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30 Apr 2018

Tout dépend du contexte

Je lisais hier soir un passage de « La servante écarlate » où l’héroïne se voit proposer une partie de scrabble et songe, qu’à ce moment là, avoir le droit de jouer, qui plus est avec des mots, lui semble être la chose la plus  incroyable qu’elle ait faite depuis longtemps.

Oui.  Tout dépend du contexte.
Dans un monde où rire et réfléchir est interdit, le jeu devient une activité extraordinaire.
De la même façon, dans un contexte de poussée du féminisme, ce livre datant de 1985 et traitant de l’utilisation du corps de la femme à des fins de procréation, se trouve réédité, au top des ventes, et adapté par OCS.

Oui. Tout dépend du contexte. Il est important de garder cela à l’esprit lorsque l’on lit, que l’on écrit ou que l’on est lu.

D’autant plus que le contexte a deux facettes : celle que l’on subit, et celle que l’on maitrise.

On peut tomber sur un lecteur ayant vécu la même chose que nous ou être rattrapé par une actualité forte, comme ce fût le cas pour mon roman  « Female » que j’ai écrit en partant de mon expérience et de ma vision, juste avant la grande explosion des associations de femmes  et des débats autour du rapport homme-femme, nés en 2017
On peut être lu par un amateur ou bien par un critique.
Tomber sur un lecteur détendu ou un lecteur stressé.
Venir connecter avec l’empathie d’un lecteur ou entrer en collision avec ses valeurs. 

Cela, nous ne le maitrisons pas.

Par contre, le fait que nous ayons nos propres valeurs, nos thèmes d'écriture, notre plume, nos inspirations propres … créée un contexte qui va expliquer nos œuvres et les rendre audibles, quelque soit le lecteur.
Je parle souvent de cohérence dans la posture d’auteur. La cohérence, ce n’est rien d’autre que ce contexte nécessaire à une écriture à la fois authentique et compréhensible. Le contexte de lecture ne vous est peut être pas toujours favorable mais celui dans lequel vous présentez vos livres devrait toujours l’être.
Construire et nourrir une personnalité d’auteur unique et qui vous ressemble, c’est tout simplement créer le contexte le plus favorable à la découverte de votre écriture…

J'en profite pour dire à tous les auteurs bordelais, résidents ou de passage que, le 2 juin prochain, j’animerai en compagnie de Nadia Bourgeois, le premier atelier Bordelais de la pépinière Bookelis qui aura pour double thème Identité des personnages et Identité d’auteur Pour en savoir plus et vous inscrire, suivez ce lien… https://www.bookelis.com/blog/140_une-journee-entiere-de-la-pepiniere-le-2-juin-2018.html        

23 Apr 2018

Poser un regard nouveau sur son écriture

« La vie est ainsi faite, elle paraît toujours ou bien trop longue ou bien trop courte… On pense pourvoir effacer le passé et rattraper le temps perdu mais le seul temps qui nous appartienne vraiment, c’est le présent… C’est là que se prennent les vraies décisions… » 

( Le fauteuil de César  - extrait )

Dans ce court extrait de mon prochain roman, j’évoque le temps qui passe et cette idée que, trop souvent empêtrés dans nos regrets ou tétanisés par les enjeux de l’avenir, nous oublions de regarder autour de nous et de vivre pleinement la réalité de l’instant présent.

L’écriture, comme toutes les aventures humaines, est une route longue, personnelle, où se mêlent accomplissement de soi, relations humaines et créativité. On avance dans l’écriture exactement comme dans la vie, parfois avec plaisir, parfois avec difficulté, parfois avec ambition, parfois sans y mettre aucun enjeu…Mais au fond, ce qui nous permet d'avancer, ce ne sont pas les coups d'oeil dans le rétro ou à l'horizon, c’est ce qui se passe maintenant, aujourd'hui même ! L’émotion qui nous donne envie d’écrire quelques lignes, l’auteur dont nous saisissons le livre et qui nous inspire, un retour de lecture enthousiaste de la part d'un être cher, l’inconnu que nous croisons et à qui nous parlons de notre roman, l'envie de partager une découverte ou une réflexion sur les réseaux sociaux… Bref, tout ce qui vient nourrir notre passion au quotidien !     

Mais la nostalgie, les regrets, la peur d’échouer, font partie de la nature humaine. Alors savez-vous ce que je fais lorsqu’ils me submergent ? Eh bien j’ouvre grand les yeux ! Vous savez, un peu comme lorsque l’on débarque dans un pays étranger , que chacun de nos regards est plus attentif et que chaque minute semble étirée par la découverte de l’inconnu... Lorsque je fais cela, le présent apparaît soudainement comme un endroit à la fois rassurant et inattendu, sorte de ralenti tourné vers tous les possibles ! 

 Je vous souhaite une journée pleine de joies voulues et imprévues !  

 

16 Apr 2018

Laisser la place au lecteur

À moins d’un mois de la sortie de mon prochain roman et alors que je reçois les premiers retours de mes bêta-lecteurs, je suis une fois de plus frappée par l’abord qu’ils ont de mon histoire et par les attentes qu’ils y ont mises.

J’ai vu, il y a une semaine sur Arte, un formidable reportage sur Maurice Béjart dans lequel il disait adorer laisser le public s’imaginer ce qu’il avait voulu exprimer dans ses chorégraphies. J’aime beaucoup cette idée…

Ne pas chercher à répondre, à justifier de ce que l’on a écrit mais être à l’écoute de l’interprétation du lecteur.

Les intentions cachées derrière un livre, celles qui répondent à la question, « pourquoi est-ce que MOI, j’écris CE livre ? », sont celles qui vont lui donner naissance. Ces raisons là sont très personnelles. Inexplicables. Voire inavouables ! Ce sont pourtant celles qui poussent à l’écriture la plus intense et la plus authentique.

Les intentions que le lecteur met dans un livre sont, elles,  liées à la question « pourquoi ce livre m’a t-il plu ou déplu ?  ». Ces raisons sont liées aux thèmes abordés, à la forme du récit, à l’angle choisi pour traiter la problématique du héros. Ces raisons là sont le résultat de ce que le lecteur aura projeté dans le livre. Elles n’appartiennent pas à l’auteur.

En comprenant cela, il devient plus facile de profiter de chaque retour de lecture et de faire le tri entre les critiques (bonnes ou mauvaises) qui nous font progresser et celles qui sont le fruit de projections du lecteur.

Tout comme le soulignait Monsieur Béjart, et même si cela peut s’avérer difficile, il est à la fois terriblement amusant et indispensable de laisser au lecteur la liberté de réécrire l’histoire de nos histoires. De lui laisser trouver une interprétation, une origine, une raison d’être à nos créations.

Merci à tous ceux qui me lisent …

 

09 Apr 2018

La force tranquille des livres

Avant de me mettre à écrire, j’ai tour à tour voulu être sculptrice, rockstar, journaliste, avocate… Et puis, finalement, à 40 ans, j’ai fini pas me découvrir romancière...

Virage à 180 °?

Je ne crois pas. Dans mes livres, je plaide pour la liberté individuelle, je plonge dans des ambiances rock… Grâce à mon écriture, je blogue sur l’actualité et la société. Je partage mes connaissances et j’exprime ma créativité au travers de mon entreprise, Booknseries. Grâce aux livres, je rencontre un tas de lecteurs et d’auteurs, aussi incroyables que bienveillants avec qui je vis des moments inoubliables…

Et c’est là, je crois, une des grandes forces du livre et de l’écriture.

En mettant des mots sur nos émotions et nos aspirations les plus profondes, ils ouvrent la porte à une expression plus authentique, plus libre, à la marge du contexte social au sein duquel nous bridons trop souvent notre pensée, notre parole et notre coeur.
Le livre nous offre une occasion de discuter, de réfléchir, de débattre, de rire ensemble... de nous interpeller sur le sens de la vie, sans avoir à justifier, au préalable, d'une position sociale.    

En faisant écho à notre humanité, les livres brisent, souvent sans en avoir l’air, les frontières quotidiennes que la société construit entre les hommes. À leurs côtés, l'Homme se prend à oublier l’âge qu'il a, d’où il vient, qui il est « dans le civil »…Il se raconte des histoires et pourtant, ce faisant, il n’a jamais autant parlé de lui et de ce à quoi il aspire vraiment... 

L'écriture et la lecture m'ont permis de me réconcilier avec moi même et de me construire tout en m'ouvrant au monde façon authentique. Et vous ? Quelle expérience humaine le livre vous a t-il permis de vivre ? 

02 Apr 2018

Prendre le temps ....

En ce jour férié, bonus au cœur de nos vies surchargées, j’ai envie de vous parler du temps. De celui qu’il faut parfois savoir prendre, pour savourer les choses…

Je suis allée voir ce week-end le film « The Rider »  de Chloé Zhao , l’histoire d’un cavalier qui voit sa carrière de star du rodéo remise en cause par une grave chute de cheval. Moments intimistes entre ces cowboys en quête de reconnaissance ou, tout simplement, d’un destin ; œil attendri porté sur les liens fusionnels entre un animal et son dompteur ; décor grandiose, hors du temps, coupé du monde  …  Au delà de l’histoire, c’est la subtilité de la réalisation de ce film, à la fois simple et émouvante, qui, petit à petit, m’a permise d’entrer dans une ambiance de western moderne où l’héroïsme se frotte au « has been ».

Lorsque les lumières se sont rallumées, les yeux encore emplis de larmes (inutile d’essayer de les cacher… ) , je n’ai pu m’empêcher de remercier le réalisateur de m’avoir offert cette pause. D’avoir pris le temps et le risque de faire un film sans esbroufe et sans enjeu, si ce n’est celui de partager des émotions sincères.

L’art, comme nombre de productions de ce siècle, est de plus en plus soumis à des contraintes de temps, de rentabilité, d’efficacité. Sexy dès les premières pages, sortie de plusieurs opus par an… le livre n’échappe pas à ce mode de consommation, jetable.  

Mais un livre a besoin de temps,  pour être lu, comme pour éclore.

La semaine dernière, une auteure indé m’interrogeait sur le temps ( trop long ? ) qu’elle prenait à étayer son premier roman par des voyages et des rencontres. Je lui ai répondu qu’elle seule savait quel temps lui prendrait cet accouchement. Qu’elle seule connaissait le nombre de jours qu’elle souhaitait encore accorder à cette phase d’écriture pour qu’elle considère cette aventure comme close et prête à être partagée avec des lecteurs.

L’homme a besoin de temps pour grandir, pour comprendre, pour aimer, pour accepter, pour découvrir... pour écrire !

Prendre son temps, ce n’est pas forcément être lent, ni procrastiner, c’est aussi mûrir et apprendre à vivre pleinement une expérience !

Je vous souhaite une belle et lente journée … :) 

26 Mar 2018

À l’aube d’un sixième roman

Je l’annonçai samedi sur ma page facebook, après plusieurs relectures -réécritures (qui ne seront pas les dernières !) j’ai ce week-end, pour la première fois, mis mon roman dans d’autres mains que les miennes : celles de mes bêta-lecteurs, de mon illustrateur, et de ma correctrice.
Or je dois dire qu’en dehors du côté indispensable de la démarche pour parfaire le livre, cette avant-première laisse l’auteure que je suis dans une forme d’attente assez particulière et, pour une fois, dans une forme de sérénité.

Serait-ce la maturité ? :)

De ma correctrice, un peu comme d’une éditrice, j’attends qu’elle ôte les fautes oubliées, affûte encore mon style et le rythme du livre, me donne un avis de lectrice aguerrie sur les thèmes abordés dans mon roman.
De mon illustrateur, j’attends qu’il fasse émerger, au travers de sa plume, l’image qui reflètera le mieux l’esprit de ces 250 pages. Il me connaît par cœur et j’ai une confiance absolue en sa vision et son talent.
De tous, et surtout de mes bêta-lecteurs, j’attends un retour plus spontané, émotionnel. Sorte de lecteurs idéaux, tous sensibles à mon écriture, ils ont aussi chacun leur personnalité et une vision différente de la vie. Il est dès lors très intéressant pour moi  de voir ce qui les a particulièrement touchés. De voir s’ils ont lu entre les lignes et si, en quelques sortes, j’ai fait mouche ! 

Mais, quoi qu’il arrive, et face à ce mystère qui me pousse à écrire encore et encore des histoires, j’accueille la sortie de ce sixième roman avec calme. Je ne cherche plus, désormais, à savoir si ce que j’écris pourrait déplaire. Je cherche d’abord à aller plus loin dans mon écriture et à être certaine, avant tout, que ce que je dis, me touche, moi. À un ami qui me demandait récemment comment j’allais pitcher mon prochain livre, j’ai répondu en plaisantant : je dirai que c’est du « Laure Lapègue » ! Attention !  Il n’y avait là rien de prétentieux ! Juste un certain réalisme. Je le dis à chaque auteur que je conseille dans sa communication, un écrivain, quoi qu’il raconte, est unique. Dès qu’il a compris cela, il peut  enfin libérer son écriture du regard des autres et aller rencontrer son public en toute sérénité, sans attendre autre chose que de partager ce qu’il a au fond du cœur et des tripes ... 

19 Mar 2018

Les années se suivent …

Côtes,  sternum  et vertèbres cassés … trois mois de corset jour et nuit.

Il y a un an pile, après une nuit sans lune, le jour se levait dans ma chambre d’hôpital et un docteur m’annonçait le bilan de l’accident de voiture que j’avais eu la veille, dans la soirée. Le Salon du livre était dans cinq jours, j’avais une entreprise à développer... et je ne pouvais rien faire pour changer les choses.

Un an plus tard, je me réveille –certes, un peu fatiguée:) - mais remplie de vos sourires, de vos encouragements, de l’intérêt que vous portez aux valeurs portées par Booknseries.
Pendant 3 jours, (et encore aujourd’hui, car, même si je ne suis pas là, mes complices auteurs de la team booknseries ,veillent au grain sur le stand C62 ) auteurs, lecteurs, blogueurs , entrepreneurs, sont venus partager sur le stand Booknseries leur bonne humeur, leur enthousiasme mais, surtout, des valeurs et un vrai projet.


En créant Booknseries, je voulais faire passer le message que l’autoédition pouvait apprendre à se professionnaliser et être un vrai lieu de découverte pour les lecteurs désireux de sortir des sentiers battus. Pendant quatre années  je n’ai cessé de diffuser ce message et de rassembler autour de moi des auteurs et des lecteurs, ici et là, qui croyaient en cette idée. Mais cette année, lors du salon du livre de Paris, j’ai vraiment mesuré à quel point ce rêve était devenu une réalité !

Il y a un an, je me réveillai abattue, pleine de questionnements sur le sens de la vie et de ma folie créatrice. Aujourd’hui, grâce à Manuel Bénétreau et Chris Simon, qui m’ont convaincue de faire un stand Booknseries à Livre Paris et, grâce à vous tous, qui m’avez rendu visite et encouragée,  j’ai envie de continuer à faire de Booknseries un lieu de référence.  D’offrir une vraie reconnaissance aux auteurs indés,  à côté de celle que propose l'édition classique, et une vraie alternative aux lecteurs désireux de découvrir de nouveaux auteurs.  

Je disais hier à un ami que c’est toujours dans une année de vie écoulée que je puise l’inspiration de mes romans. Que ce que je traverse durant 12 mois, me donne l’occasion d’explorer sous un nouvel angle le sens de la vie et de raconter une histoire qui portera cette expérience. Le roman que je viens de terminer est le fruit d’une année tourmentée, qui m’aura appris que l’important n’est pas de réussir demain, ni de  regretter hier, mais bien de profiter du présent et du bonheur qu’il apporte. Je compte donc bien vivre et prolonger cet instant pour en faire une belle nouvelle année à vos côtés.

Merci à tous vraiment. Du fond du cœur… Et à bientôt  

12 Mar 2018

Auteur Indé : état ou état d’esprit ?

Vaut-il mieux être indépendant ou édité ? C’est une question que l’on me pose de plus en plus fréquemment.
Eh bien je crois que c’est exactement comme si vous me demandiez s’il vaut mieux être salarié ou indépendant. Pour avoir connu les deux, je sais qu’il y a, dans les deux modèles, des avantages et des inconvénients.

Le 7 mars dernier Booknseries a fêté ses quatre ans. Qui aurait cru, il y a quatre ans, que je quitterais l’entreprise où je travaillais pour monter ma société, que j’écrirais quatre romans de plus et que des auteurs s’associeraient à moi, qui ne connaissait presque rien du monde du livre, pour faire de Booknseries l’un des symboles du nouveau visage de l’édition au Salon du Livre 2018 ?  

Moi... Secrètement... Mais encore fallait-il ne pas perdre le cap. Travailler. Y croire. Et tenir la distance…

Je crois que l’important, lorsque l’on fait un choix de vie, est de garder à l’esprit quel modèle nous permettra de rester au plus proche de nos valeurs et nos envies présentes.

Être indépendant, lorsque l’on est auteur, ce n’est pas seulement travailler seul, c’est avoir une certaine vision de l’édition et du rôle que l’on veut y jouer.  Chercher  à être  plus autonome, à ne pas rester les bras croisés en attendant un éventuel éditeur, à chercher des solutions, à vouloir faire évoluer le système…

Lorsque Chris Simon m’a proposée de soutenir la pétition ‘les auteurs indépendants sont des auteurs comme les autres ‘, ma première réaction a été de me demander si cela n’allait pas stigmatiser encore davantage l’autoédition. Et puis j’ai réfléchi. Pourquoi nous interdire l’accès aux prix littéraires,  à certaines associations ou aux bibliothèques,  alors que les libraires eux même nous ouvrent leur porte ! 

Les auteurs indépendants ne sont pas une race à part. Ils ont seulement une approche différente de l’édition. Et quelles que soient les raisons qui les ont amenés à s’autoéditer, ce seul fait ne peut pas les rendre a priori inférieurs à auteur édité ! D’autant plus qu’une majorité d’auteurs, dont je fais partie, font le même travail de correction, d’édition et de promotion sur leur livre, que le ferait une maison d’édition !

Au bout du compte, n’est ce pas toujours le lecteur qui décidera du succès d’un livre ?

Alors si vous partagez cette idée qu’être auteur indépendant, c’est réfléchir et participer à la vie littéraire et la nourrir, avec les mêmes droits et les mêmes obligations vis à vis du lecteur que n’importe quel auteur édité, alors signez et faites circuler cette pétition !

Merci les amis et rendez vous ce week-end à Paris Stand C62 avec mes amis et complices Manuel Bénétreau et Chris Simon 

 

05 Mar 2018

Les enjeux de l’Édition… à quelques jours du Salon Livre Paris

Je suis récemment tombée sur un article du Figaro dont le sujet portait sur une étude de 2017 établissant qu’un livre sur quatre publié en France est détruit sans avoir été lu, soit 142 millions d'ouvrages chaque année !!!

En dehors des enjeux écologiques évidents et des solutions laborieuses pour tenter de limiter la casse, notamment en faisant bénéficier les plus démunis de cette folle surproduction, se pose une vraie question : celle de la responsabilité du monde de l’édition dans le maintien d’un système où l’on fabrique des livres sans penser à ceux qui vont les lire !

En créant Booknseries en 2014, j’ai voulu, à mon humble niveau, amorcer un mouvement qui nourrisse la nécessaire (r)évolution de l’édition. Une évolution qui, selon moi, passe par la prise en compte d’une double réalité. D’une part, celle du poids d’internet dans la vente et la promotion de tout bien, qu’il soit culturel ou non. D’autre part, celle de l’importance d’une promotion intelligente des livres impliquant, a minima, l’existence d’une ligne éditoriale.  

Internet et la poussée de l’autoédition :
Je suis auteure indépendante depuis 2011, un choix du initialement à mon scepticisme quant à un retour positif d’un éditeur mais qui, aujourd’hui, est davantage lié au manque de valeur ajoutée évident de certains d’entre eux. Il y a quelques années, presque tous les auteurs qui s’autoéditaient le faisaient par défaut, en attendant un éditeur. Lorsque je créai Booknseries et publiai mes premiers auteurs indés, mon idée était de prouver qu’internet pouvait être une vraie alternative et permettre aux lecteurs de découvrir des auteurs de qualité, sans que cela passe forcément par l’édition ou le papier.  Tout comme le monde de la musique, celui du livre a longtemps tenté de nier une réalité : internet permet aussi de mettre en avant les talents littéraires, et, qui plus est, à moindre coût, grâce au format e-book et à l’influence des communautés.

Mais après avoir si longtemps boudé le web, voilà que l’édition commence à y faire son marché, notamment parmi les bestsellers d’Amazon. De  solution de repli, internet deviendrait-il un tremplin ?
Le rôle de l’édition de demain serait-il alors de guetter les étoiles et les commentaires pour sélectionner ses prochains auteurs ? Je ne crois pas. Car l’édition a une vraie valeur ajoutée, une mission que j’ai voulu remettre en avant au travers de Booknseries : celle de créer une ligne éditoriale, de conseiller ses auteurs et de les promouvoir.

Le vrai rôle de l’éditeur : conseiller les auteurs et trouver des lecteurs.
Un livre, pour atteindre des lecteurs, soit être promu. Or le fait qu’un ouvrage sur quatre passe au pilon, nous prouve à quel point l’édition ne joue pas assez son rôle de prescripteur et de promoteur. Trop de petites maisons d’édition n’ont ni ligne éditoriale, ni stratégie commerciale. Le système les pousse à mettre régulièrement des livres dans le circuit pour maintenir leur trésorerie : comment pourraient-elle avoir encore le temps et l’argent pour la promotion ?  Quant aux grandes maisons, elles réservent une grosse partie de leur budget de communication aux auteurs stars qui, même s’il financent l’édition des plus petits, n’aident pas pour autant à les faire vendre… 
Au cœur de ce qui ressemble à un drame, l’auteur, désormais indépendant, a pourtant un rôle essentiel à jouer. En étant plus éclairé, en sachant maitriser sa communication, il sera plus à même de choisir et de construire, avec l’éditeur, son plan de promotion. Ainsi il pourra contribuer à un nouveau mode d’édition, plus collaboratif, certes, mais aussi plus équilibré et plus efficace.

C’est parce que je crois en ce nouvel équilibre et en cette révolution que j’ai accepté sans hésiter l’invitation de Chris Simon et Manuel Benetreau à faire ensemble le Salon du livre de Paris sous la bannière Booknseries.
Trois auteurs indépendants,  écrivant autour de la ligne éditoriale Série, Polar de Booknseries. Trois auteurs professionnels, prêts à partager leur expérience d’auteur et à rencontrer leurs lecteurs.  Et un message à faire passer : celui d'un nouveau visage de l’édition.  

Je ne sais pas ce que sera Booknseries dans dix ou vingt ans mais le conseil apporté aux auteurs dans leur communication, la conscience permanente qu’un livre, quel qu’il soit, doit être édité pour être lu et par conséquent systématiquement faire l’objet d’un vrai plan de communication et de distribution, avant d’être imprimé, contribuera, je l’espère, à créer le nouveau visage de l’édition !

Je vous donne  donc rendez-vous sur le Stand C62 en compagnie de mes amis et talentueux auteurs Chris Simon et Manuel Benetreau bien sûr... mais aussi d'un tas d’autres professionnels venus partager leur expérience et leurs compétences.  Retrouvez le programme sur la page FB booknseries . ou sur le bookn'blog !          

26 Feb 2018

Quel est votre mot préféré ?

Voici la question que le dernier numéro de l’excellente revue L’Éléphant  posait à quelques personnalités célèbres.( une revue, qu’au passage, je conseille à tous ceux qui veulent se cultiver sans douleur et dans tous les domaines de 10 à 99 ans  :) En tant qu’auteure, penseuse (tiens , voilà encore un mot qui sonne étrangement au féminin !:) et amoureuse des bons mots, j’ai voulu m’amuser et répondre à ce petit défi.

Or ce qui démarra comme un jeu, m’en apprit beaucoup plus que je ne l’aurais cru sur mon écriture et sur moi même. Et la première chose que je constatai fût que de choisir un seul mot était très difficile. En fait, au fil de mes réflexions, trois mots vinrent à moi, dans cet ordre :

Le premier mot qui me vint fut « Respect » : un mot aux sonorités un peu dures et souvent employé de façon défensive.  Pourtant ce mot est, selon moi, celui sans lequel rien de constructif n’est possible dans ce monde. Le respect de soi, pour commencer, de ce qui nous est offert, de ce que nous gagnons, de l’autre, de la nature qui nous entoure... Comment la bienveillance, la curiosité,  l’amitié, l’amour bien sûr,  pourraient-il exister sans  « respect » ?! Sans respect comment trouver sa place et la laisser aux autres ?

Le second mot qui me vint fût celui de « Folie ». Pourquoi ? Déjà parce que j’aime sa rondeur et la façon dont le frottement du « F » annonce le cri du « i ». Mais aussi parce que la folie est une notion totalement relative et variable. La folie peut être douce, totale, maladive... Elle peut porter à la fois tous les espoirs et toutes les désespérances. Elle varie d’une société à l’autre, d’un pays à l’autre, d’un foyer à l’autre, même ! La folie est toujours incomprise. J’aime l’idée de cette rébellion.

Le dernier mot me ramenât à l’écriture. Franck Thillier l’avait d’ailleurs choisi, en répondant à la question du journaliste de l’Éléphant.  Il s’agit du mot « Suspense ». Un mot compréhensible dans de nombreuses langues et qui, avec ses nombreux « s » nous susurre à l’oreille la promesse d’un long frisson…

Respect. Folie. Suspense. En me retournant sur ces mots, je me suis aperçue qu’ils étaient tout simplement le pourquoi  et le comment de mon écriture. À la fois des moteurs et un puits intarissable. Un concentré de tous les autres mots que je couche sur le papier.. 

Et vous les amis ? Avez vous un mot préféré? 

 

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