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16 May 2016

Les livres qui te donnent envie d’écrire…

« 800 pages ! Je suis pas fan des pavés tu sais … »
Voilà ce que j’ai dit à mon ami lorsqu’il a mis ce livre entre mes mains.  En quatrième de couve, l’auteur annonçait :  "Un bon livre est un livre qu’on regrette d’avoir terminé. "
Jusque là, j’étais d’accord.  Et si l’auteur avait eu ce souci là en l’écrivant c’était déjà bon signe …
— Ok. Si tu me dis que c’est bon …
— Lis-le ! Tu verras, tu ne pourras pas le lâcher, insista mon ami. 

J’ai emporté le roman. C’était il y a un mois.

Et puis hier matin, alors que mon café infusait gentiment dans ma Bodum à piston, je me suis mise à parcourir machinalement les étagères de ma bibliothèque… La journée s’annonçait belle et l’envie d’entamer un nouveau livre sur mon transat’ me titillait… C'est alors que mes yeux tombèrent sur l’intrus. Le fameux pavé. 
« Que fait ce livre énorme dans ma bibliothèque ? »  pensai-je  tout en attrapant l’imposant format  soit disant de « Poche » ! ...( A croire que ce livre ne cessait de m’interpeller physiquement !)   

                                «  La vérité sur l’affaire Harry Quebert  » de Joël Dicker

En lisant le titre, tout me revint. Le week-end à Toulouse, la discussion avec mon ami. Bravant l’appréhension de me lancer dans un roman de cette taille(ne croyez pas que j’en fasse une religion mais je suis souvent septique sur la capacité d’un livre ou d’un film à -me- tenir en haleine au delà d’un certain nombre de pages ou d’heures) je l’emportai avec moi, me disant que j’allais en lire les premières pages tout en sirotant mon café.

« Le premier chapitre est essentiel Marcus. Si les lecteurs ne l’aiment pas, ils ne liront pas le reste de votre livre » ( extrait de La vérité sur l’affaire Harry Quebert  )

Quelques minutes plus tard, non seulement j’avais avalé le premier chapitre mais je sentis que j’étais délicieusement et bien malgré moi, embarquée dans une histoire que j’allais avoir beaucoup de mal à quitter ! Lorsque finalement je reposai le livre, à regret car je devais aller travailler, ce ne fût que pour mieux replonger quelques heures plus tard et en avaler 500 pages en une demi journée, sans que rien ne puisse détourner mon attention.

Alors certains ont peut être déjà lu ce roman. Pour les autres, sachez juste qu’il s’agit d’ une enquête menée par un écrivain à succès et en mal d’inspiration qui décide de porter secours à son mentor (lui aussi auteur reconnu) inculpé dans une histoire de disparition de mineure. Le synopsis en soit, n’est pas très original. Et c’est justement là que le talent de l’auteur intervient. Le roman est tellement bien construit qu’il agit sur vous comme une véritable drogue.  Rien ne met fin  au suspens et les dialogues sont si vivants, si réalistes, que l’on a l’impression de regarder un film.  Au moment où je vous parle, je ne suis pas encore arrivée au dénouement mais ce dont je suis sûre, c’est que s’il y a une recette au best seller, elle est dans ces 800 pages !
 

En tant qu’auteur et pour des raisons liées à mon goût prononcé pour les personnages fouillés, l’introspection et le suspense, certains livres m’ont fait me rendre compte de l’excellence qui pouvait exister en la matière et du chemin qui me restait à parcourir pour m’en rapprocher (ne serait-ce qu’un peu !)…   Monsieur Ripley  de Patricia Highsmith, Les cahiers secrets d’Anaïs Nin, Les heures souterraines de Delphine de Vigan… tous ces auteurs m’ont scotchée par leur talent mais m’ont aussi donné l’envie d’être plus ambitieuse pour mon écriture.
C’est à ce titre que La vérité sur l’affaire Harry Quebert fera désormais partie de ces bouquins là. Parce que pour moi l’envoûtement du lecteur est un art … et que Joël Dicker est un vrai marabout !

Et vous ? Quels sont les romans qui vous marqué, sidéré ?... Et ceux qui vous ont donné envie d’écrire ? 

 

09 May 2016

Alors à quand le prochain ?

N’avez vous jamais vécu ce moment où , alors que vous venez juste de finir votre bouquin et que vous commencez à peine à le faire lire, les gens vous demandent déjà si vous écrivez le prochain ? Un peu comme lorsque vous rentrez juste de vacances, la tête encore pleine de  souvenirs et que l’on ne vous demande qu’une chose : quand sont les prochaines... ?

« Alors à quand le prochain ? »
Je me demande souvent à quoi peut correspondre cette petite phrase. Un moyen d’éviter de parler du précédent ? Un compliment sincère ? Le résultat de la société de  consommation … ou une simple façon de meubler la conversation ?  Difficile de savoir…! 
Et après tout ce n’est pas bien grave… mais la question a au moins le mérite de nous interroger sur le rythme de notre écriture, sur ce que nous, auteurs, sommes capables de produire dans un temps donné.

Une question complexe car elle mêle des aspects à la fois objectifs et très subjectifs. Le fond et la forme en quelque sorte.

Long ou court ?
Il est évident que l’on ne peut pas écrire un roman à la vitesse où on écrit un poème ou une nouvelle.  Je vois aujourd’hui avec plaisir un nombre grandissant de textes courts être auto-publiés. Ce genre de récit est une façon de « nourrir »  à la fois de façon plus régulière et différente un paysage littéraire français, très-  et trop -  imprégné par le roman. C’est aussi un moyen pour l’auteur de publier davantage d’ouvrages...  Mais encore faut-il avoir envie de faire du court !  En ce qui me concerne,  je ne sais pas écrire autre chose que du long !  Peut être est-ce parce que je n’ai pas appris à y prendre goût, peut être est ce parce que j’ai un besoin d’immersion profonde dans mes personnages ? Toujours est-il que, même si j’établis une routine quotidienne,  j’ai besoin d’un minimum de temps pour penser, écrire puis corriger les 280 pages que je noircis pour raconter chacune de mes histoires.

Et au delà du temps technique minimal nécessaire à l’exercice, il est un temps de maturation qui me paraît indispensable.

Le temps de mûrir une histoire.
Force est de constater que la quantité et la rapidité de production sont souvent un critère de professionnalisme et que le besoin d’argent dicte parfois sa loi. L’exemple du roman « J’irai cracher sur vos tombes »  dont l’idée serait née en 10 min et dont  Boris Vian  a écrit le texte en deux semaines en est un bon exemple…
Mais en dehors du besoin d’argent ou de la pression de l’éditeur (dont beaucoup d’entre nous ont la chance d’être préservés : )), qu’est ce qui déclenche l’écriture ? Qu’est ce qui va permettre d’aller au delà de l’idée et d’un premier jet pour faire aboutir un texte. Personnellement, la façon dont l’histoire prendra forme est  étroitement liée à mon état d’esprit, à mes aspirations du moment. J’ai écrit mon dernier roman, « Une Vie Meilleure »,  alors que je venais de quitter mon entreprise et de me lancer dans une aventure personnelle et professionnelle qui m’appelait depuis longtemps. L’histoire de Yanis Blum trottait déjà dans ma tête depuis plusieurs mois lorsque j’ai commencé à la coucher sur le papier mais c’est Mon histoire qui a permis de lui insuffler la vie. Le parcours de ce mentor tiraillé entre sa quête de réalisation personnelle et ses peurs d’abandon est né des dilemmes que j’ai pu traverser, des personnes que j’ai pu croiser à cette époque, de la solitude relative que je me préparais à vivre après des années de vie de bureau… Les éléments de ma vie personnelle, ma sensibilité du moment ont peu à peu imprégné l’histoire que j’avais en tête et tout est devenu clair : là j’ai pu commencer  à écrire.

J’ai bien conscience que l’on peut forcer son esprit à travailler, s’entrainer comme un sportif et écrire sur commande... Mais pour quel résultat ? Ne pensez vous pas qu’il  soit primordial de se demander à quelle émotion,  à quel besoin,  notre envie d’écrire répond pour comprendre notre rythme de créativité, de production et apprendre à le respecter pour continuer à produire des écrits de qualité  ? 

02 May 2016

De quoi le pseudonyme protège t-il ?

C’est en préparant l’émission « De la Plume à la Une »  que je co-anime demain soir sur blab et qui a pour sujet le « Coming out de l’auteur » que je me suis posée cette intéressante ( du moins je le pense :) question.

Lorsque j’ai terminé mon premier roman, et comme de nombreux auteurs il me semble, je me suis demandée sous quel nom j’allais l’éditer. Allais-je faire savoir qui se cachait derrière ces lignes, ou me contenterais-je d’avancer prudemment,  à couvert ? Car oui, pour moi, il s’agissait  bien de se cacher. Grosso modo la question se posait en ces termes : soit j’assumais, soit je n’assumais pas. Utiliser mon vrai nom pour écrire a été un moyen de m’affirmer dans mes nouvelles envies personnelles et professionnelles et ce, bien au-delà de mes romans.

Cependant, je ne crois pas que la question du pseudo d’auteur se pose toujours en ces termes. D’ailleurs certains écrivains, comme les rock stars, prennent un pseudo uniquement pour se donner un nom de plume plus impactant, plus sexy. 

Mais même si chacun a ses propres (et bonnes) raisons pour choisir d’écrire sous un pseudonyme, il faut garder une chose en tête :

                                              le pseudo CACHE TOUT AUTANT QU’IL PROTEGE.  

Un pseudo pour protéger sa vie privée  
La majorité des personnes à qui je demande pourquoi ils utilisent un pseudo parlent de protéger leur situation professionnelle ou leur famille. Je comprends bien ce choix dans le cas d’un employé de banque écrivant sur les pratiques inavouables de son milieu professionnel, ou encore dans celui du récit d'un drame très personnel rédigé sous forme d’autofiction... Et sans aller jusque là, j’entends bien aussi que l’on puisse avoir besoin de revêtir un costume de « super écrivain » pour trouver le courage de mettre des émotions intimes ou sa vision du monde sur la place publique… C’est vrai, le pseudonyme peut mettre une distance salutaire entre vous et vos lecteurs : une distance permettant davantage de franchise, une totale désinhibition, une séparation claire entre vos identités d’ ‘auteur’ et de ‘civil’. Mais attention à ne pas trop se cacher derrière l’argument de la protection de la vie privée pour éviter de s’assumer en tant qu’auteur.

Un pseudo pour éviter d’assumer son identité d'auteur ?
Je vous le disais, j’ai moi même eu la tentation d’utiliser le nom de jeune fille de ma mère pour me publier. Un petit tour de passe passe qui m’aurait rendue accessible sans l’être de façon trop évidente…  Et si certains auteurs utilisent le pseudo pour se rendre moins vulnérables, j’ai tout de même tendance à penser qu’une partie d’entre eux en font inconsciemment un moyen d’éviter une confrontation directe avec leurs lecteurs, à commencer par les plus accessibles : leurs proches.  Attention dans ce cas, et surtout si vous vous  publiez vous mêmes, à ne pas faire du pseudo un frein à la mise en lumière de votre écriture.  Car ce sentiment libérateur et inspirant que vous avez ressenti en écrivant pourrait disparaitre derrière le pseudo que vous choisirez pour vous publier... Sans compter que si vous utilisez un pseudo uniquement pour vous cacher des autres, eh bien il y a tout simplement de fortes chances que vos lecteurs ne vous trouvent pas ! Alors avant de décider d’avancer masqué, un petit conseil, demandez-vous si vous le faîtes pour de bonnes raisons ...

Et  si vous l'avez déjà fait venez me le raconter sur ma page FB ou lors de l'émission organisée demain soir : pour nous rejoindre il suffit de cliquer sur ce lien https://blab.im/olivier-rebiere-de-la-plume-a-la-une-coming-out-de-l-auteur-e-uqexgle mardi 3 Mai à 19H00 !  

25 Apr 2016

Le Pourquoi du Comment de l’écriture

Souvent en tant qu’auteur on bloque sur une histoire parce que l’on est obsédé par l’attente du lecteur.

Durant l’écriture de mes deux derniers polars , l’intrigue policière n’étant pour moi qu’un prétexte à la découverte de personnages, à leur évolution, je me suis beaucoup questionnée sur l’éventuelle déception qu’éprouveraient les amateurs  des  "classiques " du genre en lisant mes histoires. Sûrement me reprocheraient-il un manque de détails techniques, trop d’introspection ou des coupables trop peu effrayants …  Or je ne m’étais pas du tout posé de telles questions en écrivant mes deux premiers livres,des romans noirs à suspense.

Du coup, et alors que le décor et les personnages de mon cinquième roman commencent à  germer dans mon esprit,  j’ai décidé de partager avec vous la façon dont je vais cette fois appréhender les choses. Parce que je suis désormais convaincue que ce qui aide à définir la forme sous laquelle nous racontons nos histoires, c’est tout simplement la raison pour laquelle nous les écrivons

Le « comment » de l’écriture n’est qu’un point d’entrée.

Oui, la forme (roman, nouvelle, poésie…) ou le genre ( polar, romance, aventure…) sont des repères pour le lecteurs. Ils obéissent à des règles et des codes qu’il faut tenter de respecter au mieux pour ne pas décevoir la personne qui se dirige vers eux. Mais ce ne sont que des points d’entrée. Un lecteur qui aime la poésie va venir vers vous si vous en écrivez mais ensuite, ce qui fera que vous le retiendrez dans votre univers, fera référence à une toute autre dimension de votre écriture . Celle du « pourquoi ».

Le "pourquoi" de l’écriture vous est propre.   

C’est l’une des premières questions que je pose aux auteurs avec qui je travaille. Pourquoi écrivez vous ? Cette question, à première vue, semble n’avoir que peu de réponses possibles. Sauf à écrire des autofictions, les auteurs me disent souvent que leurs raisons sont très communes et n’ont que peu d’intérêt. Pourtant, lorsque je les questionne davantage, ou lorsque je lis leurs textes, non seulement ces raisons m’apparaissent mais en plus, elles m’expliquent la forme qu'ils ont choisie pour leur écriture. On écrit pour exprimer des sentiments, pour essayer de comprendre ce que l’on ne s’explique pas, pour s’évader, parce que l’on ne dort pas la nuit, parce que l’on aime l’Histoire avec un grand H, parce que l’on est romantique, sensible … parce que l’on aime se faire peur … 

Ces raisons sont à la fois personnelles et innombrables. Et ce sont elles qui vont guider la forme unique de nos écrits.

Ce sont ces moteurs d’écriture qui vont enrichir un univers d’auteur, imprégner ses histoires et ses mots pour les rendre uniques. C’est aussi au travers de ces motivations intimes que l’écrivain va créer un lien profond avec le lecteur …

Après quatre romans, j’ai identifié que mes lecteurs prenaient du plaisir à me lire parce que mes décors étaient envoutants,  mes personnages à la fois profonds, complexes attachants et que, finalement, c’était eux qui portaient le suspense et la tension, avant l’histoire dans laquelle ils étaient embarqués. Et tout cela est très logique, car c’est la façon dont l’homme doit trouver sa place dans le monde qui m’intéresse. J’écris pour dénoncer un conformisme qui étouffe l’individu. Pour sourire des faiblesses de la nature humaine. Pour en souligner la complexité, la perversité. J’écris parce que j’aime le rock, les pubs embrumés, et les personnages rebelles. J’écris parce que je souris beaucoup dans la vie mais que je ne suis pas que cela…

Et vous  vous êtes vous demandé pourquoi vous écriviez ?     

18 Apr 2016

Écrire c'est dire la vérité

Vous le savez, Booknseries a pris ses racines dans le polar et la série, des genres qui, depuis toujours mais particulièrement ces dernières années, font beaucoup parler d’eux. Or depuis quelques mois, je constate que des auteurs qui n’ont pourtant pas d’affinité avec ces genres, se mettre à écrire des histoires de meurtres, ou des romans découpés en épisodes, pour avoir une plus grande chance d’être lus…

Face à cette tendance, un mot s’est allumé dans mon esprit, comme un phare dans la nuit : SINCERITE !   
Que ce soit dans mes livres, dans mon blog ou dans mon travail de conseil auprès des auteurs, je parle beaucoup de Sincérité. Et si ce thème revient aussi souvent dans mes écrits et dans ma vie c’est que j’ai toujours eu cette intuition que la sincérité, au sens d’authenticité, était une valeur qui avait le pouvoir de préserver en moi l'autonomie nécessaire pour continuer à avancer selon mes envies, dans le respect de mon individualité et de celle des autres.. au-delà des règles sociales.

Je sais (et j’ai expérimenté) que dans une société qui préfère les masques, la sincérité pouvait être un frein à la reconnaissance de ses pairs. Je sais aussi, faisant du marketing depuis 20 ans, qu’il faut parfois un peu embellir les choses pour arriver à se vendre. Mais je suis aussi persuadée que, dans le contexte chaotique actuel, l’authenticité  est une formidable opportunité de laisser parler des voix uniques, porteuses de changements et de diversité. De laisser émerger des individus, chacun ayant leurs forces, leurs faiblesses, leurs envies et leur vision du monde. 

Vous voulez être lu ? Alors soyez sincère !

N’écrivez pas un livre qui ne vous ressemble pas, même si on vous dit que c’est un genre qui « marche ». D’abord, vous n’y prendrez pas de plaisir, ou beaucoup moins. Ensuite, sachez que vos lecteurs ne vous aiment pas pour ce que vous vendez mais pour ce que vous êtes !  En jouant un rôle, et quand bien même vous auriez réussi à prendre une poignée de lecteurs dans vos filets,  vous risquez à la fois de perdre vos anciens fans, parce qu’ils n’auront plus ce qu’ils aimaient dans votre écriture, et de décevoir les nouveaux, parce que vous ne serez pas bon dans un genre qui ne vous correspond pas.

Alors si je peux me permettre de vous donner un conseil d'ami et d'auteur :  écrivez, bloguez, communiquez avec sincérité et il y aura toujours un lecteur qui vous aimera pour cela... pour ce que VOUS êtes. 

11 Apr 2016

Le cliché de l’écrivain solitaire

L’écrivain est un être solitaire, heureux de n’avoir à se livrer qu’à sa feuille blanche et indisposé à l’idée d’être plongé au cœur du monde réel qui l’entoure...  Que vous soyez auteur ou lecteur, vous avez certainement déjà été confronté à cette vision que nous suggère l’inconscient collectif. Eh bien je souhaiterais aujourd’hui partager avec vous une autre image de l’auteur. Une image plus humaine. Moins intellectuelle. Plus réelle surtout. Celle à laquelle je me frotte en étant moi-même romancière mais aussi et surtout, celle que je lis entre les lignes et à demi-mot sur les lèvres des auteurs que j’accompagne dans leur communication.

Non l’écrivain n’est pas écorché vif qui se complait dans sa bulle.
L’écrivain est un être qui a un jour croisé l’écriture comme d’autres la musique ou le sport et y a trouvé un moyen d’exprimer ses sentiments, ses rêves, ses envies. Et comme tout artiste, son moteur est bel et bien la communication. Alors bien sûr pour l’auteur, cette dernière commence par un dialogue intérieur, un accouchement de sensations qu’il doit souvent d’abord se révéler à lui-même, avant de les ouvrir aux autres. Mais cela ne signifie pas pour autant que ses émotions restent au stade de cri intérieur couché sur un bout de  papier. Si un homme prend la plume c’est aussi pour se connecter avec les autres et interpeller sur sa vision et son ressenti du monde.   

Non. L’écrivain n’est pas un ours inaccessible.  
L’envie d’écrire n’est pas ultimement celle de se parler à soi. Il y a bien sûr dans l’écriture une première démarche qui relève de la réflexion, de l’introspection. Mais attention, l’auteur qui réfléchit n’est pas pour autant un auteur qui s’isole. Déjà, parce que la créativité est un moment qui peut se partager, lorsque l’on co-écrit ou lorsque l’on fait partie d’un atelier d’écriture. Ensuite parce qu’il existe chez tout auteur une envie très occultée par la peur et parfois la timidité : celle de savoir qui aura été touché par ses mots.

Si l’écrivain donne parfois l’impression de rejeter son environnement, c’est principalement parce qu’il a du mal à parler de son écriture, à la dissocier de ses ressentis et parce qu’il craint d’être mis à jour ou critiqué pour ses mots. Cette pudeur et cette timidité sont souvent confondues avec de la supériorité ou un besoin d’isolement mais ne vous y trompez pas. L’auteur veut rencontrer son public, l’émouvoir, partager.
D’ailleurs pour le vérifier je vous propose un petit exercice, la prochaine fois que vous croiserez un ami auteur, demandez-lui de quoi parlent ses écrits, d’où lui vient cette pulsion… et vous mesurez immédiatement  à quel point son désir d’échanger est grand !               

04 Apr 2016

Écrire : un acte à choix multiples

Je demande souvent aux auteurs avec qui je collabore pourquoi ils écrivent. La question peut paraître idiote, simpliste même, mais elle permet de remettre de l’envie et du sens au cœur d’une démarche qui, contrairement à une vision commune, est loin d’échapper aux contraintes sociales dont nos vies se trouvent en permanence badigeonnées. On imagine un auteur évanescent, créatif, obsédé par son art et à des lieues de toutes obligations… On se trompe !  Concours, statut, critiques, publication, promotion : l’écrivain, une fois son livre publié, est bien vite rattrapé par les enjeux sociaux de son écriture... Enjeux qui s’accompagnent le plus souvent d’une notion de devoir à manier avec précaution !

LA PRESSION SOCIALE DE L'AUTEUR
Lorsque  l’auteur choisit de sortir son livre de la « cave » où il le cache, il  se retrouve face à son public mais surtout face à des personnes qui vont, sans le vouloir, introduire une notion de devoir autour de son écriture.
 « Il faut que tu fasses cela. »  «  Tu devrais agir comme cela. »  «  Pourquoi n’as tu pas fait ci ou ça ? » .
N’est-ce-pas amis auteurs ? Combien de phrases émanant de notre entourage commencent ainsi, faisant résonner en nous une notion d’acte inachevé, de devoir à accomplir ?  Alors attention, il est évidemment bon d’écouter et de prendre en compte les conseils qui nous poussent à progresser dans notre démarche d’auteur, même s’ils nous bousculent. Mais il est aussi bon de rester à l’écoute de ses moteurs internes... En écrivant, vous avez fait le choix de laisser parler une voix intime, quelque chose qui vous ressemble et vous aide à vous accomplir en tant qu’être humain. La mise en lumière de cette intimité ne devrait–elle pas alors prendre en compte cette vérité que vous avez eu le courage de laisser émerger ?

RESPECTER SON ENVIE D'ÉCRIRE
Certes il faut respecter le lecteur et lui livrer un livre aussi bon que possible. Mais je suis convaincue que l’on peut, tout en se publiant, choisir de se respecter soi-même et ainsi de préserver son Envie d’être auteur. Que vos écrits soient poétiques, romantiques, noirs, ambitieux, utopiques, ou engagés… ils ont tous en commun cette origine, cette pulsion, ce désir et ce bonheur de partager une émotion, une pensée profonde.
Vous avez fait le choix d’écrire, vous pouvez aussi choisir la façon dont vous allez être lus !
Bien sûr il existe des codes et un système à appréhender. Mais vous n’êtes pas obligés de prendre un avatar pour communiquer. Ni de changer vos thèmes d’écriture pour plaire à tout le monde.  La meilleure méthode de communication - et la plus pérenne -  c'est celle qui vous ressemble !

Je crois que chaque auteur, s’il est entouré par une personne compétente et qui sache l’écouter, peut trouver un mode de promotion qui lui ressemble et lui convienne. C’est pourquoi j’ai créé via mon site  Booknseries.fr  un service de conseil en communication qui appréhende les envies de chaque écrivain de façon personnelle, individuelle.
Et vous  ? Pensez vous que chaque auteur puisse choisir son mode de promotion ? Avez-vous trouvé votre propre "recette" ?  Venez en parler avec moi  sur ma page FB 

 

image source : http://paperbeatsscissors.deviantart.com/art/Potential-Full-size-289398851

28 Mar 2016

Le bon re-lecteur : une perle rare ?

A qui puis-je faire relire mon texte ? Voilà une question qui, cette année encore, est  fréquemment  revenue dans la bouche des auteurs avec qui j’ai eu l’occasion de discuter sur le Salon du Livre. Et derrière la question pointait cette envie inavouée de ne pas être relu seulement pour être corrigé mais aussi pour avoir un vrai avis sur la qualité de son texte.

Tous les jours ou presque, via mon site booknseries.fr où j’accompagne et conseille des auteurs dans la promotion de leur œuvres et de leur écriture, je suis amenée à lire des manuscrits que, bien souvent, peu de lecteurs ont encore eu entre leurs mains.  Mon expérience d’auteur et de lectrice professionnelle fait bien sûr de moi une sorte de client idéal pour l’exercice : je connais les pièges dans lesquels un auteur peut tomber lorsqu’il écrit. Je sais voir ce qui est positif dans un univers d’auteur. Je connais les critères de construction, de style, qui peuvent rendre un livre plus accessible.
Mais je sais aussi combien il est difficile de trouver ce genre de profil dans son entourage. Or, je vous le dis, rien n’est plus risqué que de mettre un livre non encore abouti, entre les mains d’une personne qui ne sera pas apte à le juger.

Alors à qui confier votre bébé pour obtenir un avis éclairé ? Je vais vous tenter de vous donner une ou deux pistes pour vous aiguiller. 

L’amateur 
Le premier relecteur auquel vous pouvez vous fier est celui qui aime les livres du même genre. Vous savez quelles sont vos références, les problématiques soulevées par vos écrits ? Vous avez un univers bien défini ? Alors allez mettre votre livre entre les mains de personnes qui aiment cet univers. Même si elles ne sont pas à même de juger votre écriture, elles seront un bon testeur de l’intérêt de votre histoire et de sa bonne construction. Ce lectorat peut aussi vous aider à établir des passerelles entre vos écrits et ceux d’auteurs déjà publiés. Un bon moyen de se situer et d’identifier où se trouve son lectorat.

Le connaisseur 
Les « connaisseurs » sont à mon sens, l’autre catégorie à qui vous pouvez confier votre bébé. Oui mais alors, allez-vous me dire, qui sont ces connaisseurs, si ce n’est les éditeurs?  Eh bien ce peut-être d’autres amis auteurs mais aussi de gros lecteurs, membres de groupes de lecture, jurys de prix... certains correcteurs aussi (ceux qui ne se limitent pas à l’orthographe). Ce sont des personnes qui, parce qu’ils la pratiquent quotidiennement, ont une lecture aiguisée et sont dès lors à même de vous donner un jugement à la fois crédible et constructif. Mais attention à faire en sorte que ce connaisseur soit là pour vous aider et ne vous veuille pas de mal.

Empathie et complaisance
Le but d’une relecture est d’obtenir un avis CONSTRUCTIF sur votre livre. Un jugement lapidaire, même de la part de quelqu’un de non légitime peut être destructeur pour un auteur. A l’inverse un jugement trop complaisant, trop neutre, est inutile. Le secret est donc de trouver quelqu’un qui soit à la fois lucide et empathique.

Pour mon dernier roman, « Une vie Meilleure », comme pour les précédents,  c’est à ma correctrice (qui fait sur mes livres un vrai travail d’édition) et, pour la première fois, à une grande lectrice que j’ai confié mon manuscrit en relecture, juste avant de le publier. L’une m’a aidée et, comme toujours, m’a fait progresser. L’autre m’a apporté un jugement éclairé, techniquement utile mais n’a pas eu une approche suffisamment bienveillante pour m’aider à comprendre ce qui pouvait être amélioré dans mon écriture. Une discussion récente avec mon frère m’a au contraire beaucoup appris, a postériori, sur les émotions suscitées par mes mots et la façon dont je pourrais aller plus loin dans mon approche du suspense … J’ai d’ailleurs décidé, au vu de cette discussion, qu’il ferait partie de mon prochain comité de relecture…

Et vous ? A qui avez vous confié votre dernier livre alors qu’il était encore empreint de tous vos doutes ?  Quel sentiment avez vous éprouvé après ces premiers retours de lecture ?  Ont ils été utiles, blessants, intéressants ?  Partagez ici vos impressions !

22 Mar 2016

Salon du Livre : Pourquoi tant de haine ?

 Avez vous entendu le « coup de gueule » poussé vendredi dernier à une heure de grande écoute par le chroniqueur littéraire du Grand Journal de Canal ? Si ce n’est pas le cas, faîtes–le  et vous aurez un bel exemple de ce qui se passe lorsqu’un journaliste oublie la responsabilité qui est la sienne et succombe avec une légèreté insupportable à la tentation de la provocation. Non ! Augustin Trapenard n’ira pas au salon du livre ! Super. OK. Mais pourquoi tant d’agacement ? Y aurait-il quelque chose de grave ?

Le chroniqueur invoque d’abord des raisons plus ou moins consensuelles et sans grand intérêt : présence des politiques (ceci dit s’ils sont là, ce ne sont pas non plus les seuls auteurs), prix de l’entrée (12 euros, il n’y a pas de quoi hurler non plus). Puis il enchaine sur son indignation de voir l’« auto-édition » (sans aucune distinction) être invitée au salon.

Les méchants et les gentils de l’édition

Selon le chroniqueur, l’auto-édition tuerait les métiers de l’édition.  A ce stade je crois à une blague, tant le cliché du « méchant Amazon » contre le « gentil libraire » est un raccourci simpliste que je ne pensais plus jamais entendre dans la bouche d’un journaliste digne de ce nom. Quand on sait que l’auteur indépendant n’est que le fruit d’une édition qui ne sait toujours pas admettre la co-existence des formats papier et numérique et qui n’investit plus dans la carrière d’anonymes, on ne peut s’étonner que certains grands logisticiens et distributeurs du net aient saisi l’occasion de faire du business…  Mais peut être ces évolutions du marché et des mentalités ont–elles échappé au chroniqueur, de même qu’elles échappaient aux maisons de disques lors de l’apparition du format MP3 …

Pauvre auteur indépendant ...

Alors que je pense que nous avons touché le fond, c’est avec un air horriblement condescendant, qu’Augustin enchaine en nous livrant son incapacité à regarder le pauvre auteur indépendant, seul derrière sa table, alors que quelques mètres plus loin, des « Marc Levy » font des dédicaces à tour de bras …. Merci Augustin. Merci pour votre pitié. Merci d’avouer votre dégout face à des personnes qui croient en leur passion et ont l’envie de la partager. Vous les pensez manipulés par un géant américain ? C’est que vous les prenez bien pour des imbéciles. Si la vue d’un écrivain qui, bien que l’édition ne le regarde même pas, cherche d’autres voies pour rencontrer son public vous dégoute, alors il va falloir penser à éviter tous les chanteurs de rue, les troupes de théâtre amateurs et effectivement les salons du livre, où, je l’espère, les auteurs indépendants seront de plus en plus présents. 

Une indignation digne d'un autre siècle

Vous l’avez compris, ce coup de gueule m’a profondément consternée, agacée… Par les temps qui courent, aller s’indigner de façon aussi superficielle et stérile sur un plateau de TV, comme s’il n’y avait rien de plus odieux et de plus choquant sur terre que l’organisation d’un Salon du Livre qui ne soit pas réservé à un milieu autorisé, me semble aussi négatif que déplacé. 

Je conclurai donc sur une note positive en vous disant que j’ai, pour ma part, eu mille et une fois raison de ne pas écouter ceux et celles qui critiquent le salon à tours de bras et d’y être allée. Des ateliers d’écriture, des rencontres avec des auteurs enthousiastes, la remise du prix du Polar indé à des écrivains talentueux. Des lecteurs curieux et empathiques. De l’entre-aide et de la légèreté. L’auto-édition est un univers collaboratif, en mouvement. Il participe à entretenir la passion autour du livre et fait bouger les lignes de l'édition pour que l’écriture et la lecture continuent à faire partie du paysage culturel. Des valeurs qui, surtout aujourd’hui, ne sont pas à négliger... 

( Au vus des évènements, j'ai hésité à poster cet article aujourd'hui. Et puis je me suis dit qu'il parlait de respect, de liberté...  J'ai aussi pensé que, malheureusement, des bombes aveugles font tous les jours des morts, ailleurs dans le monde , sans que l'on en entende parler. Alors j'ai décidé de le publier. ) 

14 Mar 2016

Petits conseils d'ami à l'auteur indé en dédicace

A trois jours de mon départ vers Paris pour le Salon du Livre, j’ai eu envie ce matin de m’adresser à l’auteur en dédicace et de lui rappeler à quel point un tel événement est une chance et doit rester un plaisir.

Sur un salon du Livre, comme sur tous les salons, il existe 2 camps : celui des exposants et celui des visiteurs. Les uns sont là pour vendre, les autres pour acheter. Les uns parlent, les autres écoutent. Mais le salon du livre présente cela de spécifique qu’il ajoute un 3ème acteur à ces deux groupes. Un être hybride qui, bien souvent se sent seul et mal à l’aise,  à cheval entre les deux camps : l’auteur indé en dédicace.

Auteur commercial ?
Vous le savez, ma double casquette d’Auteur et  de Prom’Auteur via mon site Booknseries m’amène à me trouver tous les jours des deux côtés du miroir. Or cette position m’a fait réaliser à quel point la posture de l’auteur en dédicace était de loin la plus délicate. Vendre une prestation est une chose. Parler de son écriture lorsque l’on n’a pas l’enjeu de vendre son livre est une chose. Mais  rencontrer face à face son lecteur et le convaincre d’acheter son livre … eh bien c’est un métier !

Alors comment combattre cette boule au ventre et aller vers son lecteur ?

Combattre la peur par le plaisir !
Je connais la joie que constitue l’opportunité d’une dédicace, surtout lors d’un salon aussi fréquenté que celui de Paris. Mais je connais aussi le stress d’avoir à SE vendre, sans excès de modestie, sans bafouiller, ni justifier du prix de son livre… Pour ne pas penser à tout cela, il faut laisser le PLAISIR prendre toute la place. Vous êtes là ! Profitez-en ! Souriez ! Le sourire est une arme d’attraction massive, vous savez ! ? Saluez les passants, discutez avec vos voisins, soyez ouverts et à l’écoute !

Rencontrer c’est écouter !
Lorsque l’on a quelque chose à vendre, on est souvent obsédé par ce que l’on doit dire pour y arriver, or ceci est une erreur. Une personne avec qui on a envie d’échanger est d’abord quelqu’un qui sait écouter. Alors si vous avez peur de ne pas savoir quoi dire  à votre lecteur, commencez par le faire parler. Demandez lui ce qu’il aime lire. S’il écrit . Quel est son auteur préféré .  Cela vous laissera le temps de vous détendre et, même si la personne n’achète pas votre livre, au moins aurez-vous fait une jolie rencontre !

Voilà ! J’espère, au travers de ces petits conseils, vous avoir fait comprendre à quel point être auteur indé en dédicace doit rester une rencontre et un plaisir avant d’être un enjeu … sous peine de se transformer en un grand moment de solitude !

Pour ma part, si vous voulez venir échanger avec moi, je serai sur le stand de mon partenaire thebookedition.com ( stand C65)  toute la journée du vendredi 18 pour parler écriture et conseil aux auteurs,  le Samedi 19 matin  en dédicace de mon polar « Une vie Meilleure »,   et le samedi après midi entourée des lauréats du prix du polar (dont je suis membre du jury) .
Alors passez me voir !! J’ai hâte de vous rencontrer !! :)

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