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27 Feb 2017

Hommage à ceux qui portent mon écriture ...

En terminant mon roman « Female », j’ai ressenti le profond besoin de poser sur le papier un remerciement, non pas nominatif, mais sincère, adressé à tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, m’encouragent et me portent chaque jour un peu plus dans ma démarche d’auteur.

Ceux qui me lisent…

J’en parlais samedi dernier avec une auteure sur le point de publier son premier roman en autoédition : rien n’est plus nourrissant que ces premiers lecteurs qui savent vous dire  «  continue, ça en vaut la peine ». Dans mon cas ce fut un collègue, depuis devenu un ami, et qui, je crois, ne mesure toujours pas à quel point ses encouragements, les premiers à venir d’une personne dont l’affection ne venait pas troubler le jugement, m’ont portée. Ensuite d‘autres sont venus élargir ce cercle de lecteurs fidèles ou occasionnels, connus ou inconnus, amis proches ou connaissances… mais je dois avouer que je ne me lasse jamais de cette magie, de cette excitation à l'idée de savoir que mes livres sont dans les mains d’autres personnes. Que des lecteurs vont prendre le temps de me lire, de passer plusieurs heures dans mon univers… Comment ne pas les remercier pour cela ?

Ceux qui sont là…

Samedi dernier j’ai organisé une conférence durant laquelle j’ai passé deux heures à parler d’écriture et à dédicacer mon roman « Female » à une quinzaine de  personnes attentives, souriantes, curieuses… Des personnes qui se sont déplacées pour m’écouter parler de ma vision de l’édition, pour acheter mes livres, pour partager un bon moment… Que ce soit lors d’événements physiques ou sur le net, avec vous,  je me sens tous les jours entourée, supportée…
Je rêve, j’écris, je travaille, je donne, je reçois… et je recommence … n’est ce pas cela vivre sa passion ?

L’écriture est un acte solitaire mais quel que soit l’avenir de mes livres ou de booknseries, grâce à ce que je vis avec vous tous les jours, je ne regretterai jamais d’avoir décidé de la partager… c’est d’ailleurs sûrement ce qui m’a amenée à aider les autres auteurs à le faire ;)

Alors un grand MERCI d'être là  et  Bonne semaine à tous !

 

20 Feb 2017

J'écris parce que ...

C’est la première chose que je demande aux auteurs avec qui je travaille. De compléter cette phrase. Question simple à première vue… mais lourde de conséquences !

Personnellement, j’écris pour voyager dans un monde où tout est possible, pour réfléchir à ce qui m’émeut, à ce que je n’arrive pas à dépasser… pour partager mes idées, rencontrer des gens… pour faire exister une partie de moi qui a du mal à s’exprimer autrement… pour questionner la société dans laquelle je vis … pour être lue ! 

Oui, l’écriture est l’outil d’un moteur bien plus vaste que les histoires qu’elle raconte !

Chaque auteur a quelque chose à dire …
Même s’il s’en défend, au travers de l’écriture, un auteur permet à une partie cachée de lui même de s’exprimer d’une manière différente, parfois détournée. Les écrivains en herbe disent souvent ne pas vouloir être lus mais je suis persuadée qu’au contraire, ils ont, encore plus que certains auteurs professionnels qui pourraient être amenés à écrire par obligation, besoin de faire entendre leur voix.

Ecrire c’est se regarder en face et prendre le risque de poser sur une feuille cette partie de soi qui souvent, nous surprend nous-même. Ecrire c’est parler autrement et à sa façon de soi, des autres, de ses fantasmes, de ses peurs, de ses idées…  

…Et tant pis pour ceux à qui cela ne plait pas !  
Ne pas être fidèle à ce que l’on a envie d’écrire, c’est nier ses moteurs d’écriture et prendre le risque de finir par écrire un mauvais livre, voire de ne plus arriver à écrire du tout ! Samedi dernier, alors que j’intervenais dans un atelier d’écriture bordelais, une élève a soulevé qu’elle avait fait un roman psychologique mais que ses copines lui avaient dit que c’était, je cite, « de la psychologie à 2 balles »,   et qu’il valait mieux qu’elle continue à écrire des romans historiques à intrigues… Ok … Mais elle, de quoi avait-elle envie ? Elle ne s’était pas vraiment posé la question…

Je suis toujours sidérée par le manque de légitimité qu’éprouve la majorité des auteurs et je voudrais leur dire que la qualité des écrits passe aussi par une affirmation de soi et de ses moteurs d’écriture.

Je n’ai jamais essayé de faire rentrer mes écrits dans un moule mais j’ai quand même eu, avec mon dernier roman « Female », le sentiment de me libérer totalement de la pression de faire un livre plus consensuel, ou qui colle davantage avec telle ou telle catégorie de roman... Et vous savez quoi ?  J’en ai été d’autant plus exigeante avec moi même ! Parce que je n’avais pas le droit de trahir un livre qui me ressemblait autant… Au bout du compte, je suis très fière du résultat, qu’il plaise à tous ou non.

Alors et vous, pourquoi écrivez-vous ?   

13 Feb 2017

Faut-il que la littérature ait un genre?

Dans quelle catégorie classer mon roman ? Je ne sais pas vous mais moi, c’est une question épineuse que je me pose à la sortie de chacun de mes romans. Et « female » n’a pas échappé à la règle. Roman à suspense, roman d’anticipation … un côté thriller aussi …

Assez drôle de constater que, là aussi, les conventions sociales nous poussent à rentrer dans des cases plutôt qu'à créer une chose qui nous soit propre ...

Car un livre, n’est ce pas une histoire unique avant d’être un genre ? Tout comme une personne n’est-elle pas un être unique avant d’être un sexe ?  Alors pourquoi vouloir absolument savoir ! Quelle force nous pousse irrésistiblement à vouloir ranger les choses dans de l’existant plutôt qu’à créer de la nouveauté?

On est rassuré par ce que l’on connaît…
L’enjeu du genre n’est il pas finalement de soustraire cette part d’inconnu qui parfois nous semble dangereuse. Le genre crée une image rassurante dans nos têtes.  Je sais que c’est un polar. Je sais que j’aime... Je sais que c’est une femme, je peux lui parler de telle ou telle façon… La reconnaissance du genre entraine une réaction automatique qui évite les questionnements, le doute. Elle a aussi l'avantage de faciliter un certain rapprochement, que ce soit avec un lectorat ou un être humain.

Mais ne sommes nous pas trop limités par ces genres que nous utilisons ? Une classification devrait être là pour nous guider, non pour nous enfermer ...  le genre est un indice, non la totalité de ce nous appréhendons !

Remplacer le OU par le ET
Je suis une fervente partisane du ET. Le ET m’a permis d’avancer de créer. Je peux être cadre dirigeante et auteur, je peux être mère et vivre ma vie de femme, je peux être dure et douce aussi. La vie n’est pas linéaire, les hommes non plus. En enfermant l ‘Homme dans des cases, on le culpabilise pour la part de lui même qui ne peut y entrer.  

Alors toute sa vie, il lutte, soit pour tuer cette part qui ne colle pas, soit pour la brandir. S’autoriser à faire du ET, c’est entretenir la création, continuer à évoluer, apprendre à s’aimer, à découvrir… c’est ouvrir la porte à tous les possibles.

« J’avoue que j’ai un peu de mal à trouver mes mots pour vous parler de Female, je pense que c’est un roman qu’il faut tout simplement lire pour en comprendre tout le sens ».

Cet extrait d’une chronique écrite par le blog TheBookLovers au sujet de mon livre  ne résume t-il pas cette limite des genres littéraire et la nécéssité d'aller au delà pour découvrir qui se cache derrière l'étiquette? 

   

06 Feb 2017

Féminisme, Égalité et Féminité

J’ai écrit « Female » en partant du constat que, dans la course vers une plus grande égalité entre les femmes et les hommes, il y avait, de façon insidieuse, une tendance à vouloir redéfinir la féminité en la caricaturant parfois encore davantage... Car ne l’oublions pas, la société dans laquelle nous vivons est encore régie par des règles érigées par des hommes et, l’actualité nous le prouve tristement, la transition vers des modes de vies nouveaux se fait encore avec en arrière plan le clivage omniprésent du sexe fort face au sexe faible... 

Je suis tombée hier pas hasard sur une émission de radio qui parlait de l’avènement des utérus artificiels. Sur le plateau et au travers d’interviews, les avis entre individus lambda et médecins étaient partagés : cet utérus neutre est-il un danger pour le développement normal de l’enfant, ou un pas vers une plus grande égalité hommes-femmes ? Une dérive tendrait-elle à priver la femme de l’une de ses caractéristiques essentielles, ou bien à permettre à un couple, qu’il soit homo ou hétéro, de partager les 9 mois de grossesse de façon égalitaire ?

Mais tout faire de la même façon, est-ce cela l’égalité ?

Ne pas avoir à sacrifier sa carrière, ni à endurer les désagréments de la grossesse, est-ce vraiment ce que toutes les femmes veulent ? Et les hommes, souhaitent-ils tous s’occuper de leurs enfants pendant la grossesse ? 
Non bien sûr. Pas plus que l’inverse n’est vrai.
Car la vraie question n’est pas celle l’égalité des sexes mais bien de la liberté individuelle qui devrait être la même pour tous.

« En tous cas pour Axel une chose était sûre. Le sexe faible n’existait pas, seuls les êtres faibles existaient »

Dans mon roman FEMALE, mon héroïne, Axel, est une combattante. Elle n’est pas particulièrement féministe, elle n’est pas soumise. Elle est indépendante et elle veut simplement s’en sortir. Avoir un métier et une vie qui l’épanouissent. Mais « s’en sortir » aujourd’hui ou en 2052, accéder à une partie de ce qui était, il n’y a pas si longtemps, réservé exclusivement aux hommes, n’est ce pas forcément accepter de se départir du  « poids » de sa féminité ?

Pour le savoir rdv le 9 février prochain pour la sortie de mon roman dont quelques extraits sont déjà disponibles ici …   

30 Jan 2017

Auteure, femme... FEMALE

Il y a plus d’un an, je postai un article intitulé fe-male … prémonitoire ? Toujours est-il  que ce mot est devenu le titre de mon prochain roman qui sortira le 9 février prochain ! :)

Être une Femme. Que signifient ces mots que l’actualité nous oblige encore aujourd'hui à brandir pour défendre un sexe jugé « faible » par certains hommes ?
Mère au foyer ou working girl ?  Femme sensible ou combattante ? Femme mariée ou amante volage ? Garçon manqué ou bombe sexy ?

Face à un homme tout aussi caricaturé par la société,  y a t-il une Femme avec un grand F à défendre ? Ou s’agit-il seulement de sortir du clivage des genres pour qu’exister en tant qu’être humain sur cette terre ne soit plus seulement une question de lutte entre deux sexes ?

Ceux qui ont lu mes livres savent que, moins que la question du féminisme, c’est celle de l’être humain et de la place que la société lui impose, parfois au détriment de sa vraie nature et de ses aspirations, qui me préoccupe. Ayant longtemps évolué dans un milieu d’hommes, j’ai souvent cru qu’il fallait agir comme tel pour être considérée. Mais, après tout, ce côté Yang était-il si éloigné de ma personnalité ? Je ne le pense pas.

La partie féminine et masculine de chacun est en grande partie une question de personnalité. Et si le féminisme est là pour défendre les excès d’une société d’hommes qui ont voulu dominer les femmes par le pouvoir, force est de constater qu’il ne correspond pas toujours à l’image que les femmes ont d’elles mêmes, faisant même l’objet de récupérations politiques parfois grossières.

Alors, le féminisme est-il la solution pour émanciper la femme ou la cantonne t-il dans une minorité à défendre ? A t-il vocation à remettre l’homme à sa place ou à l’émasculer ?

Je n’ai bien sûr pas une réponse simple mais, dans un monde qui tend à monter des clans les uns contre les autres, j’ai voulu écrire l’histoire de femmes qui, dans un avenir proche, un avenir où le féminisme serait devenu un enjeu politique et social important, seraient confrontées à des choix chaque jour plus cornéliens pour trouver leur place en société.

Au delà des genres, des sexes et des catégories, j’ai choisi le terme anglais de FEMALE car il mêle les deux genres et soulève, à lui seul, toute la complexité à s’affirmer d’un sexe lorsque, par essence, notre nature est un mélange de masculin et de féminin.

J’espère que ce sujet vous intéresse. si c’est le cas, et en attendant de lire l’aventure de mon héroïne Axel, je vous donne rendez-vous jeudi 2 Février pour découvrir la couverture de « female » et en savoir un peu plus sur le roman...    

23 Jan 2017

L’écrivain ne fuit pas la réalité, il la cherche !

Écrire pour faire rêver, écrire pour faire réfléchir ….

On a bien souvent une vision binaire de l’écrivain de fiction qui, soit, permettrait à notre imaginaire de s’évader, soit nous pousserait à réfléchir à des questions existentielles.
La romance et la SF pour se soustraire à la réalité , le polar ou le roman noir pour l’étudier… 
Mais n’est ce pas prendre à la fois le lecteur et l’auteur pour des imbéciles que de penser qu’ils ne chercheraient que l’un ou que l’autre ? Croire que l’on puisse apprécier un excellent livre sans réfléchir aux questions qu’il pose, n’est-ce pas aussi idiot que d’affirmer que l’on pourrait se régaler d’un bon repas sans jamais songer aux ingrédients qui le composent ?

Des Histoires Universelles .

La force d’une histoire réside toujours dans son aptitude à faire écho chez un lecteur. Un livre, un film deviennent des succès, parce qu’ils nous parlent ! L’amour impossible, la difficulté à prendre sa place en société en tant que femme , la lutte pour la liberté d'opinions, le choix parfois cornélien entre le bien et le mal, le poids des masques sociaux …  Les thèmes que j’aborde sont  ceux qui sous-tendent nombre de nos questionnements quotidiens et c’est bien normal , car  en tant qu’auteur , je vis sur la même planète que mes lecteurs ! Une histoire qui plait doit interpeller sur des questions universelles mais elle ne sera vraiment intéressante  que si elle réussit à le faire au travers d’une aventure unique et passionnante.

Un Univers Original

La force de la fiction est de pouvoir amener le lecteur dans un univers inconnu, parfois totalement imaginaire, dont il aura envie de découvrir les personnages, les règles. Créer des personnages captivants est pour moi un exercice particulièrement important car c’est celui qui va permettre au lecteur d’élargir sa vision et sa réflexion sans même s'en rendre compte, du moins au début. Un personnage charismatique, attachant, qui commet soudain une mauvaise action, bénéficie d’un effort de compréhension du lecteur qui ne peut se résoudre à le condamner sans réfléchir à ce qui l’a amené à agir ainsi...
C’est là que l’imagination et le talent dans la construction d'une histoire entrent en jeu. C’est en créant des personnages et un univers uniques et passionnants que l’auteur peut réussir à embarquer le lecteur dans une aventure à la fois divertissante ET enrichissante, parce que réfléchie. 

Grâce à l’univers dans lequel il nous embarque, et au temps que nous passons au milieu de ses pages, le livre est un catalyseur nous permettant tout à la fois de voyager et de réfléchir à la vie... En tous cas, c’est à cela que je songe en écrivant et c'est ce que je cherche à vivre en lisant… Et vous ? 

16 Jan 2017

La vie est trop courte pour écrire petit !

Voilà l’idée que je me fais de l’écriture. Celle d’une ambition, au sens positif du terme, qu’il faut assouvir avec la même urgence que celle d’être amoureux, de profiter de sa forme physique, de voyager là où l’on peut le faire, ou de rencontrer de nouvelles personnes …

L’écriture, comme toutes les aventures de la vie d’un homme, est une démarche qui devrait permettre à son auteur d’avancer, de grandir, de se réaliser. Or je vois trop souvent des écrivains minimiser leur travail, repousser l’échéance, ne pas oser en parler... J’ai alors envie de leur dire « mais qu’attendez vous pour être là où vous rêvez d’être ? Pourquoi n'y croyez-vous pas ? »

À l’heure où la moitié du monde rêve de devenir célèbre ou millionnaire en regardant les  jeux TV ou en lisant les biographies-recettes des puissants de ce monde, il semblerait étrangement interdit aux personnes raisonnables que sont les auteurs de rêver à une belle carrière et à un beau lectorat...

Le ressassement, c’est la passion triste. 
Cette magnifique phrase n’est pas de moi mais de Spinoza, qui parlait du ressassement comme d’un frein à l’action, contrairement à la passion joyeuse, qui, elle, permet d’avancer. Alors je sais que certains d’entre vous doivent penser : «  Elle nous ennuie avec  son optimiste, nous savons tous que la vie est stressante, que c’est la crise et qu’être écrivain, c’est une galère… »  À ceux-là je répondrai que , comme tout le monde , je connais parfois la passion triste mais qu’à présent, elle ne reste jamais très longtemps dans mon cœur et que celle que je nourris chaque jour, au travers de l’écriture et de l’accompagnement  que j’apporte aux auteurs est définitivement joyeuse.

Remercier son talent en lui donnant sa chance !     
N’avez vous pas remarqué comme la vie est un grand champ magnétique, comme une personne qui rêve à une chose et qui a décidé d’y croire l’attire à elle, alors qu’a contrario, une personne négative et septique reste souvent bloquée dans une situation qui ne lui convient pas. Je crois qu’en pensant petit et négatif,  nous piétinons les cartes et le talent que la vie met entre nos mains. Lorsque j’ai fondé booknseries, je n’ai jamais douté moi : j’étais portée par cette passion joyeuse et, alors que cette idée totalement novatrice faisait lever les yeux au ciel de pas mal de personnes, j’avais un stand offert sur le salon du Livre de Paris à peine un mois après l’ouverture du site et j’y dédicaçais mon second roman dont je vendit 25 exemplaires en une journée !

L’ambition individuelle n’est pas un gros mot, elle n’implique pas automatiquement qu’il faille écraser les autres ! Par contre elle implique qu’il faille croire en son talent !
Peur d’être critiqué, peur de trop investir par rapport à ses gains, peur que ce ne soit pas encore le bon livre, ni le bon moment… Toutes ces peurs nous renvoient à une seule l’idée : celle de l’échec. Diriez vous à un enfant passionné d’histoire  et qui voudrait être archéologue qu’il ne doit pas y croire car c’est un métier très difficile et qui ne rapporte rien ? Non ? Alors ne laissez pas cette petite voix intérieure rapetisser vos rêves et vos envies. La vie est trop courte et la passion joyeuse n’attend pas !        

09 Jan 2017

Un retour de lecture ? Pour quoi faire ?

Je vous le disais la semaine dernière, j’ai, à l’occasion de la sortie de mon cinquième roman, mis pour la première fois mon livre entre les mains d’une poignée de lecteurs en même temps qu’entre celles de ma correctrice. Cette approche, nouvelle pour moi, est  le fruit d’une double évolution dans la perception de mon écriture. D’une part je suis plus exigeante par rapport à la construction de mon histoire et suis persuadée que seul un relecteur pourra soulever certaines améliorations possibles . D’autre part, je sais ce que j’attends de ces relectures et crains donc moins les retours négatifs que je pourrais recevoir.

Car l’auteur indépendant, privé de la validation d’un éditeur doit, à un moment donné, se soumettre seul à l’œil extérieur… or il n’y est pas forcément préparé. Et ne pensez pas que les retours de lecture ne servent à rien à part à s’exposer et qu’un auteur édité y échappe : croyez–moi, celui fait par une maison d’édition est certainement beaucoup plus dur et perturbant que tous ceux que vous pourrez recevoir via votre réseau sur le net.

Mais quel qu’en soit la source et pour ne pas s’effondrer au premier retour mitigé, il est important de garder en tête les objectifs d’une telle exposition .  

Un retour de lecture pour progresser
Qu’il vienne de ma correctrice ou d’un groupe de bêtas lecteurs ( bienveillants mais libres de me parler sans crainte, c’est très important) , le premier objectif  du retour de lecture est d’éliminer les imperfections que je ne peux plus voir, étant trop imprégnée par mon texte à force de l’avoir relu. Orthographe bien sûr, mais aussi et surtout cohérence de l’histoire. Les frustrations liées à une scène trop courte, à la lourdeur d’un passage, à d’un personnage pas assez fouillé, à une incompréhension, même sur un détail, sont autant de pistes d’amélioration et de progression. Attention, il ne s’agit pas ici de faire plaisir aux lecteurs en modifiant l’histoire, de douter du sujet abordé, ou de retirer une scène qui a pu choquer : il s’agit d’être honnête et d’entendre ce qui peut nuire à votre histoire.

Un retour de lecture pour qu’on en parle
Le second objectif  d’un retour de lecture est bien sûr de faire connaître le livre et de construire un réseau de prescripteurs. Ceux qui auront pris le temps de lire votre livre en avant première seront les premiers à en parler, et pas seulement s’ils sont blogueurs.
Mais attention il ne faut pas penser que parce qu’on propose une lecture gratuite ou en avant première, on aura a forcément de bons retours !  

Mes 6 années d’écriture et d’évolution dans le monde de l’auto-publication m’ont appris que, si on ne peut éviter la blessure d’un retour de lecture négatif ou mitigé, on ne peut pas non plus rester isolé et prétendre que l’on doit absolument plaire ou ne pas exister. Au fil des ans, les retours de lectures m’ont aidée à m’affirmer dans mon style, à assumer mes thèmes d’écriture et à mieux identifier les attentes de mon lectorat… Et vous que vous ont-ils apporté ?  

02 Jan 2017

Faire de son écriture un acte optimiste

Le 31 décembre, après une dernière semaine intensive de réécriture et de correction, j’ai envoyé mon dernier roman à ma correctrice, ainsi qu’à quelques lecteurs de confiance.  J’ai alors, et pour la première fois, ressenti un profond sentiment de fierté, de joie, ainsi qu’un grand optimisme à l’idée être écrivain. 

Je précise à toutes fins utiles que je n’avais pris ni drogues, ni alcool … :) 
Alors pourquoi un tel optimisme ?!!!

Parce que l’utopie est le seul vrai moteur.
Les révolutions, les changements et l’optimisme ne naissent jamais dans le marasme insufflé par un discours majoritaire ou grâce à l’arrivée d’un sauveur, mais bien dans le cœur d’une poignée d’hommes qui croient en leurs rêves. On ne peut plus croire que le système changera pour nous aider. C’est à nous, à moi, à vous qui lisez ce blog, à tous ceux, même minoritaires, qui croient au changement et à la culture, de continuer à se battre et à agir pour que les auteurs indés continuent à croire en leurs livres.

Parce que le futur est une page blanche 
J’ai entendu, l’autre jour à la radio, une personne qui imaginait la création d ‘un cours d’histoire du futur ! Quelle idée géniale ! Quelle formidable porte ouverte à la créativité et à l’optimisme ce serait ! Rêver à un avenir positif, rêver à son écriture, rêver à son succès … voilà  la source de tout optimisme !  Il y a la peur d’avoir mal et il y a la peur liée à l’excitation. La première immobilise, inhibe et rend triste. La seconde est saine et source de mouvement.

        En choisissant ma passion et en changeant de vie, je n’ai pas décidé d’arrêter d’avoir peur. J’ai décidé d’arrêter d’être pessimiste.

Parce que s’investir c’est croire en soi
Même si les idées sont, le plus souvent, à l’origine des actes, le verbe « être » ne remplacera jamais le verbe « faire ». De la même façon que l’on ne peut pas se décréter écologiste si on ne milite pas quotidiennement pour une planète plus propre, on ne peut pas se décréter auteur si on ne fait qu'avoir envie d'écrire ou d'être lu. Je pratique l’écologie, je pratique l’écriture … je suis écologiste, je suis écrivain... Vous sentez la nuance ? D’un côté l’envie, de l’autre l’engagement.  Plus j’écris, plus je travaille mes manuscrits, plus je communique et promeus mes livres … bref plus j’agis, plus mon écriture est réelle et plus j’en suis fière … C’est tout simplement un cercle vertueux ...

Alors oui, malgré les difficultés et quoi qu’on en pense,  je suis un auteur optimiste ! Et j’aimerais que nous commencions cette année en pensant au futur, non pas en fonction du passé ou du présent, mais en laissant à notre imagination et à nos actes la liberté totale d’imaginer, de vouloir et de créer un avenir optimiste !

Bonne année à tous ! :D 

19 Dec 2016

Le Libraire et l'auteur indé : ceci n’est pas le titre d’une fable ...

Si vous êtes auteur indépendant vous devez, tout comme moi, rêver de vous voir ouvrir les portes d’une belle librairie pour y faire des dédicaces ou y proposer vos livres en dépôt vente. Or, encore récemment, cette démarche était très aléatoire, voire impossible, tant ,en France, le réseau de diffusion reste fermé à tout ce qui ne passe pas par l’Édition .

Mais bonne nouvelle !  Tout ceci est en train de changer et le libraire, heureusement souvent indépendant lui aussi, est en train de se rapprocher peu à peu de l'auteur du même nom ... Vous en doutez ? Hé bien j’étais samedi dernier en dédicace dans une Librairie qui non seulement accepte les indépendants mais en fait, en plus, un moyen de découverte de talents et de différenciation de son offre….
Cette démarche ne vous rappelle pas quelque chose ?
Oui !  Il existe une librairie qui, tout comme je le fais avec booknseries, s’applique à  sélectionner les bons livres  indés et à les proposer à ses clients de façon qualitative,  au milieu d’autres livres de maisons d’édition indépendantes .

Cette librairie, (le Comptoir Livresque, pour ne pas la nommer), est certes assez unique dans son genre, car elle pousse très loin la promotion des indépendants. Mais au delà de ce cas, je constate tout de même une tendance plus générale qui peut, à mon avis, s’expliquer .

L’auteur indépendant amène de l’originalité et de l’animation dans les rayons des libraires.
Les clients viennent alors plus fréquemment pour se faire conseiller ou pour voir s’il y a des nouveautés. Les libraires peuvent aussi plus facilement solliciter l’auteur pour une dédicace et installer ainsi une régularité dans leurs évènements, tout en ayant l’occasion de présenter leurs auteurs à leurs lecteurs.

L’auteur indépendant se professionnalise 
Comme pour une serial-lecture booknseries , les livres indés sélectionnés par les libraires doivent être intéressants mais aussi propres, corrigés et édités de façon professionnelle, pour ne pas risquer de ternir l’image du magasin. Evidemment si l’auteur fait un peu de com’ et amène du monde dans la librairie, c’est un avantage de plus pour le libraire, et une chance de plus pour l’auteur d’être retenu …   

Les indés sont solidaires 
Libraires , maisons d'édition et auteurs indépendants se retrouvent sur une envie de plus de sincérité et de liberté. Un ras le bol des grosses machines et des best-sellers orchestrés par les grosses maisons d'éditions ... Mais aussi et surtout à mon avis, une grande envie de réinventer une édition plus ecologique, au sens humain du terme.  

Alors oui, « le libraire et l’auteur indé » n’est pas encore le titre d’une fable mais c’est certainement le début d’une belle histoire qui participera à la révolution (nécessaire) du modèle français de l’édition et donne de l'espoir quant à la capacité de l'être humain à s'affranchir d'un système et à le faire évoluer . 

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