croire en soi.

Pour qui écrit–on ? Pour soi ou pour les autres ?
Il n’est pas rare d’entendre de la part d’un auteur qu’il écrit ‘pour lui’. Certains peuvent formuler cette phrase par peur d’être lus (et surtout d’être jugés) mais, pour beaucoup, je pense cette phrase signifie plutôt que l’auteur écrit d’abord pour sortir ce qu’il a au fond de lui.

J’ai commencé mon premier livre ‘ Comme un garçon’ dans l’état d’esprit dans lequel j’aurais ouvert un journal intime. Jamais je n’aurais pensé terminé un roman de 300 pages et encore moins arriver à en faire un véritable suspense.  Durant toute la période d’écriture, je me suis sentie plus proche de moi, comme si je laissais une partie de mon coeur livrer ce que personne n’aurait jamais du savoir. Les émotions se libéraient, les colères, les désirs aussi.

Encore aujourd’hui, chacun de mes livres est avant tout un acte libératoire, une petite thérapie, un confessionnal déguisé... Pas de quoi être fière, me suis-je souvent dit et même, parfois, entendue dire … et pourtant …

Au fil des années, au fil de mes lectures et de mon écriture, je me suis rendue compte de l’importance de l’authenticité chez un auteur. Peut être est ce du à ma sensibilité très exacerbée, mais j’ai le sentiment qu’une bonne histoire reste toujours médiocre tant qu’elle n’est pas habitée par son auteur. 
Qu’est ce que j’entends par « habiter son histoire » ? Eh bien tout simplement  reconnaître  pourquoi nous en sommes le narrateur unique et nous l’avouer clairement. Mais aussi assumer son écriture et faire de l’édition de son livre un acte valorisant et constructif.

De la même façon qu’il ne faut pas attendre d’être parfait pour s’aimer, je crois qu’il ne faut pas attendre d’avoir une histoire parfaite pour s’exprimer. Nos histoires deviendront meilleures de livre en livre d’abord parce que nous y aurons dit notre vérité et parce qu’elles nous auront aidés à nous accepter tels que nous sommes.

L’écriture m’a permis de laisser parler une autre Laure, plus secrète, moins assumée, et pourtant bien vivante. Grâce à mes cinq romans, je me suis peu à peu réconciliée avec elle, et grâce à mon auto-édition, elle a trouvé une vraie place dans mon cœur et dans ma vie.

Et vous comment percevez vous l’acte d’écriture ? Est ce qu’il vous libère ? Est ce qu’il vous inhibe ? Vos livres sont ils une sorte de journal intime ou en avez vous un qui accueille vos sujets d’écriture les plus sensibles ?

16 Oct 2017

À qui parler de ses envies d’écriture ?

La semaine dernière j’étais à Paris, puis à Nantes, où je suis intervenue dans le cadre d’un atelier d’écriture blogging, puis d’une rencontre littéraire autour des personnages de romans contemporains et enfin, lors d’un salon professionnel ayant pour thème reconversion des femmes… a priori des évènements au sein desquels les attentes du public étaient assez différentes …

Pourtant, partout, j’ai constaté le même besoin : celui de trouver quelqu’un qui puisse faire émerger une envie, celle d’écrire et d’être lu. 
Mais pourquoi est il aussi difficile de trouver quelqu’un à qui parler de son envie d’écriture ?

Pour le savoir, il suffit d’écouter …

Dois-je, à votre avis, d’abord monter mon entreprise ou finir mon livre ? " " Et si je n’étais pas assez douée pour écrire ? " " Dois-je me censurer parce qu'une partie du livre est inspirée de ma vie ?" " Et si on me volait mon manuscrit ? " "Et comment vais-je en parler autour de moi ? "
Voilà le genre de questions qui est revenu dans la bouche de la plupart des personnes que j'ai croisées la semaine dernière et qui ont bien voulu me confier leurs craintes.

Ce seraient-elles posées la question de la même façon si elles s'étaient mises au tennis ? Auraient elles eu peur de ne jamais réussir à gagner un match ? Penseraient-elle déjà à Roland Garros ?
Non bien sûr. Mais l‘écriture a cela de particulier qu'elle véhicule une image de chose très sérieuse appartenant à un cercle fermé ... Et l’écriture est effectivement quelque chose de sérieux lorsque l’on souhaite vendre ses livres. Mais faut-il pour autant tout arrêter pour être écrivain ? Faut-il se fixer comme but de devenir Stephen King avant même d’avoir commencé à écrire la première ligne ?  Oui,  si c'est votre objectif !  Mais tout le monde est un jour débutant dans sa discipline,  et commencer à prendre du plaisir à écrire et y être encouragé reste le meilleur moyen de progresser, non ?  

Je dis toujours aux auteurs avec qui je travaille qu’il n’y a pas de mauvaises histoires, il n’y a que des histoires à améliorer ou à promouvoir. Mieux vaut commencer par aller au bout de son envie d’écrire et voir ensuite ce qui se passe... Les étapes ou obstacles arriveront bien assez tôt ,et la peur consomme la même d’énergie et le même temps que le plaisir...  Alors autant utiliser ses forces à bon escient et prendre les étapes les unes après les autres!  

Dans les moments de doute, en matière d’écriture comme au démarrage de tout projet auquel on accorde de l’importance, il est normal d'avoir besoin de rencontrer une personne empathique, qui écoute nos peurs et les comprenne, sans chercher à les nier. Une personne qui nourrisse notre confiance.  Je rencontré cette personne. Plusieurs fois.  Et je suis heureuse, à chaque fois que je le peux, d’être cette personne pour tous les auteurs que je croise et que je conseille. 
Et vous ?  Avez vous trouvé cette oreille attentive à vos envies d'écriture ? Peut être la cherchez-vous encore ? ...Racontez-moi …. 

02 Oct 2017

On dit auteure, écrivaine… ou autrice ?

C’est la question que nous posa une femme juste avant la conférence du Salon profession’L,  conférence à laquelle j’avais le plaisir d’être invitée mardi dernier, avec mon amie Alice Quinn. (je précise que ce salon est consacré à la reconversion professionnelle des femmes)  

Sur le coup, Alice et moi sommes restées un peu interdites. L’une comme l’autre étions d’accord pour dire que nous mettions de plus en plus fréquemment un  « e »  à la fin du mot auteur, mais je crois que nous trouvions la question un peu incongrue.  Il faut dire qu’elle avait été posée de façon assez fermée, comme si notre réponse conditionnait notre support à la gente féminine.
Mais à bien y réfléchir,  notre conférence portant sur place des femmes dans le monde du travail,  il était légitime que soit soulevée la question de la dénomination et du genre des professions… c’est pourquoi j’ai eu envie d'en parler ici avec vous.

Reconnaissance et pouvoir
Dans mon roman Female, les femmes ont acquis de nombreux droits à force de lois parité. Pourtant, elles ne se sentent pas forcément plus intégrées, ni plus comprises.  Car la reconnaissance de la féminité, ou de tout autre différence, ne passe pas uniquement par le pouvoir mais, aussi et d’abord, par la compréhension et le respect. Dans une société où le modèle d’accession aux fonctions jugées importantes reste masculin, les femmes ne seront toujours que de pâles copies...
Dans ce contexte, installer une version féminine du nom d’une profession, peut faire partie d’un processus qui aidera à affirmer une réalité (plus qu’à imposer une sexualité): celle de faire les choses d’une façon différente.  

Être une femme qui réussit
« J’ai envie de crier : je suis une fille ! » me  confia une jeune femme à qui je dédicaçais mon roman Female. Et de me dire à quel point elle s’était reconnue lorsque je parlais de la pression que mon personnage Axel subit de la part de sa mère et de son environnement pour être une femme « qui réussit ». Mais « réussir », est-ce devenir un modèle social ? Je le soulignais pendant la conférence, on demande aux femmes ( et aux hommes aussi , mais là je parle des femmes ;) d’être toujours plus… plus aimantes, plus sexy, plus indépendantes, plus jeunes, plus travailleuses mais aussi d’être des mères parfaites… En fait on leur demande d’être un truc inaccessible, ce qui se transforme inévitablement,  au mieux, en frustration et, au pire, en un sentiment d’échec permanent.

Réussir, c’est s’accomplir à sa manière. Un mélange de sexualité et de personnalité.  Être une femme, c’est faire les choses à la façon d’une femme. Que cette différence ne soit pas gommée me paraît être important et, dans cette optique, le genre masculin ne devrait effectivement pas conserver le monopole de certaines professions.
Je vais donc à présent faire plus attention à mettre systématique ce petit « e » à la fin du mot auteur. Une voyelle ne change pas le monde mais elle permet de rappeler sa diversité.  

PS1 : Je remercie Cyril Godefroy d’être venu nous applaudir et nous photographier au milieu de cette foule presqu’exclusivement féminine :)

PS2 : Je précise qu’une autre édition du Salon Profession L’ aura lieu à Nantes le 12 octobre et que je serai sur place !   

25 Sep 2017

Votre livre, un peu dur à vendre, non ?

J’ai visité la semaine dernière un de mes points de vente dont le propriétaire, bien qu’ayant vendu presque tout le stock de mon roman Female et mis en magasin une bonne critique, m’a fait cette remarque.

Oui,  je l’avoue, ce n’est pas la première fois que j’entends cette phrase à propos de ce roman. Et oui, je l’avoue, faire un roman noir qui soulève la question du rapport entre les sexes, pose le féminisme comme un choix personnel et parfois difficile, met en avant un personnage principal souvent rattrapé par ses peurs et affiche une couverture inquiétante ainsi qu’un titre en anglais… effectivement, ce n’était peut-être  pas le meilleur moyen de fédérer le public du journal de 20 heures…

Mais est ce seulement cela bien se vendre ? Est ce faire un livre qui plaira à coup sûr ou est ce convaincre qu’un bon livre plaira à un certain public ?

La question de la communication autour d’un livre que l’on pense bon (car évidemment, il ne me serait pas venu à l’esprit de me distribuer chez un grossiste si je ne pensais pas que mes livres étaient éligibles) n’est elle pas de savoir vendre ce qui mérite de l’être, plutôt que d’essayer de vendre ce qui le sera «  sûrement ». Le message que je délivre autour de Female est d’abord celui d’un bon suspense à rebondissements. Quant aux thèmes abordés, s’ils peuvent en déranger certains, force est de constater qu’ils sont d’actualité et même, intemporels. À chacun ensuite de découvrir mon écriture, mon univers (jalonné de pas mal de bars et de personnages interlopes… mea culpa :) ma sensibilité, ma façon de poser les dilemmes… et d’aimer ou pas.

On écrit d’abord une histoire avant de la vendre. C’est  avec elle que nous trouvons les moyens de la faire connaître. C’est le livre qui nous guide dans notre communication d’auteur, et non l’inverse.  

En tant que conseillère en communication je connais par cœur ‘ce qui marche’ mais, que ce soit lorsque je travaille pour un auteur ou pour une entreprise, je veille toujours à mettre l’authenticité en premier. Quelles sont les valeurs qui vous meuvent, qu’avez vous à dire au fond ? Ensuite expliquez votre démarche et vendez-là au mieux.     

La passion et l’authenticité, autant que le doute ou le manque de confiance, sont une grande partie de la «  vendabilité » de votre écriture. Reconnecter avec ce qui vous a poussé à écrire, le valoriser, en être fier ( e ), c’est développer les arguments qui feront de votre livre un objet unique et intéressant.

Je finirai cet article en précisant que j’ai convaincu le propriétaire de cette très grosse presse- librairie de Mérignac de lire aussi mon roman  Mea culpa , polar dont les thèmes sont plus grand public et dont  la couverture, mise à côté de Female fait un bel effet en rayon. Il a accepté, et nous avons pris date pour parler d'une dédicace en décembre... 
 

  

18 Sep 2017

Les Mots moteurs

Mais pourquoi je fais ça déjà ?  Qui ne se pose pas cette question au moins une fois par mois, que ce soit à propos du travail qu’il exerce, d’une activité faite plus ou moins mécaniquement,  ou encore face  à une expérience au sein de laquelle il se sent en situation d'échec…

La motivation est au départ de toute action nouvelle. Une rencontre, une prise de conscience et on se trouve gonflé d’une envie toute neuve et évidente. Se décider à aller à une soirée où on ne connaît personne, arrêter de s’imposer une habitude nuisible, parler de son livre sur les réseaux sociaux,  faire un sport dont on se sentait incapable …  Ces défis du quotidien ne nous apparaissent par hasard.  Ils sont poussés par une force, un moteur…

Mais quel est ce moteur ?

Ne pas confondre motivations et compétences
Comme régulièrement depuis quelques années, je me suis récemment posée la question de mes moteurs mais, cette fois, je l’ai fait au travers d’une liste de verbes du même nom.
Pourquoi des verbes ? Parce qu’ils déterminent l’action et l’envie cachée derrière elle. « Imaginer » ne signifie pas la même chose que « créer ». « Impulser », ce n’est pas la même chose qu’ « écouter ». « Proposer », ce n’est pas « promouvoir ».  « Expérimenter », ce n’est pas forcément « valider ».
Il est,  à mon sens,  très important de faire ces nuances qui permettent, au delà du verbe, que je qualifierais de « compétence »,  (organiser, décider, communiquer, produire…) de distinguer le moteur ( piloter, impulser , informer , imaginer .. ) qui se cache derrière lui. Car c‘est à ce dernier qu’il faudra faire appel si vous flanchez  … Inversement, ne pas maitriser une compétence ne devrait jamais détruire votre motivation mais vous pousser à l’acquérir, ou  à chercher de l’aide à l’extérieur …

Assumer ses moteurs
Mes verbes moteurs, à cette période de ma vie et si je dois les limiter à une main, (je recommande de ne pas en avoir trop pour éviter d’en faire une liste de souhaits.. :) sont : créer, fédérer, échanger, éclairer, promouvoir. Choisir ces verbes m’a demandé un effort : celui d’être franche avec moi même, d’écouter ce qui fait vraiment écho en moi mais surtout, d’assumer que certains verbes, plus valorisés par les codes de notre société, ne figurent pas dans cette liste. Mais mettre des moteurs qui ne nous appartiennent pas derrière une action, n’est ce pas prendre le risque de ne pas les poursuivre  ?! Si vous écrivez pour partager votre expérience, vous ne pouvez pas continuer à vous faire croire que vous écrivez pour inventer des histoires. Si vous voulez gagner de l’argent grâce à l’écriture alors assumez votre envie de « progresser »,  de « commercialiser », de « conquérir » , même si les autres vous disent qu’écrire est un loisir.

Il n’y a aucune honte à faire les choses à VOTRE façon, à avoir VOS propres verbes moteurs, même s’ils ne sont pas plébiscités par une corporation ou par vos proches. Bien au contraire. En laissant la place à cette unicité, vous apprendrez à ancrer vos vraies motivations !

Alors et vous ? Pourquoi faites- vous « tout ça » déjà ?   

Partagez avec moi votre liste de verbes moteurs !  

11 Sep 2017

Il y a toujours un moyen.

Avez vous remarqué comme le fatalisme s’empare vite du cerveau humain ? Un échec , deux échecs et on a vite fait de jeter le bébé avec l’eau du bain, de laisser tomber ses rêves, de revoir ses ambitions à la baisse ...

Et si je vous dis cela, c’est en connaissance de cause, car je n’échappe pas à cette tendance très française. Me lever tous les matins pour promouvoir mon écriture ou mon entreprise de conseil aux auteurs sur booknseries, n’est pas un long fleuve tranquille et savoir voir, dans les périodes de doute, dans les accidents de la vie, une façon de se remettre en question, n’est pas un exercice naturel.

Pourtant force est de constater que personne n’avance en ligne droite… et tous les écrivains savent que ce qui fait l’intérêt d’une histoire, ce sont les obstacles et la façon dont le héros les surmonte ! ;)

Recommencer, ce n’est pas repartir de zéro, c’est avoir envie d’y arriver ! 
Votre promotion ne vous amène pas assez de ventes ? Réflechissez à de nouvelles façons de vous promouvoir ! Vous avez écrit un livre dont vous pensez qu’il est médiocre, travaillez à en écrire un meilleur ! Je démarre mon sixième roman et, à chaque fois que je débute l’écriture d‘une nouvelle histoire, je le fais avec le sentiment de pouvoir m’améliorer.Car il est rare que l’on atteigne ses rêves du premier coup, non ? ! On nous parle de talent mais on oublie souvent de dire que c’est surtout l’envie et l’engagement qu’il faut arriver à cultiver pour réaliser ses rêves. Aucun talent reconnu de l’écriture ou de tout autre domaine ,n’est arrivé là où il est sans travail ni persévérance.

Les vrais miracles ne sont pas ceux qui nous font reussir mais ceux  qui nous font avancer 
Rencontrer une personne qui vous comprenne, découvrir un service ou une formation qui vous aide, porter son attention vers le plaisir, réaliser où se trouvent ses compétences … C’est à chaque fois que nous avons l’opportunité de pousser une nouvelle porte au lieu de rester immobile que le miracle se produit. S’attendre à être numéro 1 en appliquant une recette vendue sous ce nom est illusoire. En tant que coach d’auteur, je suis de plus en plus amenée à travailler avec des écrivains édités qui veulent apprendre à se promouvoir et à renforcer leur communication tout en se libérant du temps d’écriture grâce à mon support : la preuve que, dans toute entreprise,  le chemin n’est jamais terminé, il se construit.  

Il me semble que la Vie a un sens qui parfois nous dépasse et que notre seule responsabilité est de ne pas en  ignorer les signes qui sont autant de moyens d’avancer vers nos rêves ... Vous ne croyez pas ? 

 

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